Marie-Claude Barrette, une Radieuse inspirante et impliquée!

D’entrée de jeu, Marie-Claude Barrette me parle d’une cause qui lui tient à cœur : On jase-tu ?, une initiative du Bel Âge dont l’objectif est de sortir les aînés de l’isolement. Ainsi se tiendra un grand rassemblement le samedi 4 mai à la Grande-Place du Complexe Desjardins à Montréal. Plusieurs autres activités se tiendront partout au Québec.

Marie-Claude Barrette y sera pour prendre un café et jaser. Une initiative nécessaire pour créer une occasion de rencontres intergénérationnelles.

Lorsqu’elle était jeune, elle a travaillé comme fille de table dans un centre pour personnes âgées; elle y a vu beaucoup de solitude. « Plusieurs fois j’ai vu des gens réserver une table pour la visite de leurs enfants, et très souvent les enfants ne venaient pas. Les voir retourner dans leur appartement pour aller manger seuls me crevait le cœur. Très souvent, ils se préparent toute la semaine pour la visite qu’ils auront la fin de semaine. Ils ont les yeux brillants à cette idée et parfois c’est la déception. Alors, je crois sincèrement qu’il faut travailler pour améliorer la situation des aînés et leur donner de l’espoir. Ça prend de petits gestes et c’est à nous d’y voir un petit geste à la fois. C’est notre responsabilité à nous aussi; on ne peut pas laisser ça à l’état seulement. Ça touche une corde sensible parce qu’on se sent un peu coupable de ne pas donner signe de vie. Nos vies sont bien remplies, mais il faut s’arrêter et mettre ça à notre agenda. Ça se fait et ça améliore la qualité de vie d’une autre personne. »

Une jeune cinquantenaire enjouée

Marie-Claude Barrette vient tout juste d’avoir cinquante ans. Sa réflexion autour de la cinquantaine a commencé dès qu’elle a eu 49 ans; elle entrait dans sa cinquantième année et y réfléchissait. Pour ses cinquante ans, elle souhaitait faire le chemin de Compostelle, mais finalement ce ne sera pas possible cette année. Déjà à 35 ans, elle se disait : « À 50 ans je ferai Compostelle, ce sera l’heure du bilan. Il y a quelque chose d’extraordinaire dans cette étape. »

Mère… sans culpabilité

Les enfants ont entre 16 et 22 ans et sont très autonomes. « Je peux partir plusieurs jours et ils vont se débrouiller. C’est une famille tissée serrée et surtout très autonome. Je les ai élevés comme ça en leur disant : arrêtez d’attendre que les autres fassent quelque chose à votre place, faites vos affaires. Moi, quand je veux quelque chose, je vais au front et je le demande. Je ne suis pas en attente dans la vie. »

Elle n’a aucune culpabilité en tant que mère; elle a donné et donne tout ce qu’elle peut avec ses défauts et ses qualités, et elle se sent bien. « Ils ont eu beaucoup besoin de moi lorsqu’ils étaient petits et j’ai fait mes choix personnels et professionnels en fonction d’eux. Maintenant, je peux faire des choix en fonction de moi, je me réapproprie mon agenda. C’est à la fois exigeant et vertigineux. »

En avant la cinquantaine…

« Il y a encore beaucoup de possibilités. Il y en a qui a cinquante ans pensent à leur pré-retraite; pour moi c’est comme si ça recommençait et j’ai envie de faire ce que j’aime avec des gens que j’aime. Ce qui a changé dans ma vie, c’est que maintenant, j’ai une capacité de refuser ce que je ne veux pas faire. Je peux faire des choix de vie, j’ai plus de temps pour redonner à la société.

J’ai fait ce constat il y a deux ans. Je trouvais que je recevais beaucoup plus que je donnais. Les choses ont changé; j’épouse plusieurs causes et ça rééquilibre ma vie. L’implication sociale, c’est fondamental et je fais des choix professionnels qui me parlent. »

Pour Marie-Claude Barette, la cinquantaine, c’est reprendre sa liberté. Mais il faut savoir quoi en faire. Le temps est tellement précieux qu’il mérite qu’on y réfléchisse.

Du temps pour soi…

C’est bien beau du temps pour soi, mais qu’est-ce que c’est exactement?

« Pour moi, ce n’est pas m’asseoir sur mon divan et me reposer. Qu’est-ce qui me grandit, qu’est-ce qui m’amène à être plus épanouie? Je suis beaucoup plus radieuse; je suis dans le bien-être, pas dans le sens de la psychopop; il faut que je le ressente. »

La femme disciplinée

Marie-Claude Barrette anime une émission quotidienne, une tâche colossale. Comment y arrive-t-elle? Elle se dit très disciplinée : « j’ai une case pour tout. » Elle doit lire des dossiers de recherche, des livres, etc. Alors, chaque dimanche, elle regarde son agenda et place à des moments précis ce qu’elle doit faire et elle le respecte. C’est très libérateur pour elle.

Elle met même à l’agenda les lunchs avec ses amies même si elle sait que ce sera dans un mois. « J’anticipe alors cette rencontre et ça me rend heureuse. » Pas question de négliger ses amies; elle aime sortir; elle va au restaurant, au karaoké; elle s’amuse beaucoup dans la vie.

