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Grosse, moi?

Qui d’entre nous ne s’est pas trouvé, un certain matin, mal dans sa peau? J’ai beaucoup d’amies qui partageaient, lors de nos soupers de filles, qu’elles étaient sur des diètes particulières. Je dis particulières pour ne pas dire complètement folles, car, pour moi, une diète aux bananes, à la soupe au chou ou une diète aux pommes pour se détoxifier et pour nettoyer leur système digestif ne me semble pas super équilibré… Je ne suis pas médecin ni nutritionniste, j’en conviens, mais il me semble que ce n’est pas vraiment la chose idéale à faire pour perdre du poids. Ce qui me sautait aux yeux aussi, c’était que mes amies en question étaient toutes de tailles et de poids différents. Même celle dont tout le monde enviait la silhouette!

Vous avez sûrement entendu le mot grossophobie récemment. Sinon, sachez que la grossophobie est l’ensemble des attitudes et des comportements hostiles envers les personnes ayant un surpoids. Personnellement, je vous avoue l’avoir vécue plus souvent qu’à mon tour, car dès ma naissance j’ai été un beau bébé bien dodu.

Ma jeunesse s’est passée sous une tonne de quolibets. À l’école primaire, les grands de 7e année venaient me sortir de la patinoire, soi-disant que je brisais la glace! On me poussait dans les corridors, et moi qui n’avais que 6 ou 7 ans, je ne comprenais absolument rien à tout ça. Honnêtement, je ne voyais pas ma différence, je me trouvais identique aux autres. Tellement que, lorsqu’on me demandait ce que je voulais faire plus tard comme emploi, je répondais candidement que je voulais être une hôtesse de l’air… Imaginez à quel point ma réponse faisait rire mon entourage. On disait que le pilote m’interdirait d’aller dans le cockpit pour éviter l’écrasement! Vous avez le droit de rire, même moi j’en ris aujourd’hui. Ça ne veut pas dire qu’à ce moment-là, ça ne m’attristait pas.

Heureusement, lorsque je confiais ma peine à ma mère, elle me répondait: «C’est vrai, Lizette, tu es un peu grassette, mais tu es tellement gentille et intelligente que tu vas réussir ta vie aussi bien qu’eux et peut-être même plus! Alors, laisse le temps passer et tu verras bien que tu es une fille extraordinaire!»

Et c’est ce que j’ai fait, j’ai laissé filer le temps, et c’est vrai que j’ai bien réussi ma vie! J’ai eu un mari aimant qui m’a donné deux beaux enfants qui font ma fierté aujourd’hui, et j’ai maintenant 4 merveilleux petits-enfants qui sont les étoiles de ma vie.

Si je vous raconte tout ça, c’est parce que toute ma vie a été marquée par ces mots assassins qui font mal au plus profond de soi. C’est sans aucun doute pour cela que dans la famille, le respect était primordial. Le respect de soi, et des autres, surtout des différences. Nous avions un couple d’amis qui avait une fille lourdement handicapée et de les voir s’amuser ensemble, voir mes enfants tenter de la faire rire avec leurs mimiques, c’était signe que ma mission était accomplie. Jamais ils ne parlaient des différences de leurs amis à l’école, de l’habillement d’un ou de la maison de l’autre. Le respect des différences était établi dans ma maison.

Aujourd’hui, je vois que rien n’a changé et je me demande pourquoi les différences font tellement réagir les gens? Que ce soit un handicapé ou bien un obèse, ces gens souffrent déjà dans leur corps, alors pourquoi ne pas les aider au lieu de les esseuler? Le mot grossophobie est désormais mieux connu, et c’est bien ainsi. Comme le phénomène est de plus en plus médiatisé, ça permet d’ouvrir la discussion en famille, entre collègues et entre amis. Mais est-ce qu’on verra bientôt une différence socialement?

Les réactions et commentaires des autres font tellement mal. Toute ma vie, j’ai tenté de reconstruire ma confiance en moi. Heureusement, j’ai toujours été entourée de gens qui ont cru en moi et qui m’ont sans cesse poussé à aller plus haut et plus loin.

J’ai trop souvent dû en faire plus que les autres, voire me surpasser pour prouver que je valais autant que les autres, que j’avais les mêmes aptitudes ou les mêmes compétences malgré mon surplus de poids. Et pourtant…

J’ai toujours su garder intact mon sens de l’humour qui est un peu ma carte de visite! Et vous savez quoi les Radieuses, plus je vieillis, plus je me trouve belle! Je pense qu’il faut croire en l’adage qui dit que c’est lorsqu’on s’accepte tels que nous sommes que nous devenons magnifiques.

Alors, à toutes les femmes qui se sentent différentes, inadéquates, qui ne cadrent peut-être pas dans les sacrés standards de la société, j’ai envie de vous dire que vous êtes magnifiques telles que vous êtes! Croyons en nous, faisons-nous confiance et surtout, focalisons sur soi, sur nos qualités et nos bons côtés,

Bonne fin de novembre,

Lizette

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