Ce qu’il reste de nous…

C’est fou comme nos vies ont changé en quelques semaines. Nous avons été confinés chez nous; cet endroit si peu fréquenté par l’ensemble de la population, trop occupée ailleurs.

C’était quand même intéressant de prendre connaissance de notre environnement, de notre intimité. Plus encore, cette période a donné lieu à la réflexion. Se retrouver face à soi-même peut être pénible parfois; on enfouit beaucoup, au quotidien, qui nous sommes vraiment pour fitter dans la société.

Se retrouver, chez nous, sans obligations sociales, professionnelles, familiales nous a donné un répit. Êtes-vous d’accord? Bien sûr, on ne pourrait pas vivre comme ça indéfiniment, mais il y avait quelque chose de rassurant. C’est comme si on était protégé dans notre petit cocon, à faire notre petite vie en toute simplicité, sans flafla, sans maquillage, sans rendez-vous.

Bizarrement, cette période un peu surréelle a donné lieu à des moments très enrichissants, des conversations plus profondes, des échanges plus intimes, et plus encore à des rapprochements, même virtuels.

Dans la vie que nous menons, nous avons parfois peu de temps pour appeler nos amies, notre famille. Mais comme nous ne pouvions nous voir, nous avons opté pour des conversations virtuelles. Nous avons donc passé de très agréables 5 à 7 qui duraient parfois même plus longtemps avec de bons amis sur Zoom, chacun racontant comment il vivait cette période. Nous avions tous nos petits creux, nos inquiétudes, nos manques, mais c’était réconfortant parce qu’on fond, nous vivions tous un peu la même chose.

Nous avions même un nouveau rituel dans ma belle famille, le 5 à 7 du dimanche. Nous étions dix à échanger sur différents sujets. C’était franchement très agréable; on se coupait la parole, on parlait tous en même temps, on prenait 15 minutes à ajuster nos caméras, à ouvrir nos micros, mais les échanges étaient vrais et conviviaux. Jamais nous ne nous sommes vus autant et franchement, j’appréciais vraiment beaucoup cette rencontre.

La vie reprend tout doucement ses droits. Bien sûr plusieurs choses ne sont plus pareilles, mais on sait bien que nous ne garderons éventuellement qu’un vague souvenir de tout cela. La vie est ainsi faite; nous remettrons nos vieilles pantoufles et reprendrons nos vieilles habitudes.

Que restera-t-il de tout cela? Pour plusieurs, la perte d’êtres chers, pour d’autres, des difficultés financières, une perte d’emploi. Il restera pour certains d’entre nous une peur; parce que pour l’instant ce méchant virus, comme disent mes petits-enfants, est toujours bien vivant.

Au-delà de la peur, il restera pour moi, en dedans de moi, la certitude que j’aime ma famille plus que tout, que de les retrouver m’a fait le plus grand bien. Que la banalité de faire une marche avec mon conjoint et mon amie m’aura permis de traverser sans trop d’anxiété toutes ces semaines d’incertitude. Que les appels d’une autre bonne amie qui me demandait régulièrement si j’étais bien, me sachant très anxieuse, m’auront aussi permis de bien m’en sortir. Que les parties de paquet voleur virtuelles avec mon petit-fils Émile auront été de précieux moments passés avec lui. Que les appels FaceTime de mes enfants et petits-enfants m’auront remplie de bonheur. Que le calme, la bonne humeur de mon conjoint auront aussi adouci cette période d’incertitude.

Moi, je pense que malgré mes 61 ans, j’aurai grandi dans toute cette tourmente. J’ai pu constater que le bonheur repose parfois sur peu de choses, que les êtres humains qui m’entourent sont plus que précieux. Que traverser une tempête est éprouvant, mais ce qu’il reste de nous c’est la certitude que la vie est belle malgré tout.

3 commentaires
  1. En somme, le bonheur est simple et fait de petites choses. Tu as raison sage Christine. Il reste que beaucoup ont souffert physiquement, souffre encore moralement ou financièrement et plusieurs ont perdu des êtres chers, comme tu dis. J’en retiens qu’il faut apprécier la vie, chaque jour. Merci.

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