Nostalgie

Janvier marque un début d’année pour tous, mais un double début pour celles, qui comme moi, fêtent leur anniversaire durant ce mois. Depuis mes 40 ans, j’ai remarqué une certaine baisse d’énergie mentale lorsqu’approche la journée de mon changement d’âge. J’ai la fâcheuse tendance à faire des bilans, ce qui me donne malheureusement trop souvent depuis une quinzaine d’années une crise de nostalgie.

C’est en voulant écrire sur cette nostalgie que je me suis mise à chercher la définition exacte de ce mot.

La nostalgie est un état de tristesse causé par le désir de revivre un souvenir passé — Antidote.

Regret attendri ou désir vague accompagné de mélancolie — Larousse

On dit aussi que c’est un sentiment de regret des temps passés auxquels on associe des sensations agréables.

Voilà! Je réalise que c’est quand je ne suis pas satisfaite d’une période de ma vie que je me réfugie dans une « sensation agréable » du passé. Mais n’est-ce donc pas bon signe d’être nostalgique? Ça veut au moins dire qu’on a vécu de très beaux moments!

Selon le contexte, j’éprouve de la nostalgie qui réfère à différentes étapes de mon existence :

Enfance

Quand ma mère nous bordait ma petite sœur et moi en faisait de nous une momie avec nos couvertures;

Sa soupe au poulet qu’on mangeait tous les samedis en écoutant Bagatelle;

Jouer à inventer des histoires avec les personnages découpés dans le catalogue Sears.

Adolescence

Mes promenades en mini-trial au chalet;

Le necking en cachette;

Mon voyage d’échange à Vancouver;

Jouer de la guitare et chanter tous les jours et faire partie du band de l’école.

Jeune adulte

AAAAH, cette période, la plus populaire de ma nostalgie.

Aller danser du mardi au samedi et retourner à mes cours à l’université le lendemain, fraîche comme une rose;

Habiter une tour du centre-ville avec un stationnement sous-terrain sans aucune autre responsabilité que mon bien-être;

Avoir envie de baiser, et ce, plus qu’une fois par jour;

Voyager léger.

Jeune maman

Chanter des berceuses à mon plus jeune qui prenait des lunes à s’endormir;

Les vacances en famille.

Maman d’ado

Assister à leurs tournois de sport, leurs performances artistiques, être fière.

Mais en y réfléchissant bien, un peu comme l’expression : l’herbe est plus verte chez le voisin, je crois que nos souvenirs qui provoquent une certaine nostalgie sont biaisés. Si on pouvait revoir le film de toutes ces étapes, on se rendrait compte qu’il n’y avait pas que des côtés positifs.

Arrêtez-vous deux minutes. Fermez les yeux et pensez à chacune des périodes de votre vie en y associant un souvenir qui vous fait du bien. Ouvrez les yeux et replongez-vous maintenant dans le quotidien de cette époque. La réalité peut nous frapper.

Bref, la morale de cette histoire : la vie est une usine à fabrication de souvenirs. Il est de notre responsabilité de s’en créer de bons. Parce que, parfois, les mauvais se pointent sans qu’on les ait provoqués.

Je travaille présentement (et ça me demande un peu plus d’efforts) pour que dans 10-15 ou 20 ans, je ne reste pas juste accrochée à de bons souvenirs de jeunesse, mais bien à du fichu de bon temps que j’aurai passé durant ma cinquantaine!

Je vous laisse sur des paroles de Danielle Thomson, une chanson interprétée par Diane Dufresne et plus récemment, Pierre Lapointe :

Un souvenir heureux est plus vrai bien souvent que le bonheur… et, je me souhaite un bel anniversaire!

1 commentaire
  1. Bonjour Madame Pagé,

    je vous ai vu aujourd’hui au canal communautaire. Je suis tout à fait d’accord avec vous, la cinquantaine et aussi la soixantaine et plus, c’est se bâtir une vie à notre goût et comme il n’y a pas de guide pour vieillir et que les générations précédentes aux nôtres ont vécu notre âge différemment, nous nous devons d’inventer comment nous voulons vieillir. C’est tout un défi, mais c’est aussi l’héritage qu’on peut laisser à nos enfants. Merci de votre présence dans ce magazine.

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