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Le sacrifice

Que veut dire le mot sacrifice? Si je me fie à mon dictionnaire Antidote, il s’agit de l’« imposition de restrictions financières à soi-même, ou encore, faire des sacrifices afin de s’assurer d’un bel avenir. Faire des sacrifices pour que ses enfants réussissent dans la vie ». Le Petit Larousse me suggère cette définition : « Renoncement volontaire à quelque chose, perte qu’on accepte, privation, en particulier sur le plan financier ».

Le couperet est tombé le 3 décembre. C’est avec de la tristesse dans ses yeux et dans son élocution que François Legault, notre premier ministre, a annoncé que les Québécois ne pourront pas se rassembler durant les fêtes de Noël. Il nous demande de sacrifier une partie de plaisir en famille ou entre amis pour un soir ou deux.

Il s’agit bien sûr d’une forme de sacrifice puisque l’on prive les gens qui s’aiment de se retrouver et de célébrer la vie. Il n’y a rien de volontaire dans ce sacrifice que demande le premier ministre Legault à son peuple. Il s’agit d’une imposition parce que trop de cas de COVID sont répertoriés chaque jour et sans aucune diminution. Ce qui en soi est d’une aberration inexplicable pour tout être humain qui se préoccupe de sa propre vie et un tantinet de celles des autres.

Au moment d‘écrire ces lignes, le 6 décembre, 2 000 nouveaux cas sont rapportés positifs. Alors, c’est ici que je vais tenter de nuancer la portée du mot sacrifice dans l’imposition de rester dans sa bulle familiale durant la période des fêtes de Noël.

Il y a quelques décennies, les familles québécoises célébraient la nativité de Jésus Christ. Les temps ont bien changé. La religion a pris le bord, mais la fête, la réunion a perduré. Jusqu’en 2019, les familles, les amis se rassemblaient généralement autour de la dinde de Noël. Une minorité allait encore à la messe de minuit, sorte de rituel qui, pour une majorité, n’avait toutefois rien à voir avec la véritable pratique religieuse.

Depuis mars 2020, les rassemblements ont pris une tournure dramatique. Les citoyens intelligents responsables ont compris que tout rassemblement peut provoquer une contamination du coronavirus. Les covidiots, comme on les appelle maintenant, seront certainement les délinquants du temps des fêtes, car leur tête d’eau a noyé toute conscience. Vraiment pas fort quand on y pense! Je ne serais d’ailleurs pas étonnée de les entendre regimber contre la décision du gouvernement de nous confiner durant le temps des fêtes. Une minorité de têtes à deux jaunes qui, encore une fois, fait souffrir la majorité silencieuse et considère ce sacrifice trop grand, les pauvres! Ils ne pourront pas s’amuser en « gang »! Vraiment! Le mot sacrifice a le dos large. Cette notion, il me semble, devrait s’appliquer à quelque chose d’essentiel que l’on perd parce qu’il n’en peut être autrement. Ne plus pouvoir se lever le matin, parce que trop de douleurs engendre plusieurs véritables sacrifices. En temps de COVID, les commerçants, restaurateurs et hôteliers, qui ont dû mettre la clé dans la porte, font le sacrifice de leur gagne-pain. Ils sacrifient ainsi tout un mode de vie auquel ils étaient habitués depuis tant et tant d’années. Demandez-leur si les quelques jours de festivités annulés relèvent du sacrifice…

Mais ce qui me réjouit, c’est tout de même de constater qu’une majorité des Québécois respectent les règles de santé et de sécurité. Selon un sondage récent, plus de 60 % des Québécois ont l’intention de rester sagement à la maison sans recevoir qui que ce soit.

Beaucoup sont même devenus un peu hypocrites et je les imagine actuellement sourire dans leur masque en se disant qu’ils n’auront pas à subir les blagues plates de mon oncle untel ou encore les guiliguilis de ma tante unetelle.

En passant, François Legault n’a pas dit que Noël était annulé! Oui, les rassemblements, mais pas Noël, et ce qui est aussi rassurant et surtout réconfortant et j’ai envie de l’écrire en caractère gras : notre premier ministre nous encourage à visiter seule une autre personne seule. Ce qui signifie qu’il n’y a aucune excuse pour s’empêcher de visiter un aîné ou une aînée. Je vais encore une fois apporter un jugement de valeur en suggérant que ceux ou celles qui chialent parce qu’ils ne peuvent visiter leurs parents ou grands-parents, ce sont souvent ceux ou celles qui, avant la COVID, voyaient rarement leur famille immédiate, alors qu’on se le tienne pour dit, la notion de sacrifice diffère selon la conscience des uns et la morale des autres.

En lisant les réseaux sociaux, je constate que nous ne manquons pas d’imagination et que l’on peut se réinventer durant la période de Noël.

Ma soupape est l’écriture. D’ailleurs, un grand merci aux Radieuses de me permettre ainsi de m’exprimer. Aussi, les rendez-vous FaceTime ou les vidéo Messenger avec mes amis et amies et bien sûr mes sports favoris, tout en prenant soin de mon petit Charlie, ma bénédiction, ma zoothérapie.

Je vous souhaite un très joyeux Noël… dois-je écrire quand même?

Jocelyne Cazin

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