Elle a un peu de difficulté avec les gens qui disent : je sortirai pas je vais être trop fatigué demain. « Moi, même si je sais que je vais être fatiguée, c’est pas grave. Le bon moment que je vais passer va compenser. »

Deux filles le matin depuis 11 ans

Marie-Claude Barrette va entreprendre sa onzième année au sein de l’équipe de Deux filles le matin, émission qui en sera à sa vingtième année.

Chaque personne qui l’a animée y a mis sa couleur. Marie-Claude s’intéresse beaucoup aux enjeux de société. Ça lui donne de l’énergie; elle apprend; elle se questionne. « J’en connais plus sur l’humain. » Elle reçoit des spécialistes, des invités qui ont toutes sortes de vécus. « Je ne peux que grandir en côtoyant ces gens. Les invités sont généreux, ils sont là pour témoigner de quelque chose qu’ils ont vécu et qu’ils ont réglé. Ça donne de l’espoir. »

L’émission se renouvèle au fil des ans. L’année dernière, Marie-Claude s’est parfois déplacée pour aller à la rencontre de ses invités. Ils ont aussi accordé occasionnellement deux émissions à un sujet de société qu’elle voulait traiter plus en profondeur.

Les décisions se prennent en équipe. « Quand ça fait une heure qu’on parle d’un sujet, il est évident qu’il va toucher une grande partie de nos téléspectateurs. »

Une décision bien murie

Même si le succès de l’émission va en grandissant, Marie-Claude se questionne chaque automne sur son retour. Il y a le Salon du livre et plein d’activités. Mais lorsqu’elle va voir les commentaires des téléspectateurs, elle constate que Deux filles le matin fait du bien, donne de l’espoir. Elle se dit alors qu’elle est privilégiée d’être à la barre d’une émission qui peut avoir un impact sur la vie des gens.

« Si je ressens une petite fatigue, je me dis, je vais dormir quelques jours et ça va se replacer. » À la blague, elle dit aux gens autour d’elle : « Je rentre dans mon “burn-out” de quelques jours et ça ira mieux après. » Et elle replonge dans l’animation de Deux filles.

Des projets stimulants…

Marie-Claude Barrette ne chômera pas cet automne. Elle reprendra pour une deuxième saison les tournages de la série documentaire Où es-tu? qui traite de cas de disparition non résolus. Lorsqu’elle travaille sur cette série, elle se sent complètement sur son X comme on dit. « J’aime faire des entrevues à Deux filles le matin, mais c’est différent; j’anime, je pose des questions, mais ce n’est pas en tête à tête. »

Dans Où es tu?, elle va à la rencontre des gens. Elle arrive à l’avance sur les lieux de tournage pour créer une relation avec son invité. « J’ai besoin d’entrer dans l’énergie des gens; c’est fondamental quand je fais une entrevue. J’arrive dans leur maison, on aborde un sujet très sensible, donc je me dois de bien les encadrer. Je reste après l’enregistrement pour qu’ils puissent en reparler avec moi. Je ne peux pas partir comme ça après avoir rouvert une plaie si terrible. »

Un grand privilège pour elle; des rencontres mémorables qu’elle apprécie grandement.

« Je fais de la télé utile qui amène ailleurs. » Les gens qu’elle rencontre ont besoin de parler de leur drame. Parfois, ça fait dix ans que l’enfant a disparu et ils ne savent plus trop à qui en parler.

Une femme au grand cœur

Marie-Claude Barrette est vraiment une femme de cœur. En plus de ses nombreuses occupations, de sa contribution à la journée On jase-tu ?, elle s’implique auprès des Auberges du cœur, un organisme qui vient en aide aux jeunes entre 12 et 30 ans. « Tout comme c’est le cas des personnes âgées, on ne s’occupe pas beaucoup des adolescents; même dans notre manière de leur parler. On les juge. En tant qu’ados, ils testent, c’est normal. Ils se cherchent, ils sont différents, il faut s’en occuper. »

Des choses à dire… et à écrire

Il est évident que Marie-Claude Barrette est une femme aux multiples talents. Elle aime aussi écrire. Elle a d’ailleurs publié en 2014 La Couveuse. Elle ne dit pas non à l’écriture, bien au contraire. Elle rentre d’un voyage en Martinique où elle est partie seule durant trois semaines avec son portable et elle a commencé à écrire.

Elle qui adore voyager a suivi l’exemple de sa fille qui était partie seule aux Iles Canari. Elle s’est dit : « Ma fille l’a fait, pourquoi pas moi? »

Et ce fut fantastique. En plus de renouer avec l’écriture, elle a fait des rencontres extraordinaires. Elle s’est liée d’amitié avec des gens du village. Ils ont jasé des heures, sans se soucier du temps qui passe. Un vrai cadeau.

En attendant de lire Marie-Claude Barrette, vous pourrez la rencontrer le 4 mai au Complexe Desjardins et l’écouter à Deux filles le matin à l’automne et, un peu plus tard, dans la série documentaire Où es-tu ?.

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