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10 écrivains coups de cœur

J’aurais pu vous nommer une dizaine de titres, mes coups de cœur des dernières années et passer à autre chose. Après réflexion, je me suis dit : faisons plus et mieux. L’idée est de vous donner de l’autonomie et, du coup, un grand échantillonnage de titres. Je vais vous dévoiler quelques-uns de mes autrices et auteurs préférés, de ces valeurs sûres qui me font accourir à la librairie, les noms qui font grimper mes attentes sans les laisser tomber. En vous les présentant, hors de leur feuille de route officielle, vous allez pouvoir repérer si cet auteur vous titille la curiosité ou si ce n’est pas votre genre, mais pas du tout.

Lorsque vient le moment de choisir un livre, logiquement, on commence par se fier au titre et son sujet, ensuite on s’arrête à l’auteur et l’on oublie souvent, la maison d’édition. Celle-ci est un sceau qui certifie la qualité, révèle le genre, donne une couleur. Elle nous situe. Comparons la maison d’édition à une famille ou à un magasin. Les membres d’une famille sont disparates, ont divers caractères, mais une similitude de valeurs. Ils ont toujours bien reçu la même éducation, ont partagé les mêmes parents, ce qui leur donne une base en commun. Un magasin présélectionne des genres de vêtements, à votre place, même chose pour une maison d’édition qui sélectionne des titres à votre place.

Dans une chronique ultérieure, je vous ferai connaître une dizaine de maisons d’édition, définitions brèves, maiscomplètes et je conclurai par une dizaine de romans qui m’ont marquée et les raisons. J’espère vous sensibiliser à la raison pour laquelle un titre de livre, qui nous marque un jour, dépend souvent des sentiments vécus à une certaine période de notre vie. En attendant, allons-y gaiement pour ces écrivaines et écrivains, si près de mon cœur qu’il bat la chamade lorsqu’ils sortent un nouvel ouvrage.

Autrices favorites

Dominique Fortier

Photo : Frédérick Duchesne

Autrice stable, à l’écriture pondérée et classique. Son imagination, au service d’un trait social, scrute et approfondit un sujet sans en avoir l’air. Son dernier titre Les villes de papier a gagné une panoplie de prix, et du haut de sa plume, elle ne s’en doutait même pas. On ne détecte aucun schéma semblable d’un titre à l’autre. Elle s’invente à chaque pas.

8 titres : 5 en solo – 3 en duo (tandem avec un autre auteur/trice)
2 prix majeurs : Le Renaudot pour Les Villes de Papier et Gouverneur Général pour Au Péril de la mer

Michèle Plomer

Photo : Justine Latour

Deux chapeaux, celui d’éditrice et, avant tout, autrice. J’ai tout lu d’elle et je lirai tout d’elle. Une femme qui n’a pas peur de l’imaginaire, le prend à bras le corps, le transporte au-dessus de sa tête. Elle nous fait voyager dans le meilleur de la Chine et de l’être humain. Jamais assise sur ses lauriers, elle offre des romans où le drame n’est pas gratuit et où il est permis d’éprouver de bons sentiments, sans tomber dans le cucul. Attention, elle a du souffle, nous ayant jadis offert une trilogie : Dragonville.

9 titres, dont 2 jeunesse

Marie-Renée Lavoie

Photo de l’auteure par Martine Doyon

Autrice prolifique, elle écrit comme elle respire, librement et dans la joie. Vous aimez la légèreté sans que s’invite la superficialité, sa voisine de palier? Mettez la main sur une des œuvres de celle qui respire à fond la vie dans la routine du quotidien. Elle ne se prend certes pas au sérieux et, pourtant, aborde ses personnages avec assez de sérieux pour qu’ils soient crédibles et attachants. À force d’aborder, en compagnie d’adultes, des sujets qu’elle déleste de sa lourdeur, l’écriture pour la jeunesse s’est imposée à elle. Plus elle écrit, et plus son humour se cisèle, créant une dentelle ajourée et vaporeuse.

6 titres adultes, dont 8 jeunesse

Claire Bergeron

Crédit photo : Maxyme G. Delisle

Autrice très prolifique, j’avoue venir à peine de la découvrir, ce qui m’assure plusieurs futures délices. Je lis la quatrième de couverture et déjà, j’exige la suite, tellement elle pique ma curiosité, comme on se pique à l’héroïne! Quant à y être, permettez-moi un autre jeu de mots, ses héroïnes, car ce sont les femmes qui occupent une place de choix dans son œuvre, sont hallucinantes. En compagnie de cette autrice, l’égo féminin s’élève. Elle mène son histoire comme un Dieu terrestre, connaissant par cœur le destin de chacun, chacune. Les imprévus font rebondir l’histoire et bondir la lectrice de son siège. Elle a le don de l’histoire, parfois même au-delà des personnages qui n’ont qu’à la suivre.

