Les éléments clés pour réussir votre première randonnée de longue durée

Les voyages de randonnée de plusieurs jours vous attirent? Notre voyageuse Isabelle Marjorie Tremblay découvre depuis un an cette façon de voyager qui demande endurance et planification. Elle partage ici ses constats et ses conseils pour vous aider à réussir votre première randonnée de plusieurs jours au Québec comme à l’étranger!

Je suis une marcheuse… mais pas une GRANDE marcheuse. Les vrais marcheurs, ce sont ceux et celles qui choisissent de faire des treks de 2 ou 3 semaines en nature; ceux qui font du camping soir après soir, ou qui s’arrêtent dans des petites auberges dans les endroits reculés du monde. Les randonneurs purs ne jurent que pour cela : c’est à la marche qu’ils veulent découvrir la planète, ils ont des bâtons haut de gamme, des sacs à dos spécialisés, des mollets d’acier et un sourire irrésistible lorsqu’ils atteignent les sommets d’Italie, d’Espagne, de Sardaigne ou du Groenland.

Sardaigne

Maroc

Je découvre l’univers des randonneurs depuis peu et j’ai l’impression d’avoir été piqué par une petite mouche en botte de marche. Je pense que je suis accroc! Ce rythme plus lent et le défi physique qu’il propose savent transformer un voyage en réelle cure santé. Avec l’agence québécoise Les Karavaniers qui excelle dans l’organisation de voyages d’expédition de tous niveaux, j’ai vécu mon premier trek en marchant et en campant 12 jours au Groenland. Tout un baptême!

Je suis ensuite allée au Maroc avec l’agence — tout aussi crédible — Terre d’Aventure pour découvrir le désert du Sahara en campant sous les étoiles et en marchant à côté d’un chameau transportant nos bagages. Nous avons marché dans la Vallée du Draa au Maroc : proposition géniale « montagnes/désert » de l’agence Terre d’Aventure.

Finalement, je reviens tout juste d’une randonnée de plusieurs jours sur l’île italienne de la Sardaigne où nous avons dormi dans les gîtes de montagnes du Supramonte.

Groenland

Maroc

Sardaigne

Je me retrouve parfois avec des gens qui en sont à leur 3e, 5eou 15e expérience de randonnée de longue durée avec des guides de 20 ans d’expérience! Chaque fois, j’observe leur organisation. Comment ils s’habillent et ce qu’ils ont dans leur sac attirent mon attention lorsque vient le temps de prendre une collation protéinée à 1500 mètres d’altitude. Et c’est souvent là que je constate mes oublis et mes bons coups. Voici, en toute modestie de débutante, quelques réflexions et apprentissages méli-mélo destinés aux randonneurs en herbe.

— Chaque agence qui organise des longs voyages vous informe des niveaux de difficulté : tenez-en compte et informez-vous le plus possible. Les dénivelés font toute la différence et non le nombre de km à marcher. Pensez à préparer vos jambes et montez des montagnes près de chez vous plusieurs mois avant votre départ;

— Lisez 3 fois plutôt qu’une la liste de matériel requis et informez-vous en cas de doute. Rien n’est écrit pour rien dans ces listes détaillées.

— Votre sac à dos de jour est probablement l’achat le plus judicieux à faire et il vous servira longtemps. Les choix abondent en magasin! La ceinture de taille qui se pose sur les hanches est essentielle. Après 7 heures de marche, le dos, les épaules, le cou en auront bien assez. Les hanches supportent presque tout et on ne sent plus le poids du sac. Fait à noter : j’ai opté pour des petites poches devant, sur la courroie qui se serre aux hanches. Parfaites pour les collations, le petit appareil photo, la crème solaire (petit format!) ou le papier de toilette.

— Oubliez votre look tendance 2020 qui fera de vous une star d’Instagram. Privilégiez des vêtements qui se lavent et sèchent rapidement.

— N’oubliez pas votre papier de toilette! Des petits rouleaux compressés se vendent maintenant partout. Prenez-en à l’hôtel ou à votre première auberge à votre arrivée, au besoin…

— Du désinfectant à main! J’avais oublié d’en apporter lors de mon trek en Italie. Quand il faut faire ses petits besoins en nature, c’est franchement utile pour les mains. J’ai aussi reçu un excrément de pigeon sur la main en arrivant à Rome et je n’avais rien pour la laver… Merci à une généreuse voyageuse française mieux équipée que moi en matière de désinfectant!

— Que dire du fameux « Camelback » : ce sac à eau incorporé à plusieurs sacs à dos? Essentiel ou non ? La plupart des randonneurs en Sardaigne en portaient un et ils l’appréciaient (malgré qu’il faille le laver aux 4-5 jours, supposément). Mais une ou deux bouteilles dans les pochettes extérieures à votre sac à dos font aussi l’affaire. Comme « dans le temps »!

— Pour les pieds, pensez porter des bas qui montent aux chevilles bien sûr et… pas trop chauds. Cela vaut la peine d’acheter des bas spécialisés et plus chers selon le climat de votre destination, vous pourrez les porter plusieurs jours. Ils sèchent rapidement.

— Des « Gravol »! Les routes dans les montagnes italiennes, par exemple, sont en zigzag et j’ai eu quelques fois le teint blême… Celles au gingembre évitent de s’endormir. Ma super guide Christine en avait pour moi, heureusement!

— Côté vêtement, les organisateurs de votre randonnée vous expliqueront ce qu’il faut (c’est le cas pour Les Karavaniers et Terre d’Aventure). Je confirme qu’il faut vraiment éviter le coton qui garde l’humidité et en trek on transpire en 10 minutes, un peu comme en ski de fond (j’ai testé!). Sur le corps, choisissez le mérino ou le chandail synthétique. Ne pas oublier coupe vent, polar chaud, bandeau pour les oreilles : mère nature peut se réveiller soudainement en montagnes et le vent peut se lever d’un coup! Je ne connaissais pas les bienfaits d’une « doudoune » et maintenant, je ne saurais m’en passer. Bien écrasée au fond du sac, elle ne prend pas de place. J’en ai justement acheté une en vente dans une boutique de plein air avant l’Italie, en avril dernier.

— Les bâtons de marche : essentiels! Adolescente, je narguais les gens plus âgés qui partaient avec des bâtons de marche : quelle inutilité, me disais-je.  Aujourd’hui, je ne partirai jamais très loin (ni très haut) sans de bons bâtons de marche, rétractables en plus. Ils ont été d’un grand soutien, et pas besoin d’aller dans l’Himalaya pour les apprécier…

— Lors de mon trek au Groenland, où nous devions apporter matelas de sol, sac de couchage et manteaux divers, je n’ai pas apporté de chaussures ou sandales « de soir » puisque j’étais déjà trop chargée! Après plusieurs heures de marche toutefois, mon plus grand bonheur (avant de contempler le paysage), était d’enlever mes bottes rapidement. Même lors du pique-nic du midi, après seulement 4 heures de marche, j’ai eu besoin de faire reposer et aérer mes pieds. J’ai apporté cette fois-ci en Sardaigne des sandales très compactes toujours dans mon sac de jour. Meilleure idée à vie!

— Des bottes de marche qui soutiennent aussi les chevilles, que vous aurez « cassées » avant de partir. En Sardaigne, où j’étais en mai, j’ai utilisé pour la première fois les bottes KEEN et j’ai adoré. Elles sont légères et très souples dès le début (pas eu besoin de les « casser ») et franchement confortables. La prochaine fois, j’irai me procurer des bas de randonnées moins chauds… (sauf pour le Groenland). J’ai eu chaud en Italie et au Maroc!

— À noter : il faut bien attacher les lacets au haut du pied, double tour! Il est essentiel d’éviter les entorses. Pas pratiques en trek…

— Pratique d’avoir une petite trousse de premiers soins, mais je vous avoue que celle des guides est bien garnie et son contenu encore plus spécifique aux randonneurs. Soyez équipées au minimum, mais ils le sont aussi… N’oubliez pas le baume à lèvre : un indispensable!

Et vous, quels sont vos incontournables ? Bien hâte de vous lire!

Isabelle Marjorie

Groenland

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