Tranche de vie : Choisir son camp…

Les mots me manquent. Beaucoup de choses se bousculent. Une nouvelle année qui commence; mon bébé aura trente ans en mars; ma fille, Nadine va finalement se marier trois ans plus tard en novembre. Une grosse année s’annonce. J’aurai 65 ans cette année, ouin. Je la trouve moins drôle, celle-là, en fait, je ne sais pas trop.

Ce n’est pas tant l’âge ni les années qui marquent notre visage et notre corps, mais le temps qui passe… trop vite, on dirait.

Lorsque j’ai fêté mes 64 ans en novembre dernier, j’ai réalisé que mon père était mort à ce jeune âge; c’est bien trop tôt. Il venait de prendre sa retraite; il n’avait pas encore reçu sa pension de vieillesse.

Eh oui, la fameuse pension de vieillesse… Que c’est moche comme expression, la pension de retraité serait un terme plus judicieux, il me semble. Mais voilà que du coup le mot vieillesse surgit dans ma tête; qu’est-ce que la vieillesse? À quel âge devient-on vieux? L’espérance de vie pour les femmes est maintenant de 85 ans; il me resterait, si j’ai de la chance, un beau 20 ans. Je ne suis pas pour commencer à être vieille tout de suite, on dirait que ça fait long pas mal.

Toujours dans ma réflexion, je constate qu’il y a différentes écoles de pensée concernant la vieillesse. Ceux qui ont décidé que vieillir, c’est horrible, qu’il n’y a rien d’intéressant à vieillir et que leur vie est presque finie. Il y a ceux qui refusent de vieillir, qui mettent temps et argent sur leur apparence, qui font du sport comme à 20 ans, qui font comme si, finalement. Il y a aussi les résilients : bien oui, je vieillis, mais je vais bien, j’aime ma vie, je profite de ce privilège de vieillir alors que d’autres ne l’ont pas eu. Ils sont beaux à voir ceux-là. Ils ne font pas vieux, on dirait, parce qu’ils sont eux-mêmes à l’âge qu’ils ont. Riant parfois même des attraits perdus, allant même jusqu’à dire qu’il y a quand même des privilèges dans le fait de vieillir.

Comme je recevrai cette année ma pension de vieillesse, je veux choisir mon camp. D’abord, bien vieillir repose sur une seule chose : la santé.

Si tu as la santé physique et mentale, le reste se passe dans l’attitude, je crois.

Ma contribution à un documentaire sur les proches aidants récemment m’a appris que les vieux ne sont pas tous en résidence ou dans des CHSLD; ils sont majoritairement dans leur maison. Donc, aptes à s’occuper d’eux-mêmes. Il n’y a pas que Janette Bertrand, Dominique Michel et cie qui sont des vieilles en forme, il y en a beaucoup d’autres.

Alors, malgré que j’aimerais arrêter le temps, malgré que je constate à regret que je fais maintenant mon âge, que j’aimerais rester jeune, que parfois moi aussi ça me choque de penser qu’il y a moins de temps devant moi que derrière, je veux m’enrôler dans le camp des résilients. J’ai du travail à faire croyez-moi, ma nature n’est pas si optimiste; l’anxiété m’habite, mais plus que tout, j’aime la vie, et comme le temps qui passe ne reviendra pas, je dois choisir de mettre tout en œuvre pour devenir cette belle vieille de soixante-cinq, soixante-dix, quatre-vingts et pourquoi pas quatre-vingt-dix ans qui embarque dans cette aventure qu’est la vieillesse avec foi et humour.

Alors, je vais dorénavant me consacrer à cela en espérant que j’aie assez de temps pour être vieille.

Et vous, dans quel camp êtes-vous?

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3 Comments
  1. Bonjour Christine,
    J’ai 62 ans et je suis à la même place exactement que vous! Tiraillée entre les différents petits deuils à faire (celui du corps de nos 20 ans, de la carrière terminée, de l’énergie à gérer différemment, des années qui filent) et celui des belles expériences de vie à chérir dans mon coeur.
    Que seront ces 20-25 ans devant nous?
    Pour moi, accueillir le changement, garder ma vivacité d’esprit, ne pas renoncer à avoir des rêves, c’est mon programme.
    J’aimerais tant que plus de personnes écrivent sur ce cap de vie différent de tout ce que j’ai connu! On dirait que les gens disparaissent dans un no man’s land et on ne sait pas ce qu’ils deviennent. Il y a des tas de livres sur l’adolescence mais peu sur ce tournant de la maturité.
    Plus je vieillis, et plus je réalise qu’il y a une tonne de préjugés contre l’âge et que l’âgisme est partout. Il y a tant de travail à faire là-dessus. Après tout… l’avenir de nos jeunes, si tout va bien, c’est d’y arriver à leur tour! C’est aussi leur affaire.

  2. Bonjour Christine,

    Vous avez bien raison, la santé est fondamentale pour bien vieillir, du moins l’essentiel de la santé car il y bien des petits inconforts ou malaises qui surviennent mais qui ne nous empêchent pas de poursuivre notre évolution car j’ose croire que nous pouvons évoluer même en vieillissant et profiter de chaque journée.

    Autrement, je coanime les baldados Des Femmes comme vous, ét nous souhaitons parlé de proche-aidance. J’ai lu que vous aviez fait un documentaire., cela m’intéresse.

    Vous pouvez m’écrire à info@desfemmescommevous.ca

    VIcky

  3. J’ai 78 ans.
    À 70 ans, j’ai perdu mon fils de 42 ans. Ça été épouvantable! L’impression que ma vie était terminée…Un trou noir.
    J’ai traversé mon deuil petit à petit, un jour à la fois. Je sais que je serai endeuillée jusqu’à mon dernier souffle, mais j’avance et j’essaie de profiter des beaux moments que la vie m’apporte encore.
    J’ai l’immense chance d’être bien entourée. Mon mari depuis 56 ans, notre fille toujours là pour nous.
    Nos nombreux amis, les ami.es de notre fils qui sont encore présents dans notre vie.
    Alors , je vieillis en me gardant active physiquement et mentalement, en profitant de l’amour des miens et en essayant d’être à l’écoute des gens que j’aime.
    Voilà!

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