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Jocelyne Cazin : Regard sur les 10 ans de la CAQ – Partie 2

Dans la première partie publiée récemment, je vous racontais comment j’avais été approchée par François Legault et pourquoi j’avais décidé de tenter ma chance en politique. Voyons ensemble la suite de l’histoire dans cette partie-ci…

La suite…

Plusieurs éléments ont joué contre moi. D’abord, la population de Chauveau appréciait au plus haut point Deltell. On a même pu lire à l’époque qu’il n’y avait pas d’allégeance caquiste, mais plutôt une allégeance deltelliste. Il s’était avéré un excellent député, très présent auprès de ses électeurs. Mais dès le début de la campagne, on m’a affublé du titre de « parachutée ». Ce mot m’a hantée tout au long de mon passage en politique. 

Jocelyne Cazin, la « parachutée »

J’habitais à Sainte-Adèle, à plus de trois cents kilomètres de la région de Chauveau. Les journalistes, les animateurs des radios de Québec ont tapé sur ce clou pendant toute la campagne qui a duré près de deux mois. Presque chaque jour, il me fallait me justifier sur mon véritable lieu de résidence, sur ma prétendue ignorance de la région de Chauveau, etc.  

Près de deux semaines après l’annonce de ma candidature, le PLQ a sorti un as dont on ne soupçonnait pas la force. Le Parti libéral a réussi à convaincre la journaliste Véronyque Tremblay, avec qui j’avais travaillé à LCN, de faire le grand saut en politique. Elle avait une longueur d’avance, étant de la région, travaillant à la radio FM93 à Québec et comme blogueuse et chroniqueuse au Journal de Québec. Il est vrai que j’étais avantageusement connue à travers le Québec, mais elle était une fille du coin. Alors, chaque fois qu’il était question de la parachutée Cazin, les médias se faisaient un devoir de parler de la fille du « boutte ». 

J’ai rencontré Gérard Deltell à deux ou trois reprises, lors de petits déjeuners en tête à tête afin qu’il m’aiguillonne sur telle association ou tel enjeu de la région, ce qu’il a fait avec gentillesse. Ce député me donnait l’impression d’être neutre, mais il n’en était rien. Derrière son masque, il appuyait Véronyque Tremblay. Je l’apprendrai d’une drôle de manière. Une autre facette de la politique qui m’a déplu souverainement.  

Une drôle de surprise

Un jour de visite au parc Chauveau au bord de la rivière Saint-Charles, une association de loisirs invitait toutes les familles à s’initier à la pêche. Beaucoup de monde en vue, donc une sortie intéressante quand on veut se faire élire. J’étais accompagnée de l’épouse de François Legault, Isabelle Brais, qui s’est avérée plus qu’une accompagnatrice. Nous avons développé un lien très amical. Elle me disait souvent qu’elle me trouvait drôle et surprenante. Quelle n’a pas été notre surprise de voir Véronyque Tremblay bien entourée du ministre de l’Emploi François Blais et de… Gérard Deltell! Quand il m’a vue, j’ai bien senti son malaise. Pourtant, lorsqu’il me rencontrait en privé, il niait totalement avoir un parti pris. Ben oui!  

De toute évidence, Deltell avait besoin du vote du PLQ en vue de la prochaine élection fédérale, alors qu’il allait se présenter avec le Parti conservateur. Vers la fin du mois de mai, à moins de deux semaines de l’élection, j’ai accordé une entrevue à CHOI Radio X, dans laquelle j’ai confirmé que j’avais aussi été sollicitée par le PLQ par Christine Saint-Pierre et Sam Hamad. J’ai eu une autre révélation de cela durant cette période. Le PQ avait sorti son artillerie lourde en invitant l’épouse d’alors de Pierre Karl Péladeau, l’animatrice Julie Snyder. On connaissait sa popularité presque sans égale. 

Toute la journée, elle s’est promenée avec son époux candidat, ne laissant personne indifférent. Tous les yeux étaient tournés vers la vedette de la télé, tellement qu’en fin de journée j’ai lancé sur Twitter ce gazouillis : « Je te dis que la Julie a eu le crachoir. » Cette phrase maudite a tout de suite été réprimée par un organisateur de la CAQ qui faisait partie de la garde rapprochée de François Legault.

Le malaise sur Twitter a été effacé quelques secondes après, mais le mal était fait. Des adeptes de capture d’écran avaient réussi à photographier le message d’une quarantaine de caractères. J’avais beau dire que j’étais prête à assumer mon commentaire, l’organisateur estimait que c’était une très mauvaise idée de s’attaquer à une personnalité aussi appréciée du public. 

Un mensonge

Mon insistance n’a pas suffi et, dès lors, le mensonge s’est installé pour le reste de la campagne sur ce sujet. L’organisateur m’a carrément demandé de mentir en prétendant que mon site Twitter avait été piraté. Qui a cru à cette lamentable explication? J’ai été franchement malheureuse de ce déni qui n’était pas nécessaire. Après tout, je n’avais rien dit de bien grave, à part qu’elle prenait le crachoir, ce qui était vrai d’ailleurs. Je ne sais pas combien de mensonges sont racontés en politique, mais pour moi il y en a eu un de trop.   

Dans ma biographie, Ma véritable identité, publiée en 2020, je me suis libérée de ce petit fardeau. D’ailleurs, François Legault a été tenu loin de cet épisode malheureux et je suis convaincue encore aujourd’hui qu’il ne savait même pas que son organisateur m’avait suggéré le mensonge plutôt que d’aller au front pour une si petite banalité.

J’ai été battue à l’élection partielle de juin 2015. Véronyque Tremblay l’a remportée haut la main.

Fait assez cocasse, mon responsable des communications en 2015, Samuel Poulin, un jeune fringant et excellent communicateur qui, à mon avis, avait un avenir assuré en politique, est en 2020 député de Beauce-Sud pour la CAQ. Je lui prédis même un avenir dans les hautes sphères de la politique. Celui qui était mon directeur de campagne, Sylvain Lévesque, un chic type, a été élu à l’élection générale de 2018 par plus de 9 500 voix de majorité dans la circonscription de Chauveau, alors que j’ai mordu la poussière dans ce même comté par 1 900 voix. J’étais une parachutée, lui non!

Une perdante heureuse

Nous voici en 2021. Il m’est difficile de penser que j’aurais pu passer quelques années en politique. Au lendemain de ma défaite, j’ai même affirmé que j’étais une perdante heureuse et je le crois encore. 

C’est un tue-monde, la politique, aucun répit, du travail sept jours par semaine. Que des blâmes, rarement des compliments ou des tapes dans le dos. Le cynisme est tel dans la population que je me demande bien pourquoi un être sain d’esprit veut aller ainsi dans la cage aux lions. Dommage! Il y a tant à faire. La voie de la politique aurait peut-être pu combler mon besoin d’être utile. Mais c’est trop cher payé. 

Je salue ceux et celles qui y croient vraiment et qui se présentent pour les bonnes raisons. Je lève mon chapeau à François Legault, qui en février 2011, dévoilait un manifeste pondu par une douzaine de personnes de différents partis politiques, qui suggérait aux Québécois de cesser de faire du surplace et redonner un nouvel élan à la société québécoise. En cette période si trouble à cause de la pandémie, disons que François Legault et son équipe peuvent célébrer la tête haute.

Jocelyne Cazin

Une grande partie de ce texte est tiré de ma biographie ma véritable identité, publié en 2020 aux éditions Libre Expression

Pour vous le procurer, c’est ICI.
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