La COVID… pu capaaaaable!

Partout où l’on va, on nous l’enfonce dans la gorge! Tu es soit pro ou anti-masques, pro ou anti-regroupements, et tu seras pro ou anti-vaccin… quand ça viendra. Mais quel que soit ton « pro » ou ton « anti », t’as enfin une opinion. Tout est dans la manière, cependant. Et là-dessus, phénomène tout à fait nouveau, l’élastique de la tolérance générale s’est rompu et nous arrive à une vitesse supersonique en plein sur le nez, régulièrement.

Quand est venu le temps des dernières élections, 66 % de la population s’est exprimée aux urnes lors du suffrage, mais, en temps de COVID, 100 % des gens te disent ce qu’ils pensent du gouvernement! Et ce n’est pas toujours très joli comme commentaires.

Dans ce dilemme, naturellement, les « anti-toute » ont toutes les solutions. EUX, ils le SAVENT quoi faire! Ils sont les possesseurs de la science infuse… En plus du droit de vie, de transmission et, éventuellement, de la mort sur nous tous, et surtout sur les vieilles personnes… Pourquoi pleurer sur le lait renversé!? Leur « libaaaarté » en fait les adeptes des chants du regretté Gerry Boulet. Je n’invente rien. C’est ce que disait une super nounoune, de 30 ans à peine, sur Facebook récemment. Elle écrivait : « … de toute façon, ces vieux-là, ils vont mourir bientôt! »

Vas-y ma championne. La loi universelle prévaut. Un jour tu seras vieille… si tu ne te fais pas renverser la semaine prochaine par une voiture parce que tu textes en traversant la rue! Mais en attendant, vois les rapports qui annoncent l’éclosion de ce malaise dans une population relativement plus jeune.

Or, voilà, une seule remarque semblable et, à nouveau, on retombe dans l’hystérie des « pros » et « anti » n’importe quoi… et je sens que je vais me faire approuver ou insulter vertement sur les réseaux sociaux.

Le monde est à boutttte… et moi itou!

Et je pensais à l’impensable : comment un événement si minime qu’un virus à contrôler peut-il chambouler autant de vies, au point où, mondialement, on soit obligé de repenser entièrement notre façon de faire, d’agir ou de penser? Et cela même dans les gestes les plus anodins du quotidien.

Dans les faits, j’ai répertorié en partie ce que ça m’a fait faire. C’est un bien pour un mal, dit l’adage, mais dans ce cas-ci, c’est un mal qui m’apporte du bien… car souvent au bord de l’exaspération la plus totale, juste avant de faire la danse du bacon sur le plancher… ce qui ne serait un moindre mal si je n’étais pas dans l’allée du IGA… je pense au ridicule de la situation et… elle me fait rire!

Et voici des exemples de non-sens, de non-tolérance et d’anarchie flagrants :

Un matin je me suis levée et j‘ai décidé de laver tous les rideaux de ma maison. Non, pas dans la laveuse… ça serait si simple! Mais à la main et dans mon bain. C’est tellement plus gratifiant! Et je les repasse en regardant la nouvelle version du Tricheur, ce qui me permet de répondre à tue-tête aux questions « malcommodes » de Guy Jodoin, et de traiter d’incultes ceux qui n’ont pas la réponse. Et si c’est moi qui ne l’ai pas cette réponse… personne ne m’entend, j’m’en sacre!

Et puis, en lavant les tringles de rideaux, la nostalgie m’a fondue dessus. Accrochée, bras levés à ce parement de métal, je me suis revue debout dans le métro, et une envie de « tour en ville » totalement inutile m’a envahie… Inutile, parce qu’on ne peut plus aller nulle part sans passer pour la réincarnation de Gozilla… ou pour un chien galeux aux yeux de tous passé 60 ans. La promenade tranquille, c’est déjà du passé.

Oublie ça, Danielle… ça reviendra, mais quand!

Or, en remettant mes rideaux en place, aussitôt une nouvelle pensée me submerge : mais pourquoi je ne lave pas les murs? Ma mère faisait ça deux fois par année, quand j’étais petite. À l’imbécile, rien n’est épargné, car dans mon salon, les murs font 18 pieds de haut! Comment rejoindre le ciel? Et tant qu’à installer des échafaudages… aussi bien tout repeindre! Voilà comment un lavage-de-rideaux-à-l’eau-froide-pour-qu’ils-ne-rétrécissent-pas m’amène à des travaux de 2000 $ en peinture! Ce qui va par contre délibérément rétrécir mon porte-feuille.

Calme-toi, Danielle, ça va passer!

