Il est où le bonheur?

Oui, il est où le bonheur? Il est ici maintenant, dans notre maison, avec notre conjoint, dans notre quotidien, dans notre petite marche du matin, dans la préparation de nos repas, la lecture de nos journaux, mais il était où le bonheur avant ? Dans le travail, dans nos rencontres avec les autres.

Mais en y pensant comme il faut il était où le bonheur dans le fait de travailler comme des fous, de courir pour faire les courses, le souper? Il était où le bonheur de se lever chaque matin, de dire aux enfants de se dépêcher, qu’on allait être en retard? De rentrer le soir et de dire aux enfants de se dépêcher; qu’ils devaient manger avant d’aller à leur match de hockey et que maman courait pour faire une petite brassée avant d’aller reconduire la petite à sa gymnastique?

Il était où le bonheur, quand, après une journée de douze heures, on s’écrasait sur son sofa complètement crevée à ne même avoir envie de parler à son conjoint, le temps d’ouvrir le téléviseur et tomber endormie jusqu’à ce que même la télé nous fasse faux bond?

Il était où le bonheur quand il n’y avait pas un seul moment de la semaine pour appeler la famille ou les amis; trop crevé par un quotidien mouvementé et rempli d’obligations ou de choses qui nous semblent obligatoires? Est-ce bien nécessaire que les enfants aient deux, trois cours par semaine? Est-ce bien nécessaire que jamais il n’y ait de temps mort les fins de semaine? Ne rien faire semble rimer avec looser.

Après avoir fait le ménage, les courses, reconduit les enfants à leurs cours respectifs, on prépare la bouffe pour le souper du samedi soir entre amis. On ne parle pas ici de recevoir avec une grosse sauce à spag et un bon pain croûté. Non, il y aura les amuse-gueules de saumon fumé et son aneth, le tout rehaussé d’un peu de caviar sur un croûton fait maison. Pour ensuite y aller d’une petite entrée de carpaccio de bœuf et de sa sauce à la framboise; comme repas principal un simple bœuf Wellington farci de foie gras et ses petits légumes sautés. Un petit dessert pour terminer; le gâteau trois chocolats fait maison avec sa ganache aux fraises et une délicieuse crème glacée fait maison.

Non, mais c’est t’y assez l’fun de recevoir?

Bon, j’exagère (un peu), mais il y a quand même une certaine vérité dans tout cela. Et si le bonheur était un peu plus simple que cela? Et si le bonheur se trouvait un peu entre les deux?

Et si en effet le bonheur n’était pas juste le travail, nos accomplissements personnels, l’argent dont on veut toujours plus? Si le bonheur n’était pas juste les voyages? Déposer sa valise de travail pour reprendre une autre valise et partir ailleurs, toujours ailleurs.

Et si le bonheur était parfois chez nous, dans ce qu’on a de plus intime, dans ce lieu où on met temps et argent à le rendre joli et confortable sans jamais s’y déposer?

Ce confinement me permet de faire quelques constats. Je ne suis plus sur le marché du travail, je n’ai plus d’enfants à la maison, donc ce que je vous ai décrit ressemble plus à la vie des plus jeunes. Mais malgré le fait que ce n’est pas ma réalité, je constate que depuis ma retraite, je m’agite beaucoup. Pourquoi? Pour rester dans l’action, je crois, pour être comme les autres, débordée…

Ce moment d’arrêt m’aura permis de voir que je peux rester à ne rien faire ou faire juste des petites choses simples chez moi. Que mon bonheur il est ici aussi, mais qu’un de mes grands bonheurs était là, près de mes filles et de mes petits-enfants. Ça me manque terriblement, leurs petits bras autour de mon cou, leurs petites mains dans ma main. Leurs éclats de rire, leurs histoires rocambolesques, les petits gazouillis de bébé Victor.

Ça, c’est du vrai bonheur, j’en suis certaine. Il est simple, il est vrai et il est là, du moins dans quelques semaines, je l’espère. Il sera aussi dans le plaisir de revoir mes amis et ma famille. En attendant, le téléphone a repris ses lettres de noblesse. On se parle, moi j’adore entendre la voix des gens, ça en dit long.

Alors oui, je pense que ça va bien aller et que le bonheur il peut être là où on se trouve avec la personne que l’on aime et même avec soi-même.

7 commentaires
  1. La chanson de Christophe Maé prend tout son sens avec toi. Tes partages sont vrais et sincères, on y retrouve toujours des similitudes avec notre propre tranche de vie. Merci 🌈

  2. Qu’elle merveilleuse réflection, tout à fait d’accord avec toi.
    J’ai hâte moi aussi de faire des câlins à mes enfants et petits enfants.

  3. Tu as bien raison. Ça fait du bien de s »arrêter et de prendre le temps de ne rien faire. On s’en ai mis beaucoup trop sur les épaules à essayer d’être parfait e dans tout. Tout ce qui manque a mon bonheur se sont les câlins de mes petits enfants. De les prendre dans mes bras et de les coller. Espérons que ce sera pour bientôt. Félicitations pour tes beaux textes si vrai.

  4. Merci pour votre article, il est tout pur, tout simple mais tellement vrai! Pour ma part, je profite bien du temps qui passe mais les contacts humains me manquent tellement. Prenez bien soin de vous!

  5. Oui Très beau texte ,Merci On dirai même que C’est moi qui écris ça !! 😊Nais non ce n’est pas moi mais une personne à qui tout comme moi les bras de mes enfants et petits enfants manque énormément ! Courage C’a va bien aller !

  6. Même constat de mon côté, on fait notre propre bonheur en étant soi-même et en se respectant …bon confinement à tous et joyeux constats !

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