S’offrir la bienveillance en cadeau!

Prendre soin de soi; on nous le chante dans toutes les tonalités que ce soit dans les publicités, les magazines ou les émissions de santé. On nous invite à bien nous nourrir, à réserver à l’horaire une lecture zen, à prendre le temps pour un facial ou un massage… Nous le savons très bien que prendre soin de soi est primordial. Se traiter avec bienveillance et indulgence c’est noble et bien penser.  

Le savoir est une chose, le faire en toute conscience est une tout autre chose!

Derrière cette cadence imposée par notre société, les obligations et le quotidien, l’oubli de soi nous guette au détour. La malveillance envers soi-même se faufile aisément dans nos vies animées et parfois sans que nous nous en rendions compte. La malveillance est insidieuse et hypocrite qu’on se le dise! C’est pourquoi il faut être vigilante et rester à l’affût.

Combien de fois nous mentons-nous à nous-mêmes? Nous mettons le voile sur nos défauts, nous dissimulons nos côtés plus sombres et nous gardons fermé notre coffre émotionnel pour cacher notre vraie identité. Nous défilons avec nos masques parce que nous sommes tous entraînés à nous laisser voir sous notre meilleur jour. Une tâche exigeante qui est non seulement contre-productive, mais très coûteuse. C’est le chemin le plus sûr vers une forme de souffrance, d’isolement et une vague impression de ne jamais être comprise.  

Me pardonneras-tu?

J’ai décidé de m’adresser à moi-même comme je le ferais avec ma meilleure amie. Je choisis de m’écrire cette lettre. 

Chère moi que j’ai mise de côté. Celle dont je n’ai pas pris soin. Celle que j’ai oubliée et négligée par moment… Me pardonneras-tu?

J’ai tellement voulu te changer. Changer ton caractère, ta personnalité, tes failles. Je te souhaitais tellement à l’opposé de ce que tu es. Tout sauf être toi! Mais quelle méchanceté! Chaque écueil, chaque fois que je décelais une facette de ta personnalité qui me déplaisait ou me dérangeait, j’usais d’astuces pour te trouver une façon de planifier la métamorphose. Avec la quantité de livres de psychologie qui meublent ta bibliothèque, les trucs abondaient. Changer, te changer c’était aussi ne pas t’aimer, le sais-tu? C’est triste! OUF! Me pardonneras-tu d’avoir si intensément voulu te changer?

Me pardonneras-tu? Je ne connaissais pas tes besoins, j’ignorais tes talents, tes désirs, tes rêves. Je ne t’ai ouvert la porte des passions que récemment. Je t’ai ignorée pendant tant d’années. Tu te souviens qu’à une certaine époque tu « croyais » être passionnée notamment par la psychologie. Ta passion se traduisait par les études en psychologie, le travail en psychologie, et tes élans de lecture côtoyaient encore la psycho. TROP c’est TROP! Je t’ai menti… ce n’était pas une passion. Tout au plus un fort intérêt pour l’humain dans toutes ses dimensions tant spirituelle, personnelle que professionnelle.

On se dit souvent des choses à soi-même qu’on ne dirait jamais à une personne devant soi… Me pardonneras-tu d’avoir exigé de toi la perfection, de t’obliger à afficher une image sans faille. Je t’ai critiquée vertement à maintes reprises quand tu n’affichais pas une note parfaite. Je te comparais sans cesse aux autres parce qu’à mes yeux, tu devais travailler très fort pour être à la hauteur. Quand j’étais déçue de toi, je ne ménageais pas mes mots. Pour la délicatesse… on repassera! Pourtant je n’avais qu’à te serrer contre mon cœur, c’est tout ce dont tu avais besoin. Au lieu de cela, je créais un fossé entre nous. Quel dommage! Me pardonneras-tu de ne pas avoir reconnu tes valeurs profondément humaines? 

Me pardonneras-tu d’avoir laissé ton corps s’épuiser, le laissant sans ressources? Ton corps l’ayant usé, l’ayant laissé pour compte, ne pas l’avoir écouté et avoir nié les messages pourtant clairs, je m’en veux sincèrement. Je n’avais pas saisi que nous faisions équipe toi et moi. Nous gagnerons ensemble et nous perdrons ensemble. Aucune division n’existe entre nous! Je n’avais malheureusement pas encore cette conscience.  