Et je prends un bon bain chaud. Mais à peine ai-je la tête appuyée sur le très inconfortable oreiller de bain soufflé comme une balloune de sein mal siliconée que mes yeux en rase-mottes sur le rebord de ce bain encastré m’amènent à une petite tache noire qui se promène et me regarde. Tiens, une fourmi. D’où tu viens toi? Et pourquoi ici? Y’a rien à manger. Et je la vois se diriger, en contournant les bougies qui autrefois agrémentaient mes « bains à deux » que j’aimais tant et que je ne peux plus prendre à cause de la distanciation – j’ai bien dit un bain, pas une piscine! –  elle se dirige vers la bouteille de Purell que je place près de mon évier et la gravit. Elle reste là, quelques secondes, lèche probablement quelque chose qui lui plait, puis… elle tombe raide morte de ce promontoire qui pourtant me semblait bien improbable comme lieu de délice et si peu accueillant. Et j’ai compris… j’ai une fourmi alcoolique. Arrivée près du bouchon, deux-trois sniffs de ce nectar alcoolisé et la voilà partie vers un nirvana cheap. À mettre sur ma liste d’épicerie : Purell en gallon à répandre autour du bain! C’est quand même plus pratique que l’idée languissante de l’achat du bazooka pour régler une possible invasion.

En attendant, ces émotions m’ont fait trouver la solution pour mes futurs « bains à deux » maintenant disparus. Dans la garde-robe du sous-sol, tout près de ma combinaison de néoprène, j’irais chercher les deux masques de plongée et leur tuba, qui me servent pour « l’exploration sous-marine » pendant les beaux jours d’été. Bon, on repassera pour l’érotisme débridé, probablement absent au rendez-vous ce jour-là, mais voilà bien deux problèmes de réglés!

Barre ça sur ta liste, Danielle! Au suivant.

Et c’est comme ça tous les jours!

Suis-je la seule à dérailler?

J’ai voulu le savoir. Je l’ai donc demandé à mes amis faceboukiens.

Voici quelques remarques :

Guy me dit : « Je me promène avec un essuie-tout plié en quatre pour pousser les boutons de l’ascenseur quand je vais promener mon chien. »

C’est drôle. J’ai vu, je ne sais plus trop où, que les gens pouvaient dorénavant frapper du pied sur un espèce de clavier numéroté, placé par terre dans l’ascenseur, pour atteindre leur étage. Brillant!… S’il n’y a pas dans ce même ascenseur un musicien qui s’ennuie et qui décide de jouer en tapant du pied « l’hymne à la joie » de Beethoven et de te faire passer la nuit dans la cabine sans jamais pouvoir rejoindre ton palier! Ah et pour l’essuie-tout, j’espère qu’au retour ce n’est pas le même qui a ramassé la crotte de chien!

Sylvie m’écrit : « Je continue à mettre du rouge à lèvres… qui aboutit dans le masque tsss! »

Ouep, faudrait corriger Sylvie. S’ils ne te fuient pas parce que t’as le masque, ils vont le faire quand tu l’enlèveras. Car on va facilement croire que le rouge bien étendu dans ta face par le frottement du masque c’est en réalité une acné en formation, le choléra ou la rougeole. Peut-être même un reliquat de la COVID?

Christiane m’affirme : « Je lave mes fruits et légumes avec du savon à vaisselle. »

Oh comme c’est pratique et brillant! Une fois assise à table, tu te mets la bouche en cul de poule, tu souffles légèrement et la cuisine se remplit de bulles de savon qui flottent. Ça amuse terriblement les enfants. Bravo. Belle initiative.

Michel me dévoile : « J’essaie de ne plus me mettre les doigts dans le nez… »

Ah la belle surprise. Je ne pensais pas que des enfants pouvaient m’écrire! Mais en regardant la photo… et en voyant qu’à 50 ans vous pouvez m’avouer une telle pratique, je n’ose pas trop vous demander ce que vous faites… avec toute une main!!!!!

Des solutions il y en a pour tout.

Action : Avant, on me traitait de légèrement fêlée si je me parlais seule et à haute voix. Solution : Maintenant, je parle au grille-pain, à ma laveuse-sécheuse et à mon micro-ondes et personne ne me dit que je vieillis. Tout le monde le fait! Fais-le donc!

Action : J’ai enfin appris à faire de la crème glacée maison. Solution : J’ai jeté ma balance.

Et celle-là est tellement bonne pour le moral :

Désormais, quand je bois, c’est toujours un verre de vin dans chaque main. Solution : je ne me touche jamais plus le visage!

Finalement, c’est pas si triste que ça, la COVID!

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