Claudette Dion: Bien plus que «La soeur de…» !

Celle qui a tout récemment publié «Claudette Dion, la soeur de…» arrive sur les lieux de l’entrevue tout sourire, avec une énergie bien à elle.

Elle prend le temps de dire bonjour à ceux qu’elle croise, complimente la tenue d’une, appelle «ma chérie» la serveuse qui lui apporte son café et s’exclame haut et fort devant les décorations de Noël. Il n’y a pas à dire, celle qui se qualifie de «la soeur de » est loin de passer inaperçue!

 

Sa biographie

D’entrée de jeu, elle nous dit: « Ça faisait 2-3 fois qu’on m’approchait pour écrire mon histoire. Des auteurs en France et au Québec se sont intéressés à mon parcours. L’histoire des Dion est mythique en quelque sorte puisqu’on a la chance d’avoir un nom de famille connu grâce à Céline. Dès que les gens apprennent qu’on est dans la famille Dion, ils nous aiment déjà. Je n’avais pourtant pas l’impression que ma vie pourrait intéresser quelqu’un et je ne sentais pas le besoin de faire un retour sur moi-même non plus. Mais après chaque demande, j’y réfléchissais, je «dormais là-dessus» comme on dit. Je me questionnais à savoir si j’avais vraiment quelque chose d’intéressant et de nouveau à raconter au public. Puis j’ai rencontré Jean-Yves Girard avec qui j’ai co-écrit mon livre. Le déclic s’est fait.

 

Comment a débuté cette belle aventure? Comment fait-on le tri de nos souvenirs?

Au début, je trouvais ça affolant, je ne savais pas par où commencer ou bien ce qui était pertinent. Puis Jean-Yves m’a proposé de penser à mon livre comme à un spectacle: Il faut commencer fort, accrocher les gens, ensuite aller de surprise en surprise, puis terminer sur une bonne note. Ça je connaissais! Puis il m’a proposé d’y aller par chapitre: mon enfance, mon adolescence, mes parents, ma soeur, ma famille, moi, la femme, la mère, etc. Ça m’a vraiment aidé à mettre de l’ordre dans ma tête. Ça ouvrait des tiroirs de souvenirs dans mon coeur et ça m’a plu. On se voyait minimum une journée par semaine et Jean-Yves faisait preuve d’une grande écoute, d’une grande sagesse et d’une belle sensibilité. On a même versé des larmes ensemble puisque dans le livre, je vais quand même loin dans les confidences. Je parle de mon divorce, des périodes de pauvreté que j’ai vécu, de la mort de mon père. C’est certain que ça brassait des grosses émotions.

Mais à chaque fois qu’on se voyait Jean-Yves et moi, on déterminait les sujets de la prochaine rencontre. Donc j’avais une semaine pour penser jusqu’où j’allais aller dans l’émotion et les confidences.

 

Vous racontez plusieurs beaux souvenirs dans votre livre, quel passage a été le plus agréable à écrire?

« Les 90 ans de maman à Végas! C’était tellement attendrissant de la voir! Céline avait suggéré qu’on se mette toute en robe longue, qu’on s’habille en princesse pour fêter notre Reine! C’était un beau moment… Inoubliable. On s’était fait belles, on savait qu’on allait passer une grand moment.

 

Celui qui vous rend le plus fière?

« Le chapitre “De Michel BBQ à l’Olympia de Paris”! J’ai toujours chanté. À l’église, à l’école, dans la chorale, au restaurant… Mais le premier cachet que j’ai reçu venait du Michel BBQ lors du Carnaval de Charlemagne. Mais pour moi, Claudette, la fille de Thérèse et Adhémar, de m’être rendue à l’Olympia de Paris, c’est quelque chose! Ça montre le chemin que j’ai fait.»

 

Vous avez entre autre décidé de vous confier sur votre divorce, pourquoi était-ce important de le faire?

