L’incontinence urinaire… ça me concerne?

Chères Radieuses,

J’ai choisi d’aborder ce sujet parce que l’incontinence urinaire est excessivement fréquente et comme médecin de famille, je constate que c’est un sujet tabou pour la majorité de mes patients, hommes ou femmes.

Malheureusement, cette gêne d’aborder le sujet, même avec un médecin, réduit les possibilités de gérer ce petit problème. Cet article a donc pour but de démystifier les fuites urinaires, d’expliquer les différents types d’incontinence, les causes et les solutions possibles (parce que oui, il y en a!)

C’est quoi?

L’incontinence se définit comme une perte involontaire d’urine ayant un impact sur la qualité de vie d’une personne (il peut s’agir de quelques gouttes après des éternuements ou de fuites majeures lors d’envies pressantes.)

Au Canada, plus de 3,3 millions d’hommes et de femmes en sont touchés. Si ça vous arrive, cessez de croire immédiatement que vous êtes seules puisque 25 % des femmes de plus de 40 ans et près de la moitié des femmes après 60 ans en sont victimes.

Ce n’est pas une maladie!

Détrompez-vous si vous croyez que l’incontinence est une maladie, elle est plutôt un symptôme qui peut révéler un autre problème : une faiblesse des muscles du plancher pelvien (qui a le très grand rôle de supporter la vessie!) ou peut-être une hyperactivité de ladite vessie.

Il y a 5 grands types d’incontinence

L’incontinence à l’effort

Celle qui arrive lors de quinte de toux, d’éclats de rire, d’éternuements ou lors de quelconques efforts physiques. Comme les muscles de votre plancher pelvien et de l’urètre ne sont pas assez forts pour retenir l’urine, ces efforts provoquent alors de légères pertes. Ce type d’incontinence peut être causé par une ou plusieurs grossesses. L’accouchement est aussi un facteur de risque majeur, mais sachez que même les femmes ayant eu une césarienne en sont touchées.

L’incontinence d’urgence

Ce type est dû à une hyperactivité de la vessie ou un dérèglement des messages entre votre vessie et votre cerveau. Ça occasionne des pertes d’urine (en petite ou grande quantité) lorsqu’une envie soudaine et pressante d’uriner vous prend. Il vous arrive de ne pas arriver à temps aux toilettes.

L’incontinence mixte

L’incontinence mixte est une combinaison des deux types d’incontinence nommés précédemment.

L’incontinence par regorgement

Elle se décrit par un trop-plein de la vessie causée par son incapacité de se vider totalement. De fréquentes pertes d’urine arrivent alors que vous n’avez pas envie d’uriner.

L’incontinence neurogène

Ce type est souvent associé à un trouble neurologique comme la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson ou une blessure à la moelle épinière. Elle peut aussi être un effet secondaire lié à la prise de médicaments ou à une intervention chirurgicale.

Est-ce dû aux années qui passent?

Il serait faux de croire que l’incontinence est due uniquement au vieillissement. Toutefois, les changements hormonaux qui y sont associés y contribuent fortement. Eh oui, encore la ménopause! La diminution d’œstrogène chez la femme ménopausée réduit la production de collagène et la perte de l’élasticité amoindrit ainsi le soutien offert à la vessie.

De plus, l’action d’uriner nécessite une parfaite coordination entre les muscles sphinctériens et la vessie. Ce qui veut dire que cela nécessite un système nerveux intact du cerveau à la moelle épinière.

D’autres facteurs peuvent aussi être la cause de votre incontinence urinaire :

  • La consommation d’aliments et boissons irritants
  • L’obésité
  • La constipation chronique
  • Un cancer de la région pelvienne ou ses traitements
  • La toux chronique associée au tabagisme et aux maladies pulmonaires chroniques (MPOC)

Comme les causes peuvent être multiples, vous devez, chères Radieuses, consulter un médecin afin qu’il évalue convenablement votre type d’incontinence. Notre travail est de vous proposer un traitement approprié ou de vous référer à un autre professionnel de la santé spécialisé dans le domaine de l’incontinence (comme un urologue ou gynécologue).

