À un cheveu de la catastrophe…

Bon, je vous lance une question; qu’est-ce qui préoccupe plus les femmes après leur poids? Bien, je vous le confirme, ce sont leurs cheveux. Mon analyse est presque scientifique, oui, oui, je vous assure. J’ai récemment fait des appels pour un salon de coiffure contraint de fermer temporairement. Je devais annuler des rendez-vous, ce que j’ai dû faire à quelques reprises puisque la date de réouverture se modifiait constamment.

Du coup, j’ai cru que ce serait un travail facile; ah bien non. La nouvelle n’est pas passée pour toutes comme du beurre dans la poêle. Je dis toutes, parce que les tous (les gars) ont pris la chose avec plus de légèreté. Certains hommes m’ont dit qu’il n’y avait pas de problème; ils avaient des tondeuses. La plupart des gens ont fait part d’une grande compassion, mais plusieurs voulaient s’arracher les cheveux face à ce dilemme. « Non mais, je suis pas regardable. J’ai l’air d’une mouffette. Ç’a plus de bon sens, qu’est ce que je vais faire? » Cela dit, la plupart du temps avec le sourire dans la voix sans cacher l’immense déception qui les habitait.

Moi aussi, j’ai été ébranlée par l’absence de ma coiffeuse préférée qui n’est pas que ma coiffeuse, mais c’est aussi mon amie. Et pour moi aussi, ma crinière demeure une grande préoccupation. J’investis beaucoup d’argent depuis mon adolescence pour ma chevelure. J’ai tout essayé pour faire disparaître mes bouclettes; un défrisant qui m’a brûlé le cou et m’a donné un cheveu de poupée; par la suite, des brushings à la grosse brosse ronde qui m’assurait un look à la Farah Fawcett. Ah oui, j’ai aussi eu le look dégradé, ce qui, selon mes filles était une coupe Longueuil. Sans produits spécialisés pour dompter ma grosse chevelure, je vous assure que j’avais des allures de lionne.

J’ai parfois osé le frisé naturel; mes cheveux avaient la texture d’une grosse laine d’acier, vraiment cute! J’aurais pu faire office de SOS. J’ai été brune, rousse et maintenant blonde, avec mèches et sans mèches maintenant puisque le blanc s’est introduit sans que je le décide cette fois.

Oups, ils y avaient des enjeux plus importants que nos cheveux dans cette histoire, mais quand on n’a jamais un cheveu qui retrousse, on perd un peu peut-être notre compassion.

Oui, on a considéré davantage nos cheveux que les employées du salon privées de salaire, que la fragilité d’une clientèle, que les inquiétudes et désagréments vécus par les propriétaires.

Mais les cheveux ne sont-ils pas souvent source d’inquiétude tant pour les hommes que pour les femmes? Les hommes craignent de devenir chauves et les femmes souhaitent toujours avoir beaucoup de cheveux.

Les cheveux représentent notre personnalité, ils témoignent d’une époque. Ils sont au cœur de notre apparence. Lorsqu’une femme a le cancer et perd ses cheveux, c’est dramatique. On perd son identité, on perd sa féminité.

Alors, à la réouverture, nous sommes toutes arrivées au salon, cheveux en bataille, elles étaient là avec leur sourire, ces magiciennes de notre beauté, ces artistes au grand talent, ces confidentes si précieuses. Elles se sont installées et durant 12 heures, elles se sont dédiées à nous, pour nous rendre notre identité, notre beauté.

Ne devient pas coiffeuse qui veut. Il faut du talent, il faut de l’empathie, il faut de l’écoute et BEAUCOUP de patience. Après tout, il faut bien le dire, elles ont une grande responsabilité; sur elles repose une partie de notre estime de soi.

Je parle ici de coiffeuses parce que c’est ma réalité, je sais qu’il y a de trrrrès bons coiffeurs et eux aussi possèdent toutes ces qualités.

En fait, je veux leur rendre hommage; merci de nous faire si belles, merci de nous écouter, merci d’être là avec nous lors des grands moments de notre vie, de nous accompagner dans nos mariages, nos anniversaires, et tous ces grands moments qui agrémentent notre vie. Vous êtes importantes, sachez-le.

Nous avons maintenant retrouvé nos esprits, ouf, c’est pas facile la vie quand nos cheveux sont laids, il faut bien le dire. Nous revoilà prêtes à affronter l’été, cheveux au vent, le cœur léger, espérant que plus rien ne viendra compromettre nos rendez-vous chez le coiffeur.

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