Zona: Vaut mieux prévenir que guérir

Chères Radieuses, vous avez peut-être vu les publicités à la télé sur le nouveau vaccin préventif pour le zona. Ayant reçu plusieurs questions dans mon cabinet, j’ai décidé de vous informer sur le sujet.

Premièrement, le zona est une maladie causée par le virus HHV-3 (human herpesvirus 3) soit le même que celui de la varicelle. Si vous l’avez eu durant l’enfance,  ce virus dort donc dans vos neurones sensitifs (nerfs responsables de la sensibilité cutanée) pour le reste de votre vie. Malheureusement, lorsque le virus se réactive, il cause des éruptions cutanées douloureuses qui apparaissent en général sur le thorax, le dos, l’abdomen et parfois même les fesses ou le visage.

Le zona est une affection qui touche environ 130 000 canadiens à chaque année. Environ 30 % des Canadiens seront atteints de zona au cours de leur vie. Ce risque augmente avec l’âge et votre état de santé général. Il est estimé qu’environ 50% des personnes de 85 ans auront eu un épisode de zona durant leur vie. L’immunosuppression (un affaiblissement du système immunitaire) augmente ce risque de vingt à cent fois plus que dans la population générale du même âge. Dans 99% des cas, le zona ne survient qu’une seule fois, mais il se peut que les douleurs persistent même après la disparition des lésions cutanées. Ouch…

Les causes du zona

Cette infection peut survenir pendant une période où le système immunitaire est un peu moins efficace. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette diminution de l’immunité :

  • L’âge est le principal facteur de risque (la majorité des personnes atteintes ont entre 50 et 70 ans)
  • un système immunitaire fragilisé par une autre maladie (dépression, cancer, maladie chronique pulmonaire ou rénale)
  • la prise de médicaments qui diminuent le système immunitaire
  • l’infection par le VIH
  • la chimiothérapie

La plupart du temps, il nous est difficile de savoir précisément ce qui a déclenché la réactivation du virus mais certaines études ont associé l’apparition du zona à de très fortes expositions au soleil, en cas de stress chronique ou en cas d’exposition continue à certains produits chimiques. Une Radieuse avertie en vaut deux!

Est-ce contagieux?

Rassurez-vous, le zona ne se transmet pas comme le rhume ou la grippe! Toutefois, il se transmet par contact direct avec une personne atteinte qui présente des vésicules rompues laissant s’écouler un liquide très contagieux. C’est pourquoi on recommande de garder la région atteinte couverte d’un pansement sec afin d’éviter la propagation du virus.

Si une personne est en contact avec le fameux liquide, il faut éviter de toucher ses muqueuses (yeux, bouche ou une plaie) et BIEN SE LAVER LES MAINS… IMMÉDIATEMENT!

Sachez que le zona ne peut être déclenché par un contact avec la varicelle mais inversement,  une personne qui n’a jamais eu la varicelle et qui touche le liquide contenu à l’intérieur des vésicules du zona, est à haut risque de la contracter, la varicelle!

Petit rappel pour les femmes enceintes de votre entourage, l’infection pourrait être dangereuse pour le foetus. Il peut aussi être dangereux pour les bébés et pour les personnes ayant le système immunitaire affaibli.

Ses principaux symptômes

Cette maladie dure entre 2 et 4 semaines et cause beaucoup de douleur.

  • Généralement, elle débute par une sensation de picotements, de brûlure et une grande sensibilité sur une surface bien délimitée d’un seul côté du corps.
  • Puis, une rougeur fera son apparition sur la zone sensible.
  • Peu après, ce sont les fameuses vésicules rouges qui apparaissent. Ces éruptions  cutanées en grappes, caractéristiques du zona, apparaîtront sur la région de la peau où se cache le virus. Elles prendront de 7 à 10 jours pour sécher et former une croûte.

Des complications possibles…

  • Une douleur nerveuse persistante (plus de 4 mois après les vésicules) que l’on appelle « névralgie post-herpétique ou post-zostérienne »
  • Une infection des vésicules
  • Une atteinte de la vision (jusqu’à la cécité) si le zona est sur le visage (zona ophtalmique)
  • Une paralysie du visage
  • Une infection systémique telle qu’une méningite, encéphalite ou encore un AVC

La névralgie post-zostérienne survient chez environ 18% des personnes de plus de 50 ans et de plus de 33% chez les 79 ans et plus. Elle est souvent décrite comme une sensation de «choc électrique », d’hypersensibilité au froid, à la chaleur ou à tout vêtement touchant à la région ayant été affectée. Cette douleur peut durer des semaines, des mois, et dans certains cas, plus rares, toute la vie.

