Octobre, le mois des oies!

Octobre, c’est le mois le plus important de la migration automnale des oies et des bernaches, qui sont souvent regroupées ensemble. C’est aussi donc un moment où il est facile de commencer à faire de l’ornithologie hors de sa cour.

Outarde ou bernache?

Tout d’abord, réglons quelque chose. Beaucoup de gens utilisent le mot outarde pour désigner ces grands oiseaux bruns qu’ils voient voler en V au-dessus de leur tête. Voici leur véritable nom : bernache du Canada. J’ai vérifié, même dans mon vieux livre Godfrey, Les oiseaux du Canada, que vous avez peut-être à la maison, on ne les appelle pas outardes, mais bernache canadienne. On s’entend, maintenant, c’est bernache du Canada, mais jamais outarde!

Quant à elles, les outardes existent vraiment, mais elles vivent sur d’autres continents, dont l’Europe et l’Australie. Elles ne sont pas de la même famille et sont assez différentes, ne trouvez-vous pas? Voici une photo d’une outarde, que j’ai prise en Australie.

Oie des neiges

L’oie des neiges, autrefois appelée oie blanche, est présente en grande quantité dans de nombreuses régions. On en voit de grands groupes se réunir sur des plans d’eau qui lui servent de dortoirs à la fin de la journée. Il peut y en avoir des milliers ensemble! Le jour, elles se dispersent pour aller se nourrir dans les champs de maïs ou sur les rivages. Elles trouvent leur nourriture traditionnelle en bordure du fleuve, soit les racines de scirpe, mais elles ont un faible pour le maïs depuis que ces cultures sont répandues. C’est aussi grâce à cette nouvelle nourriture que les oies des neiges sont maintenant beaucoup plus abondantes qu’elles ne l’étaient!

Lieux d’observation

En automne, certains des endroits les plus populaires pour observer les oies et bernaches sont :

  • Cap-Tourmente
  • Réservoir Beaudet, à Victoriaville
  • Étang Burbank, à Danville (Estrie)
  • Montmagny
  • Réserve de faune de la baie de L’Isle-Verte
  • Simplement le long du fleuve, de rivières, sur des lacs ou dans les champs

Les oies n’utilisant pas tout à fait le même parcours lors de leur migration d’automne et de printemps, les meilleurs endroits pour les observer ne sont pas les mêmes pour les deux saisons. Par exemple, Baie-du-Febvre est plus utilisé lors de la migration printanière qu’en automne.

Pour aller plus loin dans votre observation

Vous pouvez très bien vous concentrer sur le merveilleux spectacle qu’offrent les oies et bernaches lorsqu’elles se réunissent en groupe. Le spectacle en lui seul en vaut la peine! Vous les verrez se poser ou s’envoler d’elles-mêmes. Mais n’essayez pas de les faire s’envoler svp, car elles ont besoin de toute leur énergie pour leur grand voyage migratoire! Ainsi, tenez votre chien en laisse et vos enfants ou ados en quête d’émotions fortes auprès de vous, à bonne distance des oies!

Vous pouvez aussi vous amuser à estimer leur nombre en faisant visuellement des groupements de plus en plus grand d’oiseaux et essayer d’arriver à un nombre assez juste. Ne soyez pas étonnés, c’est assez difficile à faire. Même les compteurs officiels d’oies ont de bons écarts d’estimation entre eux!

Autre possibilité, en plus de distinguer les oies des neiges des bernaches du Canada, vous pouvez rechercher les jeunes oiseaux. En automne, on vient de sortir de la saison de nidification, donc vous constaterez que toutes les oies des neiges n’ont pas le même plumage. Pour les oies des neiges les plus pâles, donc celles de forme blanche, les adultes sont d’un beau blanc et les jeunes sont beiges avec le bec noir. Pour les oies des neiges de forme bleue, les oiseaux adultes ont le corps gris foncé et à la tête contrastante blanche. C’est la même espèce, mais d’une coloration différente. Vous reconnaîtrez aussi assez facilement les jeunes oies des neiges de forme bleue, car elles sont foncées au complet.

En portant attention aux jeunes, vous pourrez aussi estimer leur proportion par rapport aux adultes. Ainsi, ça vous donnera une idée si la reproduction s’est bien passé cette année! Plus il y a de jeunes, plus la reproduction s’est bien déroulée!

Il est possible aussi que des oies d’autres espèces, plus rares, se trouvent dans le groupe. C’est ce que les ornithologues plus avancés adorent rechercher dans un groupe d’oies. Ça peut être facile pour un débutant aussi d’en trouver, car la plupart sont bien différentes des autres oies. Par contre, pour l’oie de Ross, là, ça vous prendra des connaissances plus pointues pour la trouver! Celle-ci ressemble énormément à une oie des neiges de forme pâle, mais un peu plus petite et au bec plus court.

Une plus grande diversité qu’on s’imaginait, n’est-ce pas?

Vous comprenez maintenant pourquoi les ornithologues plus avancés vont observer les oies avec leur télescope spécialisé pour les oiseaux! On peut ainsi voir beaucoup plus de détails qu’aux jumelles et observer les oiseaux qui sont beaucoup plus loin aussi, car le grossissement est beaucoup plus grand!

Qui aurait cru qu’on pouvait s’amuser autant avec un simple groupe d’oies? À vous de choisir maintenant si vous êtes une contemplatrice du joli spectacle ou si vous voulez pousser à fond l’expérience!

Voyez comment estimer le nombre de d’oies des neiges ICI!

Encore aucun commentaire

Laissez un commentaire

Votre courriel ne sera pas publié.