Coudonc, je m’aime-tu ?

L’amour, c’est comme le vent, on le voit pas, on le sent. C’est un message que j’ai reçu de ma fille Nadine dans une carte de la St-Valentin, elle avait environ 7 ans.

En effet, l’amour prend plusieurs formes, mais lorsqu’on est aimé, on le sent. Les mots d’amour deviennent alors bien secondaires.

Après la santé, l’amour demeure ce qu’il y a de plus précieux dans la vie. Rien de plus exaltant que de tomber en amour. Rien de plus profond que l’amour que l’on éprouve pour nos enfants.

Moi, j’ai été choyée, j’ai été et je suis encore aimée. Mais, on sait que pour bien aimer les autres, il faut s’aimer soi-même. Hum… Est-ce que je m’aime ? Oui mais… pas toujours. Je ne m’aime pas de cet amour inconditionnel comme celui que l’on a par exemple, pour nos enfants. Mon amour pour moi-même est plus nuancé.

J’étais une petite fille plutôt mignonne. On me disait souvent que j’étais jolie. Ma mère répliquait toujours : « Est pas belle, est propre. » Je ne comprends pas à ce jour ce que ça voulait dire. Bon, ok je ne suis pas belle, je suis propre. Vous me direz que l’apparence n’a rien à voir dans tout cela. Et bien, je pense qu’au contraire, avant que l’on puisse reconnaître nos forces et nos compétences, beaucoup de choses reposent sur notre apparence. Les belles personnes sont plus aimées, études à l’appui.

Devenue adulte, il m’a été et il m’est encore très difficile de reconnaître mes forces, mes qualités, mes habiletés. Lorsque quelqu’un me fait un compliment, j’ai beaucoup de difficulté à le croire. À presque 60 ans, j’y travaille encore.

Mais, à bien y penser, s’il y a des gens qui m’aiment, c’est que je suis aimable. En effet, je suis aimable. J’aime foncièrement les gens et c’est sincère. J’aime aider. J’aime être vraie. Je n’aime pas les conflits. Je n’aime pas en vouloir aux autres. Je suis une bonne personne. Mais s’aimer vraiment, c’est se pardonner, ne pas toujours se critiquer, se regarder dans un miroir et se trouver belle parfois.  Je ne sais pas pour vous, mais moi j’ai toujours peur de paraître prétentieuse. Ma mère très catholique nous disait de ne jamais être prétentieuse. Comment aurais-je pu ? En fait, qui a le droit d’être prétentieux ? Mais reconnaître ses succès, ses aptitudes, ses qualités, n’est-ce pas cela s’aimer ? N’allez pas croire que tout est de la faute ma mère, elle faisait de son mieux.

Pour vous dire la vérité, il m’est arrivé secrètement, plus jeune et encore aujourd’hui, d’avoir parfois comme un sentiment de fierté. Oui, oui, ouch… Juste l’écrire me gêne. Il m’arrive aussi de me trouver bonne, cute même, mais une petite voix en dedans me ramène à l’ordre : « Allons Christine, pour qui tu te prends ? »  Bien, je me prends pour Christine Fauteux, autodidacte, secrétaire devenue recherchiste et productrice. J’ai élevé trois filles tout en travaillant à temps complet. Rien de si exceptionnel, me direz-vous avec raison. J’ai vécu une vie menée par la volonté, le courage, le désir de réussir. Pour tout cela, je m’aime, pas inconditionnellement encore, mais j’y travaille.

Je pourrais, bien sûr, vous parler de mes échecs, des peines que j’ai pu causer, etc. Mais, je m’en tiens aujourd’hui à des choses plus positives.

Alors à mon conjoint et à toute ma belle gang, petits et grands, ma famille, mes amis, je vous aime. Merci de m’aimer comme je suis. À vous tous, laissez-vous aimer et surtout aimez-vous, vous en valez la peine. En plus n’oubliez pas, quand on aime, on a toujours 20 ans…

6 commentaires
  1. J’adore les textes de Christine Fauteux. Bien sûr, vous me direz…….c’est ta sœur! Oui, vous avez un peu raison et non, car je peux départager les liens familiaux qui nous unissent et la lectrice! C’est tellement le lot quotidien des femmes « s’aimer soi-même ». Merci de nous décrire, pour la majorité d’entre nous et de nous ouvrir les yeux. Ce que je ne dis pas souvent « Je t’aime, ma petite sœur » et merci d’ensoleiller nos vies!

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