Cœur à cœur

Ce matin, je suis assise bien tranquille à lire mes journaux. À mes côtés, mon gendre Frédérick, le mari de ma fille Elizabeth, et le père de deux de mes petits-enfants, Émile et Béatrice. Je suis venue lui tenir compagnie. Je le regarde sommeiller sur le divan et j’ai envie de le prendre dans mes bras tellement je suis contente qu’il soit là. La gêne et la discrétion me retiennent. Notre relation en est une de peu de mots, mais mon cœur est encore rempli d’une grande peine mêlée à une grande joie qui m’amène à utiliser cette tribune pour lui dire combien je l’aime.

Pourquoi tant d’émotion ? C’est que le 22 janvier dernier, Fred a fait un arrêt cardiaque à son travail. À 12h50, il envoyait un selfie tout souriant à Elizabeth et quelques minutes plus tard, il tombait inconscient. Son patron Patrick l’a réanimé. Il y avait, chez Toyota, un défibrillateur et il a su s’en servir. Il lui a, en quelque sorte, sauvé la vie.

Nooooon, pourquoi ce jeune homme de 32 ans se retrouve-t-il au plancher ? Lui qui mène une bonne vie, comme on dit, lui qui est un homme bon comme j’en connais peu. C’est injuste. Cet après-midi du 22 janvier, j’ai eu l’impression que, pour quelques instants, les lumières s’éteignaient. Tout devient éphémère, tout à coup.

Les jours qui ont suivi ont été éprouvants. Bizarrement, le souvenir que j’en garde est éclairé par un sentiment très positif; le sentiment que ma fille Elizabeth est une femme forte. Elle a gardé le cap et accompagné son Fred jour et nuit. Ses deux sœurs ont mis leurs vies respectives sur hold pour seconder leur sœur, elles, toutes aussi dévastées par la situation. Je savais mes filles proches, mais de les voir se tenir ainsi m’a donné confiance. Que dire de JP, mon autre gendre qui, dans son silence respectueux, nous accompagnait.

C’est dans de telles situations que l’on constate l’importance de cultiver ses liens familiaux et amicaux.

Je revois le grand frère de Fred, aussi grand de cœur que de corps, arriver chez Elizabeth et Frédérick avec une force tranquille pour nous donner un coup de main avec la petite marmaille. Sa gentille conjointe, débordée déjà, nous a reçu, a préparé des repas avec tout le dévouement qu’on lui connaît. Les parents de Fred, très courageux, ont affronté la situation avec la certitude que leur fils s’en sortirait parce qu’il était un battant. Ils avaient raison. L’autre grand frère qui, discrètement, arrivait à l’hôpital en cachant son inquiétude. Il y a aussi Valérie, une grande amie d’Elizabeth, qui, avec sa bonté habituelle, a supporté sa chum. Sans oublier les Philippe, Guillaume, Stéphanie, Jean-François et Robert qui ont, eux aussi, entouré leur Fred de beaucoup d’amour.

De mon côté, j’ai traversé tout cela avec mes petits-enfants que j’essayais de couvrir de tout mon amour et Raymond qui, comme à son habitude, était présent dans les premières minutes et, tout au long de l’aventure, avec une indéfectible présence rassurante.

Enfin, c’est à toi Fred que je m’adresse, ton cœur est bon dans tous les sens du mot, j’en suis certaine. Avec un cœur comme cela, la vie te sera douce et belle.

Christine x

7 commentaires
  1. Bonsoir ma belle Christine,
    Oui ça été tout une épreuve . Il mérite qu’on lève le chapeau de s’en être sortie,
    Merci à la personne qui a eu la présence d’esprit de le sauve par le défibrillateur.
    C’est dans cette épreuve que tout le monde ont roulé leurs manches et se sont
    Soutenus ensemble.
    Bravo à vous toutes et tous.
    J’en suis toute émue ,votre force familiale prouve que vous pouvez soulever des montagnes.
    Ginette Lachance

  2. Félicitations d’être capable , toujours avec de beaux mots,laissé parler ton coeur. Comme le titre le dit si bien coeur à coeur.
    Ce jeune homme à bien de la chance d’avoir tout ce beau et bon monde autour de lui. On se pose souvent des questions à connaître le pourquoi des choses. Il faut parfois des événements comme celui-ci pour nous faire comprendre que la vie est fragile
    Et qu’heusement il reste encore des gens qui ont aussi du coeur. On doit s’arrêter et voir l’essentiel. Il ya longtemps que j’ai découvert que tu avais un coeur immense et je vois que tu as transmis à tes filles cette façon d’être. Que serait la vie sans coeur!!!

  3. Chère Christine, devant l’adversité, toi et ta famille proche devenez solides comme le roc. Il n’y a rien de tel que l’amour et le courage pour passer à travers les épreuves de la vie et tu le dis avec de simples mots. Il a passé proche ce beau jeune homme, nous lui souhaitons de recouvrer pleinement la santé une vie future remplie de bonheur.

  4. Oufff chère Christine très touchant …. je me dis que une personne comme Fred est protégez par sa bonté il y a un petit ange qui lui a fait signe pour qu’il prends gare à sa vie et sa santé pour pouvoir profité au maximum de cette belle vie qu’il a . Vous êtes tous une belle famille que j’adore bcp connaissant presque tout le monde que tu as cité je suis temoin de vote bonté à tous . Câlins à vs ts .xxx Sylvie

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