Ça se traite?

Bien sûr! Il existe plusieurs traitements selon le type d’incontinence et leur taux de réussite varie en fonction de l’intensité du problème.

Par exemple, si on prend la faiblesse des muscles du plancher pelvien qui cause de légères fuites urinaires à l’effort. Vous pourriez facilement améliorer votre état par des exercices appropriés, une modification de vos habitudes de vie ou bien par une perte de poids.

La rééducation de la vessie, enseignée par différents professionnels spécialisés dans le domaine, peut aussi être une autre alternative possible.

Par exemple, sachez que les physiothérapeutes sont d’une aide précieuse dans le domaine de l’incontinence puisque certains ont une formation en rééducation périnéale et pelvienne. Ils sont donc en mesure de vous guider vers des exercices relativement simples qui peuvent réduire les risques de fuites urinaires, même les éliminer complètement!

En terminant, voici une liste de pistes de solutions possibles :

Exercices de Kegel  — Pratique quotidienne d’exercices visant à renforcer des muscles du plancher pelvien

Rééducation de la vessie — Entraînement à résister à l’envie d’uriner et à augmenter graduellement l’intervalle entre les pipis

Régime alimentaire — Élimination de certains aliments (solides et liquides), pouvant irriter la vessie par exemple la consommation excessive d’alcool, de café, de thé, de boisson gazeuse, de mets épicés, de chocolat, de fruits acides, produits à base de tomates…)

Médicaments — Certains médicaments peuvent calmer les spasmes vésicaux en bloquant les signaux nerveux. Renseignez-vous auprès de votre médecin!

Hormonothérapie substitutive — Prise d’œstrogènes par la voie orale, cutanée ou locale (vaginale) chez les femmes postménopausées.

Injections — Des injections de botox dans le muscle de la vessie afin de réduire la force de contraction et l’irritabilité de celle-ci. La procédure est effectuée sous anesthésie locale en passant par les voies urinaires (l’urètre) et l’effet dure environ 6 mois.

Laser gynécologique– Traitement qui utilise le dépôt de chaleur dans les tissus vaginaux afin d’augmenter le tonus du plancher qui soutient la vessie. Ainsi, le laser favorise la production de collagène et améliore l’élasticité des fibres existantes, permettant à la vessie d’être mieux supportée.

Chirurgie –  La procédure chirurgicale la plus courante chez la femme est le « repositionnement » de la vessie en retirant l’excédent de tissus vaginal qui n’offre plus le support nécessaire à la vessie. L’objectif étant de solidifier le plancher de la vessie en offrant un meilleur support. Une autre façon de créer un plancher plus solide est d’insérer une petite bande de tissus qui durcira avec la cicatrisation.

Bon mois de septembre les Radieuses et souvenez-vous, l’objectif principal reste et restera toujours d’améliorer votre qualité de vie! Il n’y a donc aucune gêne à y avoir!

Docteure Chantal Carrière

1 commentaire
  1. Bonjour, merci pour votre article très complet et intéressant !
    Pour information, il existe un nouvel appareil connecté (malheureusement non disponible encore au Canada 🙁 ), appelé DFree, qui alerte quand aller aux toilettes. Vous pouvez le tester pendant 2 semaines gratuitement pour voir s’il est adapté à votre situation.
    Sans résoudre le problème, il permet de vivre une vie normale lorsque soit l’information neurologique d’aller aux toilettes n’existe plus (suite à un cancer de la prostate, une hémiplégie suite à un AVC, de l’énurésie, de la paralysie), en cas d’incontinence d’urgenturie pour mieux comprendre votre vessie, ou bien si vous n’êtes pas suffisamment mobile pour vous rendre aux toilettes à temps après en avoir eu l’information neurologique.

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