Julie Pelletier clôt un chapitre de sa vie…

Après vingt-quatre années de carrière, c’est le 16 octobre dernier que j’ai clos ce chapitre de ma vie. Vingt-quatre années à avoir eu cet incommensurable privilège d’accompagner les gens dans un périple important de leur vie, celui d’une démarche thérapeutique. Affronter des peurs demande force et courage, mais aussi beaucoup de détermination. C’est probablement cette énergie de lutte et de dépassement de soi, qui conduit souvent vers la résilience, qui va me manquer le plus. Quels privilèges! Ô combien je me sens touchée d’avoir connu tant de pierres précieuses. Je me souviens du jour où j’ai fait mes premières armes en sexologie, c’était lors de mon stage à l’unité des dysfonctions sexuelles de l’Hôpital Saint-Luc. Un vendredi je terminais à l’hôpital et le lundi suivant, j’ouvrais mon bureau de consultation. J’étais gutsy! Si déterminée à me tailler une place et à vivre de ma passion, celle d’aider les gens.

Je dois avouer que la fermeture de mon bureau de consultation m’a amené à vivre toutes sortes d’émotions! La décision était la mienne, donc je quitte en étant tout à fait sereine, mais tout de même, c’était déchirant. J’ai occupé le même bureau durant toutes ces années – eh oui, le même (seuls le mobilier et la peinture ont changé), donc cet endroit était devenu un coin sécurisant, un espace phare pour les gens que j’accompagnais. On s’y sentait bien, malgré la détresse ou la douleur éprouvée.

Afin que tout se déroule comme je le souhaitais, c’est-à-dire d’une manière sécurisante et bienveillante, j’ai commencé à annoncer ma retraite de thérapeute, il y a deux ans environ. Deux années pour préparer mes gens à quitter le nid, à prendre leur envol. Et nous y sommes arrivés, bravo! J’ai la ferme conviction que pour clore des chapitres de nos vies, il est essentiel que les choses se déroulent doucement, harmonieusement. Mais de toute évidence, il arrive trop souvent que cela ne se produise pas de cette manière. C’est pourquoi je ressens autant de gratitude puisque j’ai pu me retirer en ayant autant de respect envers toutes ces personnes qui m’ont choyée de leur confiance, qu’envers moi-même.

Maintenant, j’occupe un poste en prévention et promotion de la santé. L’éducation à la sexualité est un travail qui me tient à cœur et c’est avec joie que j’y consacrerai une bonne partie de mon temps. Mais savez-vous quoi? Je rêve également d’écrire et de produire du matériel éducatif. J’aimerais aussi ouvrir une librairie. Je souhaiterais peindre et faire de la décoration intérieure. Comme j’adore voyager et découvrir plein de choses, ce n’est pas impossible que cela prenne davantage de place dans ma vie également. C’est magnifique de clore des chapitres, cela nous inspire à en ouvrir d’autres… qu’en dites-vous? Et si nous sortions nos crayons pour dessiner la suite…

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