Quand il y a mariage, tant mieux si ça se poursuit jusqu’à la mort, comme mes parents ont fait. Moi, je me suis mariée à 19 ans, en 1968. Dans ce temps là, on se mariait pour la vie. Quand je me suis rendue compte que je n’étais plus heureuse, quand on a pris la décision de prendre chacun notre chemin, ça a pris du courage, de l’humilité – car on a échoué – et beaucoup d’amour pour ses enfants et pour soi-même. Pour se dire que la suite va être meilleure et qu’on s’aime assez pour se choisir. Je n’avais pas de travail à ce moment là, mais je ne voulais pas me laisser abattre par une question d’argent. J’étais en santé, j’étais travaillante alors j’ai décidé de foncer. De me choisir, de divorcer.

 

Vous dites aussi ne pas avoir voulu en parler à votre famille sur le coup, que vous aviez honte…

Oui, je le vivais vraiment comme un échec! Tu sais, quand tu es la plus vieille d’une famille, le regard est beaucoup sur toi… Tu deviens un modèle. Mon père me disait toujours : « Claudette ouvre la marche, c’est toi qui montre aux autres. » J’avais donc une espèce de retenue. C’est facile de dire aux autres quoi faire mais de montrer l’exemple, c’est une autre paire de manche!

Au Salon du Livre de Montréal, plusieurs femmes sont venues me voir pour me dire MERCI d’en avoir parlé. Certaines sont émues car elles viennent de divorcer et elles trouvent ça difficile ou bien qu’elles se sont séparées il y a des années et qu’elles ne se sont jamais pardonnées. Après avoir lu mon histoire, elles ont eu plus de facilité à accepter cet évènement de leur vie.

En racontant mon divorce, j’ai eu envie de dire qu’il est important de se choisir lorsqu’on n’est pas heureux. Le bonheur ne vient pas des autres, il vient de soi. Trouvez votre bonheur et partagez-le!

 

En lisant, on peut vraiment sentir tout l’amour que vous portez à votre mère, vous inquiétez-vous de la voir vieillir?

Ma mère est vieillissante, c’est vrai. J’ai choisi de m’ouvrir aux gens là-dessus dans mon livre. On voit que notre mère perd des forces. Je dirais que c’est la première année où on la voit plus fragile, elle qui a toujours été si forte. Je pense que le fait de perdre un enfant- Daniel est décédé en janvier 2016- lui a fait plier l’échine.

Ma mère a eu 14 enfants, elle a toujours eu un moral d’acier. Maintenant, sa parole est plus douce, elle prend le temps, elle écoute. Elle a tellement donné, tellement fait… On ne peut pas lui reprocher de vouloir se reposer un peu. Mais si on pense à sa participation à la Fondation Maman Dion, jamais on ne voit qu’elle vieillit. Il a vraiment fallu s’arrêter pour s’en rendre compte. Se rendre compte qu’elle mangeait moins, qu’elle avait besoin d’une sieste en après midi, qu’elle marche moins vite, qu’elle voit et qu’elle entend moins bien…

Selon moi, un deuil se fait avant, pendant et après la mort de quelqu’un. En ce moment, on fait le deuil de la santé de Maman. On ne parle pas de la mort maintenant, ça viendra bien assez vite. On profite de son écoute et de son amour… Elle a été là pour nous nuits et jours. Le temps que je donne à la Fondation, c’est une façon pour moi de lui remettre ce qu’elle m’a donné. C’est dans les moments difficiles que tu te rends compte à quel point tes parents t’ont fourni des outils formidables pour affronter la vie. Ça ne s’apprend pas dans les livres ça! Je ne les remercierai jamais assez!

 

Donc le livre aurait aussi pu s’appeler «La fille de…» !

Haha! Oui! Être la fille de ou la soeur de, ça peut être génial mais c’est aussi lourd à porter. J’ai intérêt à ne pas m’accrocher dans les fleurs du tapis et à être capable de prendre ma place. Je suis loin de m’apitoyer sur mon sort. Je ne vais jamais me plaindre d’être la soeur de Céline et la fille de Thérèse et d’Adhémar!

J’ai la fierté de mon père et le courage de ma mère. Je regarde ma soeur avec fierté et je me dis qu’on a tous un peu la même chose dans le nez et… dans le coeur. Je travaille avec le public donc c’est certain que je dois composer avec ça. Tout le monde me demande comment va Céline. Je leur réponds “Céline va bien pis moi aussi!” J’ai appris avec le temps!

C’est certain que ce