Vivre loin de ses enfants

Voilà un sujet qui revient souvent dans nos soupers et nos discussions entre amies.

Je dois dire que même après 20 ans loin de mes enfants… Ils me manquent toujours.

Le lien qui nous unissait me manque, les rires, les discussions animées, le partage quotidien de nos journées me laissent encore un grand vide… La relation que nous avions n’est plus et ne sera jamais plus comme avant.

Je les sais heureux avec des amoureux aimants et entourés d’amis chaleureux, mais moi, leur mère, je suis loin d’eux.

Bien que mes enfants soient maintenant des adultes accomplis, mon côté maternel ne prend jamais de congé. Au moindre signe de tristesse, de fatigue, de maladie ou de découragement, je me sens comme une lionne qui veut protéger ses petits. J’aimerais être près d’eux pour les serrer dans mes bras, leur caresser les cheveux comme dans le temps, j’aimerais leur apporter une bonne soupe maison quand ils ont le rhume… En fait, j’aimerais être utile, comme se doit d’être une mère.

Souvent, je me pose les questions suivantes : Malgré tout l’amour que j’ai pour eux, malgré l’ennui qui me ronge… serais-je prête à tout quitter pour me rapprocher d’eux? Serions-nous plus heureux ainsi réunis?   À bien y penser, je ne crois pas, car si la vie en a décidé ainsi c’est peut-être mieux comme ça. C’est certain que, dans les deux cas, il y a de bons côtés. Auprès d’eux, je verrais grandir mes petits-enfants, je pourrais leur donner tellement de mon temps… Mais eux aussi ils ont leurs habitudes de vie, leur travail, donc les verrai-je plus souvent? Peut-être pas!

C’est vrai, ils sont loin de moi au quotidien, mais quand on se retrouve, c’est toujours la fête! On se met à jour, on prend un verre de vin et l’on se raconte nos petites anecdotes. En un mot, c’est du vrai bonheur!!!

J’imagine qu’il est temps pour moi de mettre la culpabilité de côté et d’être fière de les voir s’accomplir et réussir leur vie. Même loin de moi, je sais que mes enfants m’aiment inconditionnellement et qu’il y aura toujours ce lien indéfectible entre nous, le lien de la FAMILLE.

Alors en vieillissant, je les vois heureux, je les vois cheminer vers de grands projets que la vie leur offre, et je me dis que même si elle les a éloignés de moi, je la remercie tous les jours de m’avoir donné de si beaux enfants. Je dois laisser filer la corde qui m’attache à eux, pas facile, vous me direz… C’est vrai, mais quand je vois les beaux êtres humains qu’ils sont devenus, je me dis que rien ni personne ne les éloignera de moi… Mon cœur les retiendra toujours, et ce, quelle que soit la distance!

Une maman loin, mais non moins accomplie

 

 

14 commentaires
  1. Mon fils a vécu 1 an en Australie, assez loin merci. Mais quand je lui parlait au téléphone – c’était avant Face Time – je le sentait heureux, épanoui. Alors jamais je n’aurait osé lui dire quoi que ce soit qui aurait pu le faire sentir loin de nous, sa famille. Il est revenu, a fondé sa propre famille et on se voit souvent, avec bonheur. Ton texte me fait réaliser à quel point j’ai de la chance d’avoir mes enfants tout près. Merci de l’avoir partagé avec nous.

  2. Tellement vrai!
    Moi aussi, j’ai connu ça avec ma maman, mais les beaux moments passés avec elle en visite qui s’éternisait me réjouissaient!
    Merci pour ce texte vivifiant!
    ?Louise

  3. C’est toujours vraiment un bonheure de savoir qu’ils sont heureux. Mes deux fille vivent à Montréal et moi dans la région de Québec.
    Merci beaucoup pour votre présentation et les sentiment
    Marie.

  4. Mon grand de 13 ans vient de décider de partir vivre au canada ou vit son père. Nous sommes séparés depuis 10 ans et il a toujours vécu avec moi… pas de garde alternée d’un commun accord. Il voyait son papa 2 fois par an.
    J’ai refait ma vie, Il a maintenant une petite soeur… on menait une paisible. Mais l’adolescent à fait son chemin et exprimé le besoin de plus connaître son père. Je comprends son besoin et je suis heureuse pour lui de cette opportunité et de la nouvelle vie qui s’offre à lui.
    Mais je suis dévastée par le chagrin, en larme chaque jour à l’idée de ne plus le voir au quotidien. La distance fait que je ne pourrai pas le voir aussi souvent que je le souhaiterai. Je me sens perdue et triste et j’ai besoin de partager mon ressentie. Merci de m’avoir lu.

  5. Les enfants c’est notre âme, notre chair, notre sang.
    Qu’ils soient heureux et en bonne santé…et s’ils sont pas trop loin c’est encore mieux.
    La distance créait petit à petit l’indifférence.
    On peut le nier mais c’est une évidence.
    Quand les centres d’intérêts, les connaissances et les lieux de vie différent, alors les discussions perdent progressivement tout sens.
    Je hais cette mondialisation qui saccage nos familles pour finir souvent par des divorces ou des burn-out.

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