ASSISTER À SON PROPRE GALA

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Dernièrement je regardais le Gala de Prix Gémeaux. Toujours intéressant de voir si nos séries favorites seront récompensées et surtout de voir nos idoles, ces personnes que l’on voit dans nos écrans de télévision et que nous considérons presque comme des amis tellement nous avons l’impression d’être près d’eux et d’elles.

On les voit partout! Magazines, journaux, télé, podcast, réseaux sociaux, etc.

Si on se fie à ce que ces galas nous renvoient comme image, je me dis que ce ne sont que les grands accomplissements qui sont dignes d’être célébrés. Nous, dans nos vies plutôt ordinaires, il n’y a pas de quoi lever un verre de champagne pour un « cheers » bien senti.

Se faire son propre gala

Chacun, à notre mesure, nous réalisons de grands exploits, mais devant tant de robes scintillantes, nos succès ont une allure bien fade. Alors qu’il n’en n’est rien!

On remarque les gens à succès, ou ce que l’on considère comme ayant tout réussi, les applaudissements en étant la preuve concrète. Dans les faits, les succès que l’on voit se dérouler sous nos yeux sur nos écrans de télé ou sur les réseaux sociaux sont ni plus ni moins qu’une série de petits gestes simples, anodins qui au bout du compte, rassemblés donne un résultat visible et tangible.

On n’a qu’à penser à une séance de dédicaces qui donne lieu à la parution d’un livre ou d’une promotion tant attendue, la réalisation d’un rêve enfoui depuis longtemps.

Les réseaux sociaux nous montrent souvent l’effervescence de la réussite alors que parfois, les métamorphoses ou changements qui sont si significatifs passent eux inaperçus.

Qui remarquera une guérison d’un schéma de pensées récurrentes.

Qui remarquera cette personne qui a appris à se faire enfin confiance.

Qui remarquera les efforts pour parvenir à un objectif de carrière longtemps souhaité ou tenir le diplôme tant mérité.

La comparaison est facile

Mes débuts en photographie, il y a 10 ans, ne furent pas de tout repos. Mon conjoint avait une longueur d’avance sur moi et les réseaux sociaux alimentaient mon sentiment de débutante et d’incompétence.

J’avais deux choix. Ou bien j’acceptais ce fait d’être, disons-le ainsi d’être « poche », en me disant que de jour en jour j’allais m’améliorer. Ou bien je rangeais mon appareil photo dans sa boîte d’origine sur une tablette haut perchée d’un placard de mon sous-sol. J’ai opté pour la première option.

Le parcours s’annonce long et fastidieux. Comment peut-on vraiment maîtriser une compétence nouvellement acquise. Difficile!

C’est pourquoi chaque petite victoire, chaque photo qui avait mon accord devenait mon trophée à moi, ma propre petite réussite que personne ne pouvait m’enlever.

Il n’y avait que moi qui était au courant de cette victoire.

Seulement moi qui voyait la différence entre la photographe d’avant et celle de maintenant. Pas de tapis rouge, pas de feux d’artifice, pas de prix du public.

Les grandes métamorphoses se trament souvent dans l’ombre.

Une ère d’immédiateté et d’instantanéité

Avec le lot de publicités que l’on voit déferler sur nos fils d’actualité, pas étonnant que l’on devienne allergiques à la constance. « Perdez du poids sans effort », « Gagnez 10 000$ par mois en restant à la maison », « Apprenez l’anglais facilement »… Tout doit être facile, accessible rapidement, sans effort, sans répétition parce que répéter des gestes est devenu d’un ennui mortel.

Les preuves d’avancement et d’apprentissage arriveront au compte-goutte je vous l’affirme. On avance aveuglément sans savoir combien de temps prendra l’aboutissement de ce projet tant espéré ou de ce diplôme tant attendu ou encore de cet objectif tant prisé.

Et que dire des échecs probables!

Le trophée du recommencement n’existe pas, ainsi les nombreuses tentatives seront peu louangées. Voilà ce avec quoi nous devons avancer.

Avancer en silence, dans le doute, à travers les obstacles, les écueils. Avancer avec cette ferme conviction que chaque pas nous mènera là où nous devons nous rendre. Marcher dans l’incertitude, toutefois avec cette certitude qu’il ne faut pas abandonner. Voilà la valeur du trophée ou de la statuette qu’on lève à bout de bras. Parce que pour en arriver là, il en a fallu du jus de bras.

La persévérance devient une alliée de taille. Persévérer lorsque personne n’applaudit, persévérer avec aucune inauguration, persévérer quand tout semble rouler à pas de tortue. Persévérer tout simplement. Facile à dire mais combien de courage devons-nous déployer pour construire sans preuve de réussite.

J’ai fait mes études universitaires à temps partiel parce que je travaillais à temps plein. Dix ans pour tenir mon premier diplôme. À chaque année c’était quatre cours de plus complétés, un autre quatre cours l’année suivante. Un cours d’été! Ça en fera un cinquième pour cette année. C’est ainsi que chaque année fut ma petite statuette juste pour moi. Chaque année c’était ma réussite à moi, dans le silence. Et cette attente silencieuse forge une personnalité je vous le jure.

Et ça, ça compte aussi! Et ça c’est une victoire!

Célébrons même quand le succès reste invisible, imparfait et même s’il semble négligeable. Célébrons quand même!

En résumé, faisons confiance au processus, faisons confiance à la loi du plus petit pas possible et jamais qu’à l’aboutissement grandiose. Les grandes réussites seront toujours une succession de petits gestes, de minimes choix répétés jours après jours.

Félicitons-nous de chaque étape réussie. Ce ce pas gagnant, de ce soubresaut de sentiment d’avoir franchi ce tout petit Everest. Tous les efforts déployés méritent non seulement d’en être fière, mais aussi de m’être dépassée, d’avoir dépassée une limite, un frein pour s’enrichir d’une nouvelle compétence, d’un apprentissage dont les acquis seront les piliers et les tremplins de demain.

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