Le temps qui passe - Les Radieuses

Le temps qui passe

M. Serge Lafleur
Ce texte a été composé dans le cadre du concours «Quand la sagesse s’exprime» en collaboration avec Chartwell, résidences pour retraités. Il est le troisième de 6 textes que nous vous présenterons au cours des prochains mois.

Mon épouse et moi sommes déménagés au Chartwell l’Envol de Québec en novembre 2019 après avoir vécu quarante-huit ans dans la même maison. 

Comme bon nombre de personnes qui se retrouvent dans cette situation, nous réalisions alors que nous tournions une page importante dans le livre de notre vie, une page qui nous invite à réfléchir. 

Réfléchir au temps qui passe, c’est d’abord une invitation à faire revivre les beaux souvenirs du passé, un passé où le lointain et le récent se confondent sans heurts. Certains objets qui nous suivent lors du déménagement resteront les témoins de ces souvenirs et les garderont bien vivants. 

S’interroger sur le temps qui passe, c’est aussi jeter un coup d’oeil nouveau sur le présent; ce présent qui nous offre un magnifique plateau de nouvelles possibilités d’épanouissement personnel. Plusieurs d’entre nous se retrouvent maintenant dégagés des fastidieuses tâches d’entretien de la maison, libérant ainsi de nouvelles disponibilités.  

Mais, qu’est-ce qui peut nous guider dans l’utilisation de notre temps, notre temps qui, merci la vie, nous appartient encore? 

À mon avis, le premier facteur consiste à prendre conscience de l’importance du temps. Ce temps, qu’il faut prendre au vol car, comme le chante Barbara « tout ce temps  perdu, qui ne reviendra plus ».

La période de la pandémie nous a rappelé cette triste et brutale réalité: combien de projets ont dû être annulés, combien d’activités de loisirs ou familiales ont dû être sacrifiées? Fred Pellerin, dans un de ses contes, parle de « l’arracheuse de temps » pour décrire la mort, mais la pandémie, avec ses privations, mérite certes ce qualificatif. 

Si le temps passé est irrécupérable, il nous reste fort heureusement le temps présent et le temps futur. Ce temps est précieux car il est éphémère: le temps de le dire et le futur se conjugue au passé. Et, à notre grand regret, force est de constater que le temps qui passe le plus vite est celui que l’on tente de retenir. Précieux, aussi parce qu’il est tristement limité et, comme tout ce qui est rare, il prend de la valeur. À nous d’en faire la meilleure utilisation possible. 

Faire une bonne utilisation de notre temps, c’est d’abord dire non; dire non aux moments qui sont sources de contrariétés ou de négativisme. Dire non, c’est aussi refuser que le simple écoulement du temps gère notre vie.  

Au contraire, il faut prendre en main sa gestion, il faut en faire un instrument privilégié de notre vie. Il faut à cet effet dire oui au temps que l’on occupe à faire des activités qui nous procurent des satisfactions, qui nous font vivre des émotions positives, qui nous permettent de continuer à nous émerveiller et qui donnent un sens à notre vie.

Il faut également dire oui aux activités qui nous permettent d’apprendre et de découvrir, car la vie continue à nous enseigner. Et, si l’enthousiasme nous gagne, pourquoi ne pas dire oui à de nouveaux défis, se faire confiance et explorer des activités nouvelles? 

Finalement, dire oui, c’est meubler notre temps avec les petits plaisirs de la vie, ceux qui répondent à nos goûts, à nos aspirations et que l’on peut partager avec les gens que l’on aime. Prendre le temps de rire, d’écouter, de lire, de découvrir, d’aider, d’être heureux; c’est un luxe qui nous est offert, pourquoi s’en priver? 

Profitons-en maintenant et faisons en sorte que nos souvenirs en devenir soient parmi les meilleurs. Ainsi, nous pourrons alors dire MERCI LA VIE.

Serge Lafleur, Chartwell l’Envol de Québec

Ce texte a été composé dans le cadre du concours «Quand la sagesse s’exprime» en collaboration avec Chartwell, résidences pour retraités. Près d’une centaine de résident.es ont écrit une tranche de vie ou une sage réflexion dans le cadre de ce concours. Cette réflexion est le deuxième des six textes qui seront publiés dans notre magazine.

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