Les âges de la sexualité féminine

A-t-on raison de croire que l’âge contribue au bien-être (ou, à contrario, au mal-être) sexuel de la femme? Que certaines périodes de la vie sont plus favorables à l’orgasme? Lumière!

Puisque la sexualité féminine s’apparente davantage à un processus d’apprentissage – personnel et/ou relationnel – il ne faut donc pas se surprendre à l’effet que celle-ci peut connaître divers mouvements. Le plaisir, en ce sens, est une chose qui évolue et se transforme avec les années et ce sont dans toutes les subtilités de ces variations que peuvent se décliner les scénarios qui y sont attachés. Par exemple, le plaisir peut être freiné par des difficultés relationnelles, il peut être vécu de façon inattendue grâce à des expériences variées : le plaisir n’est donc pas linéaire, il est en mouvement! Et aucun diplôme n’est décerné à la fin de l’année, il importe donc de tenter de s’éloigner d’un désir de performance. À cet égard, certains âges faciliteraient cela? Il semblerait bien que oui. Naturellement, il y a matière à discussion!

Selon une étude menée par « Natural Cycles », une application de contraception naturelle allemande, auprès de 2600 femmes concernant leur vie sexuelle, 36 ans serait l’âge où les femmes seraient les plus épanouies sexuellement parlant…. Permettez-moi de nuancer!  De toute évidence, la sexualité, comme tous les autres volets de la vie d’ailleurs, est influencée par les hauts et les bas de celle-ci. Certains moments de la vie sont plus propices aux changements, plus favorables aux adaptations, plus susceptibles d’être positifs : pourquoi? Les raisons en sont à la fois fort simples, mais tout autant complexes. Le plaisir et l’épanouissement sexuel, étroitement reliés, augmentent avec la connaissance de soi, la confiance en soi et la capacité à s’affranchir du quotidien (le lâcher prise, en quelque sorte).  Alors, pour avoir du plaisir sexuellement il s’avère important d’être en confiance par rapport à une connaissance intime de soi, d’être détendues et d’être … disponibles!

Est-ce que ces ponctuations ont des spécificités sexuelles reliées à l’âge? Probablement, mais rappelons-nous que, comme toute chose concernant l’épanouissement personnel, la rigidité et les normes doivent faire place à la flexibilité et aux ajustements!

Alain Héril, psychanalyste et sexothérapeute français, a relevé des points communs chez plusieurs groupes d’âge, voici donc selon lui un résumé de la situation :

1. De 16 à 25 ans : La promesse
C’est la découverte du sexe, la tête brouillée par les histoires de contes de fée, l’orgasme n’est quasiment jamais au rendez-vous. Disons que cette période est une mise en perspective, une promesse d’expansion.


2. De 25 à 35 ans : Stabilité et créativité

C’est une période de stabilisation des émotions et la femme, qui connaît mieux son corps, sait ce qu’il faut faire pour être en bon compagnonnage avec lui. L’intensité sexuelle est une réalité, quoique la satisfaction ne soit pas toujours au rendez-vous. La trentenaire, délivrée de ses tabous, vie une sexualité créative au sein de son couple, accédant à ses fantasmes, la colorant de jeux et scénarios débridés, et le désir de procréation qui pointe n’entame en rien sa créativité sexuelle.


3. De 35 à 40 ans : Le doux virage vers l’autonomie
C’est une période singulière qui ressemble souvent à une redite de l’étape 16-25 ans où, à l’approche de la quarantaine, la sérénité s’installe. On se sent bien dans son couple (qui semble) pérenne, la maternité accomplie pouvant ainsi retrouver son rôle d’amante, et n’ayant plus rien à prouver à ses parents, on ressent une profonde libération psychique, l’occasion de lâcher prise, de s’abandonner totalement pour connaître enfin le grand frisson (si ça n’a déjà été fait) : l’orgasme. Ce virage est une porte ouverte sur des lendemains qui pulsent joyeusement.


4. De 40 à 47 ans : La féminitude
Même si les années passent, c’est maintenant que l’on se sent bien dans son corps et sa tête, que l’on vit les moments d’amour avec gourmandise. La maternité, c’est fait, on regarde vers l’avenir et donc, le
recentrage sur la dimension sexuelle se fait naturellement, on s’occupe davantage de son corps (pour vieillir jeune) et de son désir qui doit rimer avec joie, jubilation.

 

5. De 47 à 50 ans : Le questionnement avant le jaillissement
À l’orée de la cinquantaine, on fait le point et prend des décisions enfin matures pour accepter de vivre son plaisir et surtout de pouvoir le revendiquer. On devient plus mutine, légère et courageuse, on fait l’humour autant que l’amour.

 

6. De 50 à 55 ans : Le jaillissement
La ménopause est un véritable ouragan physique et psychique. Le corps se modifie, les règles disparaissent, la libido décroît, les bouffées de chaleur côtoient souvent des crises d’angoisse et un sentiment dépressif accompagné d’une irritabilité constante. À nos âges, nos mères avaient remisé aux oubliettes l’espoir de vivre l’orgasme. Les temps changent, on sait aujourd’hui que « ménopause » n’équivaut plus à « fin de la sexualité », on veut connaître le plaisir jusqu’à notre dernier souffle. LIRE Remèdes ménopause… Désormais sereine et désinhibée, on expérimenterait bien de nouveaux territoires.

 

7. À 60 ans et plus : La sexuagénaire
Oui, on peut non seulement tomber amoureuse à 60 ans et plus, mais également connaître des orgasmes « post-ménopause » à foison
».

Tiré de Femme épanouie, mieux dans son désir, mieux dans son plaisir. Alain Héril aux éditions Payots, 2012

 

Et vous?  Quel âge avez-vous sexuellement ?

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