Le traitement du zona

La rapidité à laquelle vous consulterez un médecin est primordiale, aura un impact crucial sur l’évolution puisque pour que le traitement soit efficace, il doit être administré dans les premières 72 heures de la maladie. Ceci permettra d’obtenir les bénéfices associés au traitement soient de diminuer la durée et la sévérité des douleurs, d’accélérer la guérison des lésions cutanées, diminuer le risque de transmission et réduire le risque de névralgie post-zostérienne.

Le médecin pourrait prescrire :

  • Un médicament antiviral (acyclovir, famcyclovir ou valacyclovir)
  • Des analgésiques pour soulager les douleurs
  • De la cortisone, parfois efficace pour réduire la durée de la maladie
  • D’autres médicaments pourront être prescrits si le zona est suivi d’une névralgie persistante

Consultez votre pharmacien au sujet de l’utilisation de médicaments en vente libre tels que l’ibuprofène ou le naproxène pour soulager la douleur associée au zona. Si la douleur est très intense, le médecin peut prescrire d’autres types de médicaments plus puissants pour soulager la douleur. Votre médecin peut également vous conseiller un onguent de capsaïcine qui contribue à diminuer la douleur associée au zona.

De plus, plusieurs traitements naturels peuvent aider à diminuer l’inconfort dû aux démangeaisons : la lotion calamine, du gel d’aloès, une pâte à base d’eau et de sel d’Epsom, une infusion de feuilles de mélisse que l’on applique sur les plaies à l’aide de ouates, des compresses fraîches et humides, un bain dans une eau additionnée d’amidon de maïs ou de farine colloïdale d’avoine.

Prévention du zona

Comme pour un grand nombre de maladies, un mode de vie sain peut réduire les risques de contracter le zona (bonnes habitudes alimentaires, repos suffisant, exercice physique).

Il existe deux vaccins contre le zona. Le premier, offert depuis 2009, se nomme Zostavax II (un vaccin vivant atténué) et il est recommandé par le Comité d’immunisation du Québec (CIQ) pour les personnes de plus de 60 ans. Il est aussi recommandé aux plus de 50 ans  qui prennent une médication diminuant le système immunitaire ou en attente d’une greffe d’organe. L’efficacité est de 50 à 64% pour les personnes âgées entre 60 et 69 ans. Celle-ci diminue avec l’âge et le nombre d’années écoulées après la vaccination.

Le deuxième vaccin est nouvellement disponible depuis le début de l’année 2018. Shingrix est homologué au Canada pour la prévention du zona chez les adultes de 50 ans et plus. Il est le tout premier vaccin contre le zona à associer un antigène non vivant à un adjuvant spécialement conçu pour renforcer la réponse immunitaire.

L’efficacité est de 97% pour prévenir le zona et 89% pour prévenir la névralgie. Ce nouveau vaccin doit être administré par voie intramusculaire, en deux doses de deux à six mois d’intervalle. La protection offerte serait maintenue pendant au moins quatre ans.

Les effets secondaires possibles des vaccins sont, en général, une réaction localisée. Par conséquent, une rougeur, chaleur et/ou enflure au site d’injection. Les réactions bénignes au vaccin seraient plus fréquentes avec le Shingrix que le Zostavax. De plus, des réactions semblables à un état grippal seraient observées dans moins de 50% des gens vaccinés avec Shingrix. Les symptômes seraient de courte durée (1-2 jours) et plus fréquent chez les personnes plus âgées et à la deuxième dose du vaccin. Les deux vaccins sont sécuritaires.

Shingrix devrait être offert dans les cabinets de médecins et les pharmacies depuis janvier 2018. Informez-vous auprès de votre clinique ou pharmacie.

On peut administrer le vaccin après une crise de zona pour aider à prévenir la névralgie post-zostérienne, mais le CIQ conseille d’attendre au moins 6 mois. Vous pouvez vous faire vacciner même si vous n’êtes plus certaine d’avoir eu la varicelle!

Sur ce, faites attention à vous les Radieuses!

Docteure Carrière

Sources
Food and Drug Administration (FDA). Vaccine Approved for Shingles in Older People. Sept-Oct-2006. [Consulté le 14 décembre 2008].
www.UpToDate.com
www.lemedecinduquebec.org
Portail santé mieux-être
2 commentaires
  1. Article très rassurant car on entend et lit toutes sortes d’information sur ce sujet. Personnellement ça va m’aider à prendre une décision à savoir si je vais me faire vacciner. Merci pour ces informations.

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