10 titres adulte – bien entendu, j’ai commencé par les récents, mais je me promets de reculer dans le temps.

Louise Penny

Photo : Jean-François Bérubé

Tout le monde la connaît… ou presque! Un jour, à un âge plutôt avancé, elle a accouché d’une histoire dite « policière », s’inspirant de son mari pour incarner son enquêteur. Elle lui a donné une tendre et intelligente épouse qui veille sur lui, son alliée, sa complice. Elle a campé un lieu, un village en Estrie (elle vit à Sutton) : Three Pines. Ne cherchez pas, le village n’existe que pour son lectorat, pas dans la réalité.

Elle manie l’enquête d’une main de maîtresse, tout se déroule en force et en douceur, nous accordant tout l’espace nécessaire pour « jouer » à enquêter. Un suspense sans stress et sans sang (à peine) est la matière première de son œuvre. Je rajoute que le côté intimiste du village et ses personnages qui y vivent paisiblement mettent en lumière la vie privée de l’enquêteur. Il a son oasis, il y plonge en même temps que le lecteur. C’est magique, même les gens qui n’aiment pas particulièrement les polars se font happer par ces histoires humaines.

La clé de son succès? Celui qui tue ne correspond jamais à un cliché de tueur, cela pourrait être vous, votre voisin ou votre mère. Le mobile a plusieurs couches et tout au long de notre lecture, on les épluche. Réputée hors frontière, traduite dans 26 langues, elle est notre fierté, ses œuvres ayant été bombardées de prix, dont le Agatha à sept reprises (du jamais vu!). À noter que son premier jet est en anglais et, ensuite, admirablement traduit en français par le tandem Lori Saint-Martin & Paul Gagné.

16 titres ou enquêtes d’Armand Gamache

Auteurs favoris  

Denis Thériault

Source : editionsxyz.com/auteur/denis-theriault/

Scénariste avant tout (à peine si je le savais!), il a écrit son premier roman en 2001, L’Iguane. Sa carrière d’écrivain a commencé en lion, gagnant 4 prix pour cet opus qui m’a enchantée. Il a même gagné le Combat des livres à Radio-Canada! Pourtant, ce n’est pas mon titre préféré, c’est pour dire. Il s’est donné un défi de taille, écrire chaque fois un livre différent, comme s’il se réincarnait en un nouvel écrivain. Il y arrive, certainement qu’il y arrive! Ce qui fait que j’ai toujours tellement hâte à son prochain.

Il reste un problème dans cette belle histoire d’amour entre moi, sa lectrice et lui l’auteur… il n’a pas encore rencontré tous ses fans. Sa carrière au Québec reste en veilleuse, en latence, tandis que Facteur émotif, un de ces titres a trouvé le succès hors Québec. L’adage « Nul n’est prophète en son pays » lui sied malheureusement trop bien.

5 titres, comme les doigts d’une main, en 20 ans de vocation. 

Denis Robitaille

Un autre auteur méconnu qui écrit pourtant des histoires fortes qui s’impriment à tout jamais dans nos mémoires. Une autre corde s’ajoute à son arc, son intérêt marqué pour notre patrimoine, lequel s’est incarné dans deux essais, un sur la région de Portneuf et l’autre sur le monastère des sœurs augustines de Québec. Serons-nous alors surpris de trouver, dans ses romans, une propension à mettre en lumière le passé, pas uniquement celui du Québec? Un regard perçant les mystères du passé en y faisant naître des personnages si ancrés dans la réalité qu’on leur donnerait la vérité sans confession. 

7 titres dont 2 essais et un titre jeunesse La Gaillarde.

Michel Jean

Photo de Julien Faugere

Vous le connaissez tout probablement comme chef d’antennes à TVA. C’est sa face exposée, mais sa face cachée est importante, l’emporte même, quant à moi, sur la publique. Son désir sous-terrain de s’exprimer grondait, il en avait long à dire, sa voix intérieure parlait fort. Je parle même dans son cas de mission : donner une voix aux peuples ignorés, comme le sien propre, le peuple innu.

