Victime de sécheresse vaginale? La ménopause pourrait être en partie responsable! Julie Pelletier nous explique.

Sexologue clinicienne et psychothérapeute, notre collaboratrice reçoit depuis bon nombre d’années des personnes seules ou en couple aux prises avec des difficultés ou des questions d’ordre sexuel. Pour son premier article, Julie revient sur une question fréquemment posée dans son cabinet et qui est encore taboue : la sécheresse vaginale en lien avec la péri-ménopause et la ménopause.

 

Q. « Depuis ma ménopause, j’ai mal lors de rapports sexuels, ai-je un problème? »

Radieuses, vous devez savoir que l’arrivée de la ménopause provoque beaucoup de modifications corporelles. La sécheresse et l’atrophie vaginale en font partie et c’est ce qui peut parfois occasionner de l’inconfort – ou même de la douleur – lors de relations sexuelles.

Comme votre corps diminue considérablement la production d’oestrogène, de progestérone et d’androgène, la muqueuse vaginale a tendance à s’amincir, à s’assécher donc à être plus fragile, ce qui peut conduire à des rapports sexuels plus difficiles. Vu le branle-bas de combat hormonal qui se produit dans votre corps à ce moment, il est tout à fait envisageable que des répercussions sur votre désir se fassent également ressentir ! Le désir sexuel et la lubrification vaginale étant habituellement étroitement liés… résultats :  moins de libido, moins d’excitation alors moins de lubrification.  Un cercle vicieux s’engage et c’est pourquoi il est essentiel de prendre des moyens pour remédier à la situation.

 

La première étape consiste très certainement à accueillir la situation, telle qu’elle se présente et avec bienveillance. Car, avant de faire quoique ce soit, il est important que vous puissiez faire la paix avec cette étape de votre vie. La ménopause n’est pas une fatalité et ne signe absolument pas l’arrêt de mort de votre vie sexuelle ! Bien au contraire !

 

Ensuite, je suggère de faire un bilan de toutes les sphères de votre vie : professionnelle, personnelle, familiale, amicale, amoureuse et sociale. Prenez le temps de réfléchir à ce que vous vous étiez fixé comme but dans le passé et de voir où vous en êtes face à ces objectifs tant désirés. N’hésitez pas à identifier ce qui vous empêche d’avancer. Après avoir fait cet exercice, si vous en ressentez le besoin, vous pourrez faire du ménage afin de corriger ou de vous défaire de ce qui nuit à votre bonheur. La réponse sexuelle étant influencée en grande partie par l’état mental, vaut mieux s’occuper de la bonne santé de celui-ci avant de se tourner par réflexe vers un lubrifiant artificiel pour pallier à la sécheresse vaginale car, en général, si le moral n’est pas de la partie, il est fort à parier que rien ne va bien fonctionner !

 

La 3e étape, assez complexe, méritera toute votre attention : apprivoiser votre corps de femme. Oui, avec la ménopause on prend du poids (mais ce n’est pas une fatalité !). Oui, on arrive à une étape où notre peau change et où la texture de nos cheveux diffèrent (mais il existe toutes sortes de solutions pratiques pour y remédier). La cellulite gagne peut-être même du terrain… et j’en passe ! C’est difficile mais on a avantage, voire on DOIT faire la paix avec notre corps. Tâchons d’être indulgentes envers nous-mêmes et évitons de se fixer des objectifs hors d’atteintes ! Par exemple, si vous travaillez encore 60 heures par semaines, évitez de croire que vous serez en mesure d’aller au gym 5 fois par semaine. N’oublions pas : soyons réalistes et indulgentes, les Radieuses!

À 50 ans, donnons-nous le droit de nous mettre en priorité, de penser à nous et de s’occuper de nous. Ça ne veut pas dire de devenir égocentriques! Mais, au lieu de penser uniquement au partenaire, aux enfants ou aux amis, pensons à ce qui nous ferait plaisir à l’occasion. Êtes-vous d’accord avec moi, on dirait parfois qu’il est inscrit dans notre code génétique que l’on doive s’occuper de tout le monde, non ?

Maintenant, je vous implore : prenez le temps d’apprivoiser, d’aimer et d’accepter votre « nouveau » corps. Et vous savez quoi ? Un petit exercice bien simple, le temps supplémentaire que vous auriez mis pour astiquer la maison, eh bien,  utilisez-le pour vous mettre de la crème sur le corps à la sortie du bain, une ou deux fois par semaine.  Pour vous dorloter, pour vous permettre de réapprivoiser votre corps et la sensualité qui s’en dégage. Et là, je ne parle pas de sexualité mais de douceur, de bienveillance envers votre corps et ses multiples transformations ! Vous constaterez que prendre du temps pour vous ne contribuera pas uniquement à rendre votre peau soyeuse (!) cela vous donnera davantage d’estime, de confiance et de possibilités pour agir et prendre action sur votre vie.

 

4e étape. Tout dépendra du bilan que vous aurez fait aux étapes précédentes mais une chose est certaine, vous ne devriez pas avoir à souffrir de relations sexuelles douloureuses simplement parce que votre lubrification naturelle n’est pas suffisante. D’autres moyens existent pour rendre la pénétration agréable:

  • Prolongez les caresses préliminaires afin d’augmenter votre réactivité et votre désir ;
  • Osez avoir des fantasmes et des idées érotiques quotidiennement ;
  • Faites l’amour régulièrement, une telle fréquence facilitera la lubrification et l’élasticité vaginale ;
  • Entraînez les muscles de votre plancher pelvien (il existe des exerciseurs. Visitez le site de floravi) ;
  • Utilisez un lubrifiant artificiel au besoin, n’hésitez pas ! Optez pour des lubrifiants à base d’eau ou de silicone si vous n’êtes pas sujettes aux infections – vendus en pharmacies ou en boutiques érotiques.

Si vous le désirez, parlez-en à votre médecin, il pourra aussi vous prescrire l’hormonothérapie orale ou transdermique (qui agit au travers de la peau comme des timbres par exemple). Vous pourriez aussi  envisager des traitements intravaginaux. Cette pratique peut améliorer chez certaines femmes la circulation sanguine et rehausser du même coup la sensation et la lubrification. Bref, à vous de choisir ce qui vous convient le mieux en fonction de votre état de santé et selon vos préférences.

Vous pourriez aussi choisir de vivre une démarche en thérapie puisque si, au final, vous concluez que votre relation de couple bat de l’aile, que vous ne vous sentez pas en paix avec vous-même, il sera donc naturel que ces options ne soient pas les meilleures solutions possibles au manque de lubrification, à la perte de désir ou à la présence de douleurs. Qu’en pensez-vous?

 

Pour terminer, de grâce! Parlez-en avec votre conjoint. S’il y a déjà une bonne communication d’établie, ce sera bien plus facile de mentionner l’inconfort à votre partenaire. C’est important aussi qu’il comprenne que ce n’est pas nécessairement lié à une panne de désir envers lui. De plus, si votre conjoint a le même âge que vous, il se peut qu’il éprouve lui-même des difficultés comme des pannes érectiles, et ça non plus ce n’est pas automatiquement lié à un manque de désir. Prenez le temps d’en discuter, ça évitera que la situation devienne inutilement explosive. La sexualité, c’est complexe et c’est loin de n’être qu’une question de mécanique et de physiologie!

Sur ce, bon mois de l’amour, belles Radieuses!

Julie

Sources: masexualite.ca, Association des obstétriciens et gynécologues du Québec, Société des obstétriciens et gynécologues du Canada
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