La famille dans l’ombre

Lundi matin, 7:30 hrs. On entend quelqu’un fredonner la dernière toune à la mode de la radio. Et si je regarde dans le corridor, je suis souvent témoin de 2-3 mouvements de zumba. Et comme chaque lundi matin : ‘’Salut Nat, t’as passé une belle fin de semaine?’’

Ça c’est Chantal, ma collègue de travail. Rayon de soleil même s’il pleut. Même s’il pleut très fort… Et des comme ça, j’en ai plusieurs. Plusieurs rayons de soleil malgré les tempêtes parfois tropicales.

On passe souvent plus de temps au travail qu’à la maison. On côtoie les mêmes gens chaque jour. Que l’on soit heureux, triste, malade, découragé, euphorique. De bon humeur ou non. Et on prend cela pour acquis. Pourtant…

Une autre de mes collègues vit des moments difficiles en ce moment. Des choses pas cool. Vraiment pas cool… La journée où elle a dû s’absenter, je me suis surprise à penser à elle. Souvent. J’étais surtout surprise de voir que j’étais inquiète. Inquiète autant que l’on s’inquiète d’un enfant malade, d’un membre de la famille qui est loin, d’un ami. Pourtant, ce n’est qu’une collègue de travail…

Le lendemain, quand elle est entrée au travail, je l’entendais, de mon bureau, répondre aux patients avec la même patience, la même empathie et la même efficacité qu’à l’habitude. Pourtant, je sais qu’elle aurait aimé mieux se rouler en petite boule et pleurer. Et, assise toute seule parmi mes dossiers, je me suis encore une fois surprise à avoir la vue brouillée tout à coup…

De belles amitiés se tissent avec les années. J’ai rencontré sur mon chemin des Josianne, Martine, Louise, Catherine et Marie-Catherine qui ont changé ma vision de la vie à jamais. Elles m’ont rendu meilleure en tant que professionnelle de la santé, mais surtout en tant que personne. Elles ont et auront toujours une place dans mon cœur, dans ma vie. Elles m’ont marqué par leur humanité, leur générosité. Je dis souvent en blague qu’il y a un avant et un après chacune d’elle. Mais dans le fond, c’est la vérité… Il y a moi avant et moi après…

J’ai dernièrement pensé à quitter mon travail. Pour plusieurs raisons. Ma liste de pour (le départ) était longue. La liste de contre était courte. Très courte. Mais c’est elle que j’ai écoutée. Car les jours où les orages grondent, que ce soit à la maison ou au travail, je sais que mes collègues sont là avec leurs : Ça va ? Et ça me suffit.

Les raisons pour lesquelles on occupe un emploi font légion. Le salaire, le défi, la position sociale, l’accomplissement de soi, l’amour de son travail, etc… Les raisons pour laquelle on demeure en poste malgré une situation difficile peuvent être semblables. Moi, il y en a une tout en haut de ma liste…

Je l’appelle ma famille dans l’ombre.

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