Sa voix a cheminé, car, au départ, il ne se présentait pas comme Innu et puis, un jour, son identité est apparue naturellement. Tout part de soi, on le dit souvent, et à partir du moment où il s’est dévoilé publiquement, son lectorat l’a suivi dans les tranchées de son combat silencieux. Même immensément motivé, s’il n’avait pas hérité du don de conteur, de sa grand-mère peut-être, sa parole serait restée bloquée dans sa gorge. Il vient de gagner le Prix France-Québec avec l’un de ses récents titres, Kukum. Il faut toujours un titre qui révèle, c’est souvent une question de timing, mais Le vent en parle encore aurait pu être celui-là.

8 titres et, en plus, deux directions de collectifs   

Michel Rabagliati

Photo : Éric Lajeunesse

Tout le monde s’échappe un jour et l’appelle « Paul » son personnage principal. C’est tout dire, quand ton alter ego te dépasse prenant le relais sur toi, laissé derrière à lever la main en clamant « Michel… je m’appelle Michel! ».

L’auteur a décidé d’en sourire, pas difficile pour lui, car tout lui sourit, à commencer par ses lecteurs et ses lectrices. Comment ne pas parler de lui parmi mes auteurs chouchous quand il m’a amené de pied ferme dans un genre que je connaissais peu : la bande dessinée. Ce qui est remarquable c’est qu’il a amené avec lui une trâlée de lectrices qui ne démordent plus, convaincues maintenant que la bande dessinée, ce n’est pas uniquement pour les enfants.

Paul va partout, et on le suit. Qui m’aime, me suive, qu’est-ce que vous voulez! Nous sommes fidèles et heureusement, l’auteur l’est. Je tiens à préciser qu’avec Paul, on est loin du roman d’aventures ou si aventures il y a, elles sont à connotations quotidiennes. On s’y reconnaît, on se mire et l’on s’admire. En Paul, en sa femme, sa fille, son chien, sa mère… alouette! Enfin, un personnage ordinaire qui tient le haut du pavé! L’auteur au nom de famille à l’italienne et à la parlure amplement québécoise vient de recevoir le Prix du Festival d’Angoulême pour sa série de 9 albums. C’est la deuxième fois qu’il en reçoit un de ce prestigieux Festival, le premier ayant été pour Paul à Québec en 2010.

9 albums en tant que scénariste et illustrateur; j’ose rajouter : double labeur!

Maxime Olivier Moutier

Source : Québec Amérique

Mon rebelle… il en faut toujours un. Il aime choquer, provoquer, aller plus loin que le lecteur le demande. Psychanalyste de profession, on s’interroge tout de suite; qu’est-ce que sa patte vient faire dans la littérature? Elle vient brasser la cage des conventions, c’est évident.

Depuis qu’il est édité chez Marchand de feuilles, je le lis. J’ai toujours hâte de voir qu’est-ce qu’il va nous sortir de son chapeau. J’avoue nourrir la peur qu’il remette sa lettre de démission, clamant qu’il est un incompris. En tant que lectrice de littérature québécoise uniquement (depuis 13 ans), j’aime que l’on me surprenne. Deviner, prédire, prévoir, c’est lassant. Et le bavardage (small talk), les téléromans écrits, les clichés sur deux pattes finissent par venir à bout de ma patience qui est pourtant grande.

Si vous êtes comme moi et si un vent de fraîcheur ne vous fait pas grelotter, essayez ses écrits, vous serez un peu bousculés, juste ce qu’il faut. Surtout, ne prenez pas le mors aux dents. Écrire, c’est aussi s’amuser à être Dieu le père tout-puissant et un psychanalyste, ça joue avec nos émotions, la matière première du jeu.

10 titres et plusieurs contributions à des collectifs

Pour des suggestions de lecture, visitez notre section Culture.

5 commentaires
  1. Une jeune auteure que j’aime beaucoup Julie Rivard. Très versatile au niveau de son écriture. Suspense, d’enquête, et patrimoine et avec de très beaux descriptifs. À lire.

  2. Merci pour ses suggestions. Ma préférée est Louise Penny. Mais je dois dire que je ne connais pas beacoup ceux que vous suggérez. J’aime beaucoup Marcia Pilote, elle m’a fait avancer dans la vie.

  3. Christiane, vous venez de me dire : mission accomplie ! Mon objectif est justement de vous rajouter des noms d’écrivains et écrivaines à lire. Et si je comprends bien, il s’en rajoute 7, 8…9 ?

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