Autrices chouchoutes!

On a tous nos auteurs et nos autrices chouchous. À partir d’au moins trois titres lus chez une autrice, je conclus que je l’aime. On revient à ce qu’on aime dans la vie, n’est-ce pas! Étant donné la lourdeur de notre actualité, j’ai pensé vous offrir de la lecture légère et réconfortante, comme un pâté chinois fumant un soir de tempête.

Connaissez-vous Marie-Renée Lavoie? C’est une autrice de Québec, celle-là même qui a écrit le succès La petite et le vieux. En ce début d’année, elle a publié « Diane demande un recomptage », une femme de cinquante ans qui refait sa vie à la suite d’un divorce non désiré. Elle repart en neuf de belle façon, elle a le tour de se reconstruire et tient à ce que l’on garde le sourire chaque paragraphe. Le goût de l’élégance de Johanne Seymour se veut une fable guérisseuse des cœurs meurtris. Si vous aimez l’ambiance d’une librairie, vous aimerez ce texte, car elle y œuvre. J’évite le verbe « travaille » tellement cette librairie est particulière. Je me suis penchée sur le premier opus de Suzanne Aubry, une autrice et scénariste chevronnée (Sauve qui peut!, Mon meilleur ennemi, À nous deux!). Publié en 2006, ce premier roman, qui se déroule dans les années soixante, à la légèreté garantie se savoure comme du bonbon fort. À trouver à votre bibliothèque ou à commander à votre librairie puisqu’il n’est plus sur les tablettes.

Diane demande un recomptage de Marie-Renée Lavoie

La femme en vous a besoin d’un petit remontant? Vous avez le titre pour vous sentir aussi épanouie que Diane Delaunais dont on a fait la connaissance dans « Autopsie d’une femme plate ». Les déboires de sa vie, dont la fin abrupte de son mariage avec Jacques qu’elle aimait toujours, lui vont à ravir. Elle reconstruit sa vie, étape par étape, s’entourant de personnes qui lui donnent autant qu’elle donne, atteignant un équilibre qui la sort complètement de sa prétendue platitude. Lui revient encore des réflexes de dénigrement, mais entourée d’une amie dynamique et passionnée, de trois enfants reconnaissants, d’un bel étalon et d’une vieille dame démunie, elle récolte autant qu’elle sème. Elle s’est trouvé un travail valorisant qui l’éloigne à tout jamais de la platitude; éducatrice chez la gent maternelle et prématernelle. Marie-Renée Lavoie a le dialogue facile et aime décrocher les sourires et les entretenir. Elle fait tout pour ça. Le côté entraînant de sa voisine et amie, un groupe d’amis à rejoindre au bar ou au restaurant, il y a un côté grégaire qui pourrait vous sortir de votre confinement. Si le côté « chick lit » vous rebute, c’est un titre qui pourrait être à éviter, même si l’approche est intelligente et équilibrée. Laissez-vous entraîner par cette lecture confortable, intelligente et grégaire. Vous allez en ressortir ravigotée.

Le goût de l’élégance de Johanne Seymour

L’autrice en est, mine de rien, à son neuvième roman. Œuvrant habituellement autour du polar, cette incursion dans la littérature bon enfant prend des allures d’oasis d’amour et de havre de paix. Johanne Seymour va jusqu’à qualifier son texte de fable, pourquoi pas, pourvu que le mot n’éloigne pas ceux qui sont allergiques aux vaguelettes de l’imagination. Si fable il y a, elle est légère, dans le sens d’à peine perceptible; à moins que je sois une lectrice à ce point bon enfant, toujours prête à avaler goulûment un univers d’amour et de sollicitude. L’histoire cible une femme au cœur meurtri travaillant dans une librairie et n’y semblant pas du tout heureuse, pour ne pas dire dépressive. Elle aperçoit une offre d’emploi dans une autre librairie qui, elle, semble dégager une aura spéciale. Après maintes tergiversations, elle se décide à postuler. Immédiatement, la porte d’un petit paradis sur terre s’ouvre à elle. Avec à peine un brin d’étonnement, elle découvre une librairie à la mission thérapeutique. Ces libraires aux vécus assez spéciaux s’emploient à guérir les cœurs blessés, tout en guidant la clientèle dans les dédales d’une littérature de bon aloi. D’entendre échanger sur certains titres québécois fait chaud au cœur ainsi que, bien sûr, l’approche guérisseuse d’une âme qui se croit esseulée.

Le fort intérieur de Suzanne Aubry

Une escapade dans les années soixante, ça vous le dit? Cette décennie, aux relents déjà insouciants, s’imprègne d’encore plus de candeur par la vision de la narratrice, une fillette d’une famille de sept enfants. J’ai aimé suivre cette famille dotée d’un père volage et d’une mère vive et intelligente, traductrice qui travaille à la maison. Les sujets graves n’arrivent pas de front puisque filtrés par une des jumelles qui s’adressent à son grand frère. Par légèreté, je ne prétends pas que tout soit rose, la famille va subir les contrecoups de la séparation des parents. Une séparation avec accommodements raisonnables! La mère est une femme solide, avant-gardiste et modérément jalouse (juste ce qu’il faut!). Tandis que le père porte à peu près tous les défauts, dont une jalousie mal placée, mais il est charmant, ce qui fait avaler la pilule amère. Le thème du trio amoureux est vieux comme le monde, mais de régler le cas comme cette famille va le faire, c’est plus rare. Plusieurs branle-bas de combat nous tiennent en alerte et j’ai beaucoup apprécié vivre les péripéties en même temps que cette famille vivante et réaliste. Je me suis attachée à chacun, tellement le tableau familial est réaliste avec cet équilibre bellement maintenu entre les vents positifs et négatifs. Je suis prête à gager ma blouse colorée des années soixante que vous allez y trouver votre compte. Bonne lecture!

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