Caroline Grégoire : Une Radieuse qui donne de l’espoir !

Il est 10 heures du matin. Assise dans un café, je la vois arriver. Toute pimpante, le sourire aux lèvres, elle arrive avec son dynamisme contagieux ! Je vous présente Caroline Grégoire, mère de Annabelle et Tristan, conjointe amoureuse depuis plus de 18 ans, enseignante d’anglais passionnée et grande sportive depuis toujours. J’oubliais… survivante du cancer du sein.

On le sait, lorsque cette maladie frappe, elle peut être fatale. Une chose est certaine : elle bouscule tout. Ce que l’on était, ce que l’on est et ce que l’on deviendra ! Et si on se donnait la peine de la voir autrement ? De l’accepter et d’y faire face avec positivisme et entrain ? C’est ce qu’a fait Caroline depuis son diagnostique : elle a choisi un remède à base d’autodérision, de yoga, de positivisme et d’humour !

L’annonce du grand C

C’est en octobre 2016 que Caroline apprenait qu’elle était atteinte du cancer du sein. Quel choc ! « Quand j’ai eu la nouvelle, j’ai fait EURKKKKKK ! J’étais bouleversée, paralysée. Mais, le pronostique était quand même bon. Ce que les médecins m’ont dit, c’est que ça allait bien aller. Je partais donc gagnante dans ma tête, mais avec des conséquences permanentes. Je suis passée sous le bistouri à 2 reprises. Jai eu droit à une mastectomie totale et à une reconstruction mammaire. Ça été dur. Mais, j’ai dû et AUSSI CHOISI de l’accepter. »

L’attitude positive comme remède

« Écoute, je suis loin d’être une superwoman. Au contraire. J’en ai cassé des assiettes. Je me le suis permis. Oui, je me suis couché en boule, oui j’ai braillé, oui j’ai sacré et oui j’en ai voulu au monde entier ! Mais, après ça, je me suis dit : Calme-toi là ! Tu es en vie. Et tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Ça, je l’ai vite compris. Oui, je pleure encore, mais mes moments plus sombres, je me les réserve dans ma douche. À moi de moi. Pour le reste, j’ai décidé de profiter du moment présent. Quand je suis avec ma famille, mes enfants, je suis 100% avec eux. Je profite, je ris…

Je prends aussi tous les moyens pour m’en sortir. Les gens me demandent souvent comment je fais… Et bien, je me grouille le popotin et je vais me chercher de l’aide. Je prends TOUTES, TOUTES, TOUTES, les recommandations des médecins et les ressources qui me sont offertes. La Rose des Vents m’a d’ailleurs énormément aidé à ce niveau puisque je trouve tout ce dont j’ai besoin à ce seul et même endroit. Je trouve ça important d’en parler, car cet organisme est encore mal connu. Pourtant, c’est une richesse que l’on a ici, à Sherbrooke. La Rose des Vents, c’est un organisme qui vient en aide aux gens atteints de cancer ainsi qu’à leurs proches. Moi, je veux qu’on connaisse et honore la vie quand il y a de l’espoir de vivre et qu’on a besoin de ressources.

Des fois, on est tellement émotifs, tellement pris dans la maladie, qu’on se dirige n’importe où. Beaucoup de gens font l’erreur de se googler leur maladie, googler leurs symptômes. J’ai le goût de leur dire : laisse faire Internet et va là où les ressources sont fiables. La Rose des Vents, de part la signification de son nom – Nord, Est, Sud, Ouest – te dirige vraiment vers les bons services et croyez-moi, ils en offrent des services ! Autant pour la personne qui a la maladie que pour la famille. »

Se guérir en s’impliquant

« Je m’implique aussi avec la Fondation du cancer du sein du Québec. Je suis ambassadrice depuis 2017. C’est une des meilleures choses que j’ai pu faire pour moi. Ça a vraiment eu un impact sur ma guérison. Vraiment. Tous les messages reçus, tout ce que ça pu générer comme visionnement. Les femmes atteintes, leurs maris, m’envoient des petits messages pour me dire que je les ai touché lors d’un témoignage… Juste ça, me fait du bien et me remonte dans les moments les plus sombres. Je me dit, regarde Caro, t’as un impact direct, tu encourages des gens, donc tu as réussi la mission.

La fondation compte aussi le volet Yomni. Et j’y suis également ambassadrice, ici à Sherbrooke. C’est la deuxième édition cette année et le but de cet événement est d’amasser assez d’argent pour offrir les services de yoga gratuitement aux personnes atteintes du cancer du sein. Quand on a un cancer, ça touche d’autres sphères que le physique ou le moral. L’aspect financier devient aussi lourd. Et malheureusement, parfois, au lieu de se payer des cours de yoga, on va mettre notre argent ailleurs. Pourtant, c’est tellement important de prendre soin de sa santé. Pour ma part, le yoga m’a aidé à guérir. J’ai vu les bienfaits instantanément.

