Et si on aimait Noël…

L’incontournable temps des fêtes! Il me semble qu’on vient d’arrêter de se plaindre de la canicule et on fait notre arbre de Noël. Paf, nous y sommes et là on va chialer que c’est plus ce que c’était, que c’est fatiguant, qu’on est pas dans l’ambiance cette année, que ça coûte cher, que c’est commercial, que les chants de Noël c’est out. Les enfants sont blasés, ont trop de choses, les parents exagèrent. Enfin Noël, ce n’est plus l’amour c’est « du trouble ».

Bien moi, quitte à me faire lancer des boules de Noël, j’adoooore. En fait, j’aime particulièrement l’avant Noël. Je me dis, la vie n’est pas tous les jours facile, pourquoi une fois par année on ne mettrait pas les soucis de côté pour fêter.

Il faut dire que j’ai ça dans le sang, je pense. Chez moi je n’ai JAMAIS entendu ma mère chialer que c’était donc de l’ouvrage Noël. Que non, une fin de semaine, c’était les tourtières. Je me rappelle encore l’odeur de sarriette qui parfumait la maison. Un petit plat était réservé pour mon père; il était le goûteur en chef. Par la suite les beignes. Moi, j’étais responsable des trous; enfant, adolescente, adulte, j’ai toujours eu la même tâche. Bon j’essaie de ne pas prendre ça trop personnel. Des beignes aux patates, un pur délice. Ensuite, elle mettait mon père à la tâche. Bon Jean, ce soir tu vas installer les lumières sur le balcon. Parfait Gertrude, je vais faire ça. Je dois dire que ma mère ne vérifiait pas s’il faisait trop froid dehors, ce n’était pas une question. Il pouvait faire sous zéro, papa installait les lumières sur notre balcon du troisième étage aux quatre vents. Il rentrait complètement congelé et sans rouspéter, il se faisait un bon café au percolateur et Gertrude était contente.

Bon, tourtières, beignes, biscuits terminés, on attaque la maison. Deux arbres de Noël; un chic silver pour le salon, un naturel pour le boudoir. Ça sentait Noël chez moi et on vivait Noël. C’est alors que ma mère entrait dans sa période de béatitude, d’extase; le magasinage. Des heures et des heures à arpenter les grands magasins pour trouver des cadeaux pour chacun de nous. Nous faisions chacun notre liste et maman y allait allègrement.

Ciel qu’elle devait être fatiguée, mais disons que les phrases à la mode de nos jours, comme : je suis brûlée, je suis crevée, c’est l’enfer, ne faisaient pas parti de son vocabulaire. Non, elle ne travaillait pas à l’extérieur, mais elle ne prenait pas une heure de lunch par jour avec un petit verre de vin, elle travaillait sans relâche. Elle gardait son petit verre de St-Raphaël pour 17 heures. Alors, comment ne pas aimer Noël?

J’aurais pu haïr Noël puisque mon père est mort un 24 décembre. J’avoue que cette année-là j’ai maudit Noël. Les années suivantes Noël n’était pas pareil, mais il y avait en moi quand même une petite étincelle qui a refait surface lorsque j’ai eu mes enfants. Je me devais de leur faire vivre ce que j’avais connu. Et puis heureusement, c’est bien réussi.

Bon, est-ce que je vous ai convaincus? Hum… pas certaine. Prenons ça du début. On n’est pas obligé de faire de la tourtière aux trois viandes avec son foie gras, ni un canard confit avec sa sauce au porto et la bûche roulée six fois plutôt que trois avec sa ganache de chocolat noir recouverte d’une crème chantilly avec un soupçon de calvados.

Non, non, allons y pour la tourtière La Belle Fermière, avec du bon ketchup aux fruits suivi de la dinde Butterball, sa patate pilée et les petites carottes en rondelles, le tout arrosé de la sauce de la dinde et pour terminer pourquoi pas la bûche de Noël à la crème glacée de votre épicier.

Sortez votre plus belle nappe même si vous l’avez depuis 20 ans, déposez un beau petit plat à hors-d’œuvre avec les petits cornichons, les petits oignons et les olives farcies.

Et tant qu’à y être, on y va pour la totale, on sort notre petite robe strapless (si elle nous fait encore), on se coiffe, hum? Est-ce qu’on pousse jusqu’à la petite postiche pour se faire une coiffure haute, oh peut-être pas, on ne voudrait quand même pas avoir l’air d’un gâteau de noce. Plus sobrement disons, notre belle robe, nos talons hauts, une belle coiffure, un beau maquillage ahhhh! ça remonte le moral, ça fait festif, ça fait Noël.

Allons, on s’amuse on profite de ceux qu’on aime pour une soirée, sans téléphone, sans tablette, sans rien. On jase, on rit, on s’aime tout simplement.

On remettra notre mou le 26 en attendant le Jour de l’An.

J’en profite pour vous souhaiter un très joyeux Noël, un Noël dans la paix, celle qui apaise et fait que l’on se sent meilleure.

2 commentaires
  1. Ma chère Christine,
    Tu m’as ramené dans l’temps mais surtout dans ton temps. Je me rappelle tellement comme c’était important Noël chez-vous. Ta mère prenait cet engagement très au sérieux, vous manquez de rien pour cette journée très spéciale. Le lendemain, c’était mission accomplie pour elle….la famille avait été heureuse et en reparlerais longtemps. Merci Christine pour ce beau conte de Noël !
    Céline

  2. Bravo. Christine! Tu m’as fais revivre les Noëls de mon enfance, c’était comme ça. Que de merveilleux souvenirs.
    Joyeuses fêtes !!!
    Kathleen xxx

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