Démystifions 10 mythes sur les hostas avec Larry Hodgson

L’hosta est l’une des plantes vivaces les plus cultivées dans les climats tempérés, mais cette popularité ne veut pas dire que tout ce qui circule à son sujet est vrai. Chères Radieuses, quelques mythes à propos des hostas se répètent sans fin et pour vous éclairer, en voici 10 que nous démystifierons ensemble :

Mythe 1 : Les hostas aiment l’ombre

Réalité : En fait, si plusieurs hostas peuvent tolérer l’ombre, ça ne veut pas dire qu’ils l’aiment pour autant. Je dirais qu’ils supportent cet état parce qu’ils n’ont pas d’autres options; si vous les avez plantés à l’ombre, ils ne sont malheureusement pas capables de se déplacer vers un coin plus ensoleillé par eux-mêmes.

Dans la nature, au Japon et en Chine, pays d’origine des hostas, la majorité reçoit au moins quelques heures de soleil de façon quotidienne et nombreux sont ceux qui poussent au plein soleil. Lorsque les étés sont chauds, il est vrai que leurs feuilles peuvent brûler si elles sont constamment exposées au soleil, mais dans les climats plus froids (comme où je vis, à Québec), les hostas sont heureux dans un endroit ensoleillé, et encore plus s’ils sont arrosés adéquatement.

Généralement, lorsque les hostas reçoivent au moins quelques heures de soleil matinal (plus frais que celui de l’après-midi) chaque jour, ils ont un feuillage plus dense et une meilleure coloration. Les hostas jaunes, tout particulièrement, ont des couleurs plus vives lorsqu’ils sont exposés dans des endroits assez ensoleillés.

Les hostas bleus semblent se comporter le mieux à l’ombre puisque la pruine blanche cireuse qui les colore a tendance à s’atténuer plus rapidement au soleil.

Au final, c’est l’ombre partielle qui est à privilégier pour la majorité des hostas, mais si vous ne pouvez que les faire pousser à l’ombre profonde, ils pourront au moins y survivre. Cependant, il ne vous pas vous attendre à ce qu’ils y grandissent très rapidement.

Mythe 2 : Les hostas sont adaptés à l’ombre sèche

Réalité : L’ombre sèche est cet environnement que l’on trouve au pied des arbres aux racines peu profondes, notamment dans un milieu boisé, où les racines des plantes ligneuses absorbent en grande partie l’humidité, laissant le sol constamment sec. Si la plupart des végétaux sont hostiles à un environnement du genre, les hostas n’y font pas exception.

En fait, les hostas préfèrent les sols humides et grandissent donc mieux dans des sols qui sont toujours un peu humides. Toutefois, ils sont capables de tolérer la sécheresse s’il le faut. Mais ça ne veut pas dire qu’ils aiment ça. S’ils sont constamment stressés par un manque d’eau, leur croissance sera lente, voire inexistante. De cette façon, il vaut mieux au moins garder les jeunes hostas modérément humides jusqu’à ce qu’ils approchent de leur taille maximale.

Pour aider à conserver les hostas dans un état d’humidité raisonnable, le paillage est une bonne option; des arrosages occasionnels en profondeur peuvent toutefois être nécessaires sous certains climats ou en période de sécheresse.

Mythe 3 : Les hostas doivent être divisés tous les 3 à 5 ans

Réalité : Les hostas ont rarement besoin de division. Ils réussissent mieux si on leur donne la chance de prendre leur pleine forme naturelle. Et cette forme peut prendre des années, surtout dans le cas de très grands hostas, comme ‘Sagae’ et ‘Sum and Substance’.

Chères Radieuses, il n’y a rien de mal à diviser les hostas, mais vous devez savoir qu’une division retarde leur développement, c’est tout. Du point de vue de la plante, la meilleure fréquence pour la diviser est donc… jamais!

(J’ai toujours pensé que ce mythe avait été conçu par des jardiniers jaloux qui souhaitaient obtenir de petites divisions de nos plantes. 😉 )

Mythe 4 : Tous les hostas sont endommagés par les limaces

Réalité : Il n’est pas faux de dire que certains hostas peuvent être endommagés par les limaces, qui percent des trous dans leur feuillage, et particulièrement dans les hostas bas de gamme et bon marché comme les cultivars ‘Undulata Albomarginata’, ‘Undulata Mediovariegata’ et ‘Undulata Univittata’, mais d’autres ne souffrent presque jamais de dégâts causés par les limaces.

Les hostas bleus, dont la pruine cireuse couvre leurs feuilles, semble décourager les limaces et ceux à feuilles épaisses sont particulièrement résistants.

