Cinq types de toitures et leur évolution

Avoir un toit au-dessus de sa tête est considéré, depuis toujours, comme l’un des besoins élémentaires de l’Homme. Il y a 40 000 ans, l’Homme trouvait refuge sous un toit fait de peaux d’animaux, ou dans les pays plus chauds, de végétaux. De nos jours, nos toitures sont devenues de véritables prouesses technologiques.

Voici une petite rétrospective des cinq types de toitures qui, selon moi, furent les plus répandues dans l’histoire de l’architecture et un regard sur leur évolution.

Dès les premières sédentarisations des peuples, en Anatolie il y a 8 000 ans, ou dans la vallée de l’Indus il y a 4 000 ans, les maisons ont été construites avec un toit plat. Par chez nous, ce type de toiture est arrivé beaucoup plus tard.

1. Le toit en pignon

Ce type de toiture fait son apparition avec le style néo-gothique de l’architecture vers 1855. Les toits à deux versants favorisent les écoulements d’eau, ont une conception simple qui est facile à exécuter et le coût est relativement faible par rapport aux autres types de toitures. Au Québec, la maison traditionnelle québécoise a une toiture courbée qui est associée aux premières installations en milieu rural. Également appelée « maison canadienne », elle symbolise une tradition ancestrale.

On voit aussi apparaître les toitures en pignons croisés qui offrent beaucoup de possibilités au niveau de l’aménagement des pièces, ainsi qu’aux agrandissements. Ils sont encore très utilisés dans les constructions d’aujourd’hui.

2. Le toit mansardé

Un toit mansardé est un toit à quatre versants caractérisé par deux pentes sur chacun de ses côtés avec la pente inférieure, percée de lucarnes, à un angle plus raide que le haut. Associé au style Second Empire, populaire en France entre 1850 et 1900, ce courant architectural a vraisemblablement transité par l’Angleterre puis par les États-Unis avant de réapparaître chez nous vers les années 1860. L’avantage de ce type de toiture réside dans la possibilité d’utiliser d’une façon optimale l’intérieur au niveau des combles.

3. Le toit en croupe

Un toit en croupe est un type de toiture dont le côté du pignon est triangulaire, en un ou deux pans inclinés, dont un est un triangle et l’autre un trapèze. La toiture d’un bâtiment rectangulaire peut soit comporter deux croupes (une à chaque extrémité) ou une seule (disposition asymétrique), notamment lorsque le bâtiment est mitoyen d’une autre structure. Certaines toitures, plus complexes, comportent de nombreuses croupes ou de demi-croupes.

Ce type de toiture est très populaire dans l’architecture américaine et ses origines remontent au 18e siècle lorsqu’ils furent remarqués en premier dans les quartiers français de La Nouvelle-Orléans. Ce type de toiture fut ensuite très populaire dans les années 50 aux États-Unis et est encore observé sur des cottages et bungalows et sur des maisons d’inspiration provinciale française, le style cubique et également avec l’architecte Frank Lloyd Wright.

4. Le toit plat

C’est vers 1875 qu’on a vu ce type de toiture prendre d’assaut les constructions au moment où la révolution industrielle attirait des milliers de travailleurs qu’il fallait loger. De nouvelles techniques ont répandu l’utilisation de la toiture recouverte de couches de feutre, d’asphalte, de goudron et de gravier dans les habitations de type duplex construites en série.

Avec l’émergence du Bauhaus (courant artistique initié en Allemagne en 1919 par Walter Gropius), une nouvelle conception est venue apporter un nouveau souffle à l’architecture dans un esprit de modernisme. Pour marquer une rupture avec le passé, le Bauhaus préconise de bannir le toit en pente, jugé comme un symbole de la bourgeoisie.

Le Corbusier (architecte et urbaniste) vantait les mérites en évoquant la possibilité d’offrir un espace de vie supplémentaire, avec une terrasse ou un jardin. Le toit plat peut être très avantageux si l’on songe à utiliser des panneaux solaires, ou si on veut installer une toiture végétale. Mais on connaît aussi ses inconvénients. Avec nos hivers, l’étanchéité peut être mise à dure épreuve. Certaines municipalités interdisent les maisons à toiture plate, comme c’est le cas dans mon patelin (à Saint-Sauveur), mais si on se déplace vers Sainte-Adèle ou l’Estérel, on en retrouve plusieurs!

Maison conçue et dessinée par Roger d’Astous (architecte de renom) et l’un des disciples de Frank Lloyd Wright.

5. Toit à pignons asymétriques (Saltbox)

Typique de l’architecture coloniale américaine, la maison « saltbox » (le nom provient de sa ressemblance avec les boîtes en bois dans lesquelles on conservait jadis le sel) possède un long toit à deux versants dont la pente s’abaisse à l’arrière. L’origine de ce type d’architecture provient de la nouvelle Angleterre vers 1650. Son utilisation, toujours répandue, offre une alternative intéressante lorsque les prescriptions urbanistiques imposent une toiture inclinée. Il peut constituer la solution idéale dans le cas d’implantations se caractérisant par une orientation difficile. C’est notamment le cas lorsque la façade est orientée sud et que le concepteur souhaite faire pénétrer la lumière dans l’habitation, ou qu’il veut garantir une bonne visibilité vers l’extérieur sans toutefois permettre le regard vers l’intérieur.

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