J’ai aussi décidé d’être modèle pour exposer les blessures de la maladie. L’essence du shooting photos est de montrer subtilement et respectueusement le massacre que ça l’a fait. Parce qu’il y a bel et bien eu un massacre. Après 2 ans, il était temps. Comme je suis en rémission, je me sens renaître. Je fais peau neuve de mes blessures émotives et corporelles. Souvent, les gens écrivent des livres ou font des conférences, moi c’est un projet de photos artistiques. Je voulais faire autrement, toucher les gens différemment. »

Crédits – Studio de photos: Annie Roberge Artiste maquilleuse: Bianca Lapré-Charbonneau
Crédits – Studio de photos: Annie Roberge Artiste maquilleuse: Bianca Lapré-Charbonneau

Aider les autres pour s’aider soi-même

« D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été impliquée. Ça vient de mon père, qui a toujours aidé la société. Il a fait et fait toujours partie de la fondation Rock Guertin, qui aide les familles dans le besoin. Je me souviens, on allait là lorsqu’on était petit et par la suite j’y ai amené mes enfants. Ce sont des valeurs qu’on m’a inculquées et ça m’est resté. C’est une impulsion naturelle, une drive que j’ai en moi.

Fondamentalement, j’aime aider les gens. Prenons par exemple le cancer. J’ai appris une tonne de choses, j’ai maintenant une panoplie d’informations en ma possession. Pourquoi je les garderais pour moi ? Si ça peut aider, faire du bien.

En même temps, c’est comme un chèque de paye, c’est gratifiant. Ça fait du bien, ça m’aide. Je me dis, WOW, il y a quelqu’un qui a eu ce qu’il fallait, c’est génial, ça fait du bien au cœur. Les gens me touchent, leurs souffrances, leur désarroi, me font un pincement. J’ai le goût de les aider lorsque quelque chose ne va pas. Mais, je sais, je ne suis pas un superhéros, je dois faire la part des choses. Mon chum me dit souvent : « Tu peux pas sauver le monde là ma chérie, oublies pas ». Oui oui… !

Et pendant que j’aide, mon cerveau est occupé à autre chose que de dire « maudit que ça va mal » ! Ça aussi c’est un plus ! »

Femme un jour, femme toujours

« C’est certain que la maladie et ce qui vient avec (chirurgie, stress, rémission) m’a changé. Littéralement ! On m’a charcuté. L’opération en soit a changée mon corps de femme, mais le plus beau là dedans, c’est que je me trouve bien plus belle maintenant qu’avant tout ça.

 Lorsqu’on apprend qu’on est malade, qu’on devra subir des opérations majeures, on doit se faire à l’idée qu’on changera physiquement. Et ça, c’est dur ! Lorsqu’ils m’ont charcuté, je me suis dit : Bon là, je dois me sentir belle de l’intérieur parce que là, l’extérieur, moi je peux plus rien y faire. Je dois faire avec. C’était soit que je me roulais en boule et que je braillais ou que je décidais de me sentir belle en dedans. J’ai choisie d’être belle en dedans et j’ai réussi ! Depuis ce temps, j’ai la certitude profonde que lorsqu’on se sent belle à l’intérieur, c’est tout le reste qui devient beau ! »

De judicieux conseils à la Caroline !

« Si j’avais la chance de transmettre un message aux femmes atteintes de cancer, ce serait de s’entourer si elles se sentent capable de le faire. Avec les bonnes personnes, les bonnes ressources. Pas de Google. Si elles ont un cellulaire, d’enregistrer leur rencontre avec leur médecin et de la réécouter par la suite avec son mari, ses enfants afin de la transcrire adéquatement dans un journal de bord. Car, lorsque tu es seule dans la rencontre, t’entends juste ce qui ne faut pas que tu entendes : Espoir, cancer, chimio, outch… !

Si vous êtes capable, riez, souriez, vous êtes en vie. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Moi, j’ai eu la chance de ne pas faire de chimio. Je n’ai donc pas perdu mes cheveux. Mais, s’il avait fallu, j’aurais tourné la situation de bord. Croyez-moi, le monde aurait entendu parler de moi avec mes gros chapeaux. Je me serais lancée dans la chapellerie mon amie, oh oui !!!

Vous avez le droit de pleurer, de casser une assiette… mais prenez celle qui a déjà une chip dessus ! Après ça, foncez et allez puiser votre force dans la vie qui reste !»

2 commentaires
  1. Wow! Quel magnifique article. Caroline est assurément une Radieuse. Sa bonté, son dynamisme et son engagement irradient les gens autour d’elle. Un privilège que de faire partie de son entourage.

  2. quel touchant témoignage ma cousine. Tu es tres inspirante . Quelle force de caractere. . Tu es magnifique en dehors comme en dedans.

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