Plusieurs producteurs d’hostas soulignent clairement dans leur catalogue les cultivars qui sont résistants aux limaces : pourquoi donc ne pas sélectionner ces variétés et vous épargner tout l’effort pour contrer les limaces? J’ai d’ailleurs publié une liste de plus de 100 hostas résistants aux limaces ici : Toute une liste de hostas résistants aux limaces.

Parfois, les trous faits dans les feuilles d’hostas peuvent aussi être dus à la grêle, aux branches tombées, aux vers-gris, aux lapins et au passage des pieds. Les limaces ne sont donc pas toujours à accuser pour les dégâts.

Mythe 5 : Vous devez retirer les fleurs des hostas pour maintenir vos plantes en santé

Réalité : Ce mythe se base sur la croyance que si l’on permet à un hosta de produire des fleurs (et les semences qui en découlent), on minera sa croissance future. Prenez garde, retirer ou non les fleurs d’un hosta ne fait essentiellement aucune différence.

Comme beaucoup de plantes très pérennes, les hostas consacrent seulement qu’une petite quantité d’énergie à la floraison et à la production de semences. Il y a de fortes chances que vous ne voyez aucune différence dans leur croissance si vous laissez les fleurs en place.

Les hostas étant généralement cultivés pour leur feuillage, ce mythe est probablement dû au fait que leurs fleurs n’ont qu’un intérêt secondaire, ou peuvent, dans certains cas, nuire au look général de la plante. Ainsi, de nombreux jardiniers les enlèvent pour des raisons esthétiques et cherchent à justifier leur action en prétendant qu’elle est bonne pour leurs plantes.

Oui, vous pouvez supprimer les fleurs d’hosta, ce n’est pas un crime, mais il y a d’autres éléments à prendre en compte.

D’abord, laisser les fleurs intactes nourrira les abeilles, plusieurs insectes et même les (si jolis!) colibris.

Par ailleurs, il existe des hostas dont la floraison est tellement remarquable, que ce soit par son apparence ou son parfum… ou les deux. Pourquoi se donner la peine de planter des hostas aux fleurs éblouissantes et parfumées tel l’hosta plantain (Hosta plantaginea) ou H. ‘Fragrant Bouquet’ si vous souhaitez les couper?

Mythe 6 : Il ne faut pas acheter des hostas issus de la culture in vitro, puisqu’ils ne seront pas fidèles au poste

Photo : statebystategardening.com

Réalité : Maintenant, quasiment tous les hostas sur le marché sont issus de la culture in vitro (micropropagation). Vous aurez d’ailleurs de la difficulté à trouver autre chose, et ce, même si vous demandez à un pépiniériste spécialisé.

Derrière la culture in vitro, le concept est que le producteur prélève quelques cellules d’un cultivar intéressant d’hosta et fait multiplier ces cellules en laboratoire, dans des éprouvettes, pour obtenir des milliers des plantes identiques, voire des centaines de milliers (!). Il fait ensuite grandir et enraciner les plantules et les cultive selon des méthodes plus traditionnelles jusqu’à ce qu’ils arrivent à une taille vendable. Cette technique permet que les nouvelles variétés d’hostas arrivent rapidement sur le marché à un prix abordable, et non 20 ans plus tard à des prix que peu de gens peuvent se permettre de payer.

Sans étonnement, il y a eu quelques ratées aux débuts de la culture in vitro en ayant comme conséquence un certain nombre de plantes qui n’étaient pas fidèles au type et engendrant une mauvaise réputation à la technique. Maintenant, la situation s’est grandement améliorée et certains laboratoires ont même une excellente réputation pour la fiabilité de leurs plants.

Il est important de comprendre que des mutations et des réversions (les cultivars d’hosta qui reviennent à une forme ancestrale) sont possibles lors de n’importe quel type de multiplication. Tout comme, en tant que jardinier, vous supprimerez toute partie d’un hosta de votre jardin qui ne correspond pas à la forme voulue, des laboratoires de qualité supérieure examinent et éliminent avec soin toutes les plantules qui ne sont pas fidèles au type.

Si vous achetez vos hostas d’un pépiniériste réputé, vous n’aurez pas à vous soucier de la méthode de multiplication utilisée pour les produire!

Mythe 7 : Les hostas colorés vireront au vert si vous les fertilisez

Réalité : Oui, certains hostas deviennent de plus en plus verts au fur et à mesure que l’été avance, mais ce n’est pas à cause de l’engrais.

Plusieurs hostas sont « viridescents » : leur panachure peut être blanche ou jaune au début, mais elle deviendra lentement verte au fur et à mesure que l’été avancera. Hosta ‘Undulata Mediopicta’, qui porte une macule blanche au centre de chaque feuille au printemps, devient souvent entièrement vert à la fin de l’été, puis reprend sa coloration panachée au printemps suivant. Parmi les autres hostas panachés réputés pour leur viridescence, mais dans une moindre mesure qu’H. ‘Undulata Mediopicta’, il y a ‘Allegan Fog’, ‘Dancing Stars’, ‘Guardian Angel’, ‘Midnight at the Oasis’, ‘Whirlwind’, ‘White Christmas’, ‘White Elephant’ et ‘Zebra Stripes’. Ces variétés verdissent l’été et c’est normal.

