Une première escapade au temps de la Covid

Comme c’est drôle! Au moment où je m’apprête à vous raconter mon magnifique séjour culinaire et golfique dans la région de Québec, je lis le texte de l’excellente nutritionniste Isabelle Huot qui suggère de faire la paix avec les aliments.

Je la cite : « Manger est une activité qui procure un grand plaisir. Pourtant, pour plusieurs, manger est un défi quotidien alors qu’ils entretiennent une relation amour-haine avec les aliments. »

Voilà bien longtemps que ma relation avec la bouffe est au beau fixe. Ce n’est qu’au golf que j’entretiens malheureusement ce type de rapport amour-haine, hum!

À la cuisine, même seule, je prends le temps de me préparer de bons plats. Depuis la mi-mars, comme vous toutes et tous sans doute, la cuisine s’est transformée en refuge et peut-être même en laboratoire.

Fin juillet, il était donc temps d’assouvir mon côté nomade et d’aller vers un ailleurs meilleur. Québec fut le choix tout indiqué pour tout explorer avec de bons amis.

Ce premier soir, je risquai le Laurie Raphaël, j’écris risqué, car ma déception fut grande il y a une vingtaine d’années. À sa décharge, Daniel Vézina était alors absent. Cette fois, c’est le fils, Raphaël, qui a pris la relève en offrant un service très personnalisé. Imaginez! Nous entrons par la cuisine et c’est Raphaël lui-même qui nous accueille. Ça me rappelait les souvenirs au restaurant de ma mère. Comme nous n’avions pas réservé, on nous a proposé le bar. Pourquoi pas! D’autant plus que toute la soirée, en plus de nous délecter, nous avons eu droit à un véritable spectacle de la mixologue Marie-Pierre.

Comme il n’y avait que mon amie et moi à déguster au bar, j’avais nettement l’impression d’avoir un traiteur pour nous toutes seules. Le flétan et ses fleurs de courgette furent mon coup de cœur. Ça, c’est du service!

Le golf qui était à l’agenda le lendemain m’a fait espérer perdre quelques… grammes 🙂 Le Royal-Québec à Boischatel, l’un des plus vieux parcours en Amérique, se veut prestigieux avec un niveau de difficulté quand même assez intéressant. L’orage n’aura pas eu raison de nous au 17e trou, bien déterminés à aller jusqu’au bout. Et quel plaisir en entrant sur la terrasse du pavillon du club à la vue grandiose du fleuve, de l’île d’Orléans et de la ville de Québec! Juste traverser le petit village de Boischatel aux maisons toutes colorées me dépaysait suffisamment pour faire de moi une véritable touriste.

Mes trois amis et moi avions rendez-vous au célèbre restaurant le Saint Amour, un classique du grand chef Jean-Claude Boulay, qu’il a ouvert en 1978. À l’époque où j’étais correspondante parlementaire pour le réseau TVA, je m’offrais le Saint Amour une fois par mois tellement j’appréciais la cuisine du chef et son ambiance. Cette fois-ci, malgré la beauté du lieu, un style brasserie parisienne, l’atmosphère se voulait quelconque à cause du personnel stylé, mais froid, compensée tout de même par les excellents plats. Je dois dire que je rêve encore du carpaccio d’omble chevalier qui vraiment, fondait dans la bouche. Et que dire du ris de veau et homard accompagné de sa purée de pommes de terre aux amandes, asperges vertes du Québec, sauce crémée aux morilles et muscat de Samos… Olala!!! N’en jetez plus, la cour est pleine de ces saveurs, de ces textures et de ces flaveurs comme avait si bien écrit Isabelle dans sa chronique. Ces plats de rêve nous ont pratiquement fait oublier la froideur du personnel et l’absence du Chef Boulay. Dommage, car je l’aime bien à l’émission Les Chefs.

Vendredi, retrouvailles avec mes trois amis, cette fois sur le parcours La Tempête à Lévis. Une vue à couper le souffle parfois. Et enfin, une bonne partie! Suffisante pour me réconcilier avec ce sport complexe et trop souvent frustrant. L’accueil extrêmement chaleureux de l’un des fondateurs, André Raymond, m’a donné un goût d’y revenir, d’autant plus que la table y est franchement délicieuse. Pas étonnant, puisqu’elle provient de la cuisine de mon ami Alain April du Bonne Entente à Québec.

Croyez-vous vraiment que le plaisir culinaire allait s’arrêter là!! La rue Cartier propose plusieurs bonnes tables. Toutefois, j’ai mon classique : le Graffiti. La réservation était faite depuis plusieurs jours. Heureusement, car vous devinez que nous n’étions pas les seuls touristes à se sauver de Montréal par les temps qui courent. Souper sur la terrasse à voir les passants nous regarder parfois avec jalousie. Danielle et moi avons partagé des entrées à s’en lécher les babines, comme on dit. La terrine de foie gras au passito, un vin de la Sicile et caramélisé au porto, une suggestion de la serveuse a été très appréciée. Mais vraiment, la salade tiède de pétoncles et saumon fumé au curry m’ont séduite comme le premier amant d’un autre temps. Une valeur assurée au Graffiti, les tartares de saumon et de bœuf. Alors pourquoi pas un moitié/moitié. Aucune déception avec un service jeune et très sympathique.

Bon! Assez la bouffe! Samedi, la nourriture culturelle avec un incontournable à mon avis Imagine Van Gogh au Palais des Congrès de Québec. Il y a de cela quelques décennies j’avais eu la chance de visiter le musée Van Gogh à Amsterdam. Il est l’un de mes peintres favoris. Voir les tableaux du célèbre peintre en immenses fresques accompagnées des œuvres musicales de mes préférés : Saint Saëns, Satie, Mozart, Bach m’ont fait oublier qu’après tout, il n’y a pas grand-chose de drôle au cours des derniers mois de pandémie. D’ailleurs, rien ne se vit plus comme avant. Ne serait-ce que le port du masque dans tous les endroits publics qui nous oblige à imaginer notamment les sourires de toutes les personnes croisées au cours de ce trop court périple.

Un revenez-y j’espère avant la fin de cet été très très particulier.

Jocelyne Cazin

4 commentaires
  1. Ma radieuse Jocelyne, je t’envie de si bien écrire quand tu nous décris tes coups de cœur de restaurant, de parcours de golf, cela ne nous laisse pas indifférente, j’en ai l’eau à la bouche! Si je comprend bien …restaurant tout comme les beaux parcours de golf, l’essayer c’est l’adopter…

  2. Excellent texte Jocelyne, j’ai eu l’impression de t’accompagner, surtout dans les restos où tu sembles avoir tes entrées….Ah les vedettes !

    1. bonjour Robert, merci de ton commentaire, mais si j’avais mes entrées je ne paierais pas le plein prix comme j’ai payé lol!!!

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