Me pardonneras-tu d’avoir privilégié le regard d’autrui? La reconnaissance venant d’ailleurs peut être un élixir puissant toutefois c’est une arme à double tranchant parce qu’ainsi tu n’es plus maître à bord de ta barque. En agissant ainsi tu laisses le gouvernail aux autres… Je te jure qu’ils ne te mèneront pas à destination et te laisseront face à d’amères déceptions, face à l’attente interminable, face à des choix douteux… tu n’habites pas chez l’autre alors reviens chez toi ma belle!

Maintenant jasons réconciliation!

Je sais que je t’ai fait mal, je t’ai rejeté et que je n’ai pas toujours été tolérante envers toi. Sache que je suis désolée, amèrement désolée! Maintenant le vent a changé. Peut-être aurais-je encore des écarts de conduite, mais saches que je saurai m’en excuser. Dorénavant, je penserai en fonction du « nous ». Je « nous » ferai une place bien spéciale, une place où le bonheur pourra respirer.

N’aie crainte, tu n’auras plus à crier pour te faire entendre. Je ne ferai plus la sourde oreille à tes besoins ou à tes émotions enfouies. Je t’écouterai avec attention. Je souhaite ardemment que tu te sentes écoutée autant avec mon cœur qu’avec mon esprit.

Porter des masques en guise de protection fut la pire expérience de ta vie. Je te donne maintenant la permission d’être. Être s’accompagne d’un sentiment de liberté, d’ouverture à soi et à l’autre aussi. Je sais que tu te sentiras tellement mieux et je me sens alors apaisée.

Je serai maintenant empreinte d’empathie pour toi. Au lieu d’avoir des commentaires accusateurs, je te comprendrai. Je m’assoirai avec toi, un bon café à la main. Je veillerai sur toi et je serai compatissante. Je chercherai à comprendre ce qui te déstabilise sans colère, sans attaque, juste de la bienveillance. Je sais que parfois nous sommes en déséquilibre et que la vie nous met au défi. Dans les défis, je serai là.

Je ne chercherai plus jamais à te contrôler, à te changer d’aucune manière parce que c’est de l’énergie gaspillée. Je valoriserai qui tu es, je féliciterai ce que tu as accompli et je serai fière de toi. Je reconnaîtrai et j’accueillerai tes peurs, tes blessures, tes incertitudes et tes doutes. Je me permettrai d’apaiser tes inquiétudes et je revisiterai avec toi tes perceptions parfois erronées ou biaisées. 

Je te permettrai de mieux te connaître pour accéder à tes passions et tes rêves plus facilement. Je te mènerai vers des défis qui te stimuleront et je te ferai découvrir cette flamme qui vit en toi. Tu sauras mettre tes talents à profit pour le bien-être des autres, sois en assurée!

Je ne t’obligerai plus jamais à la perfection, c’est insensé tout ça! Je t’inviterai plutôt à continuer de donner le meilleur de toi-même. Je t’inciterai à travailler dans l’amour et à faire les choses du mieux possible. Tu seras conviée à faire le bien autour de toi, tout simplement.  

En conclusion

Voilà! Tu es la Johanne qui rit et celle qui pleure. Tu es cette femme un peu solitaire et en même temps celle qui aime le monde et valorise le travail d’équipe. Celle qui aime le cocooning, être zen, être spirituelle, écrire et jouer les images, mais celle aussi qui vit d’actions pour le pur bonheur d’accomplissements et de réalisations. Tu es celle qui est positive et qui rebondit face à l’épreuve, mais aussi celle qui s’effondre… pendant quelques jours parfois! Être c’est la pénombre en même temps que la lumière, la tristesse en même temps que la joie, le sérieux en même temps que l’humour. 

Nous vivons dans une société où s’octroyer de la valeur est synonyme d’égoïsme et d’égocentrisme. Et si s’octroyer de la valeur voulait simplement dire s’estimer sans condition particulière. Pas de « si », pas de « mais », pas de « un jour peut-être ». S’aimer et s’offrir la bienveillance en cadeau.

Être c’est tout cela et c’est juste ça! S’aimer c’est tout ça et juste ça!

S’aimer c’est un refuge où il ne manque rien.  

Et puisque tout est dit… Puisque j’ai appris la bienveillance… Me pardonneras-tu?

3 commentaires
  1. Merci pour ce texte si bienveillant, et oui, maintenant la conclusion et parfaite mais si tardive pour moi. Mais vaut mieux tard que jamais.

  2. Une si belle lettre les mots se bousculent, ils sont intenses enfin c’est la plus belle lettre de ta vie, et c’est l’une des plus belles lettres que j’ai lues, c’est lettre de à toi de toi.

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