Les hostas à feuilles bleues réagissent aussi. La pruine cireuse qui leur donne leur coloration bleue a elle aussi tendance à s’atténuer au cours de l’été, les rendant de plus en plus verts. Cet effet de verdissement est plus visible sur les plantes cultivées au soleil, mais est quand même présent sur les hostas placés à l’ombre.

Ces verdissements sont alors dus à la génétique de la plante, et non, comme le mythe le laisse entendre, à l’engrais. N’hésitez donc pas à fertiliser vos hostas, surtout si vous faites partie de ces jardiniers qui suppriment systématiquement les feuilles des hostas à l’automne (les feuilles d’hosta laissées sur place se décomposeront et couvriront l’essentiel des besoins de la plante pour la saison). La modération a toujours meilleur goût : ne fertilisez jamais à plus de la moitié du taux recommandé sur l’étiquette, car les hostas, qui sont à croissance lente, préfèrent recevoir leurs minéraux en petites quantités. Par ailleurs, prenez l’engrais que vous avez à la maison, les hostas ne sont pas difficiles sur la formulation que vous choisissez.

Mythe 8 : Les hostas sont libres de maladies

Photo : hostalibrary.org

Réalité : C’était le cas avant, mais au cours des dernières décennies, un virus, nommé virus X du hosta (HVX), a commencé à faire son apparition parmi les hostas. Il existerait aussi quelques autres virus présumés qui commenceraient peu à peu à envahir cette vivace populaire.

Pour détecter ce virus, les principaux symptômes sont des feuilles marbrées de manière anormale, un effet qui revient souvent en s’intensifiant année après année, des feuilles un peu tordues et parfois des taches brunes.

Il n’y a malheureusement pas de remède pour les virus des plantes, en tous cas, pas en ce qui concerne le jardinier amateur. Si un de vos hostas en est atteint, vous feriez mieux de détruire la plante et tous les hostas qui sont des voisins immédiats, car la maladie peut y être présente, mais prendre quelques années pour se manifester et il faut alors considérer suspectes des plantes apparemment en bonne santé qui poussent à proximité.

La majorité des jardiniers qui cultivent deux ou trois variétés d’hostas ne rencontrent jamais le virus X du hosta. Les collectionneurs d’hostas, qui ont des dizaines de variétés, doivent quant à eux rester sur leur garde.

Mythe 9 : Le meilleur moment pour diviser les hostas est au printemps

Réalité : En fait, vous pouvez effectuer la division de vos hostas à tout moment, en autant que le sol ne soit pas gelé. Et même en été, oui, oui!

Par contre, du point de vue de la plante, l’automne est le meilleur moment, et ce, 4 à 6 semaines avant le premier gel. À l’automne, c’est le moment où la plante a stocké un maximum d’énergie dans ses rhizomes permettant aux nouvelles divisions de démarrer vigoureusement quand vous les plantez.

Mythe 10 : Les hostas sont des plantes strictement ornementales

Photo : Specialty Produce

Réalité : Vous serez peut-être surprise de l’apprendre, mais en réalité, les hostas sont comestibles et sont cultivés comme légumes au Japon. Les pousses de printemps, qu’on appelle urui, sont même vendues dans les supermarchés. Les fleurs sont elles aussi comestibles!

Il est toutefois important de savoir que les hostas contiennent des saponines qui sont légèrement toxiques pour de nombreux animaux domestiques, tels les chiens, les chats et les chevaux, et qui sont encore plus toxiques pour les poissons.

Envie d’en savoir davantage sur les hostas comestibles? Je vous conseille de lire Mangez vos hostas.

Sur ce, bon jardinage les Radieuses! Profitez du beau temps!

Larry

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9 commentaires
  1. Merci beaucoup pour toutes ces bonnes in formations sur les hostas…mes plantes préférées.
    J’en cultive depuis plusieurs années dans des pots en céramique que je couche sur le côté dès novembre …
    Ils sont recouverts de neige tout l’hiver. Je les remets au soleil ☀️ au printemps.
    Ils sont ma fierté ces beaux hostas . Passez un super été avec toutes vos belles plantes qui nous rendent la vie si belle.❤️🌺🌺

  2. Très intéressant, j’ai plusieurs sortes de hostas. Plusieurs petits plants de hosta poussent ici et là dans mes plate-bandes. Est-ce possible que des oiseaux ou des écureuils transportent les fruits en fin d’été?

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