Lettre à mes petits-enfants…

Bonjour Edmond, François-Levi et Laura,

En ce moment, vous êtes à la maison avec vos parents. Congé de garderie, congé de routine. Vous êtes souriants, heureux. Vous ne vous doutez pas à quel point nous vivons une période étrange. À quel point j’envie votre naïveté sur l’état du monde alors que la planète entière se bat contre un méchant virus.

Cette pandémie nous fait réaliser bien des choses. On réalise plus que jamais à quel point la vie sur terre est fragile. Il aura fallu ce minuscule virus pour faire réfléchir le monde entier et pour faire ressortir le meilleur de l’humain aussi. Comme si du jour au lendemain, on se tenait par la main, qu’on se serrait les coudes, quels que soient notre religion, notre pays, nos différences. Plus rien ne compte plus que de se tenir ensemble pour vaincre.

Je dois vous avouer qu’en ce moment, j’ai peur. Je ne vous le dis pas, mais j’ai peur de ne pas vous revoir avant des mois. Peur que vous tombiez malade loin de moi, que je ne puisse pas venir vous consoler. J’ai aussi peur de l’attraper ce virus! Oh oui… Peur de penser que je puisse être malade et mourir loin de vous, sans que vous puissiez me tenir la main. Oui, j’ai peur de mourir seule et loin des miens…

Chaque jour qui passe loin de vous me chagrine. Je regarde vos photos, je prie pour vous et j’attends. J’attends, et j’attends encore la fin du confinement. Je regarde le temps qui passe lentement, doucement, et j’ai hâte de vous retrouver.

Heureusement que vos parents m’appellent tous les jours! Au moins, on peut se voir à la caméra et jaser un peu. Vos parents me connaissent et savent très bien que je trouve la solitude un peu lourde, moi qui aime être entourée de ma famille et de mes amis. Alors pour un bref instant, vos petits visages illuminent ma journée! Voir vos sourires, surtout voir que vous êtes en santé me réconforte, me redonne le courage et la patience d’attendre… et d’attendre… Encore…!

Mais vous savez, dans tout ça, il y a du bon, du beau! Nous sommes témoins de l’amour qui grandit entre les gens, on voit de l’entraide, on voit des gens qui prennent soin des autres. On voit les professionnels de la santé faire des petits miracles chaque jour, on voit les caissiers et caissières à l’épicerie sourire malgré tout. Les gens esseulés sont subitement moins seuls, les gens âgés sont bien entourés. Il y a beaucoup de bonté et d’aide humanitaire. Malgré la peur qui nous habite, il y a un vent d’humanité qui souffle et qui se répand dans le monde, comme si un temps nouveau s’installait.

Mes chers amours, je voulais seulement vous raconter un peu ce moment, cette période étrange dans laquelle nous sommes plongés. Mamie aimerait vous dire de ne jamais cesser de croire en la bonté humaine! Le printemps est arrivé doucement en apportant une brise d’espérance et un soleil toujours aussi beau et chaud.

Partout dans le quartier, on voit des arcs-en-ciel dessinés par des enfants collés dans les fenêtres. Sous chacun d’eux on peut lire « Ça va bien aller ». C’est ce que je me répète jour après jour : ça va bien aller. Pour moi, pour vous, pour nous.

L’Homme est bon et courageux. L’humain en sortira grandi.

Dorénavant, nous connaîtrons la force de travailler ensemble et aussi, le bonheur de prendre soin les uns des autres.

Je vous aime mes trésors.

Mamie Lizette xx

4 commentaires
  1. J’ai lu cette lettre avec attention, car moi aussi je m’ennuie de ne pas voir mes petits-enfants que j’aiment plus que tout. Cette lettre a ete ecrite avec beaucoup d’amour et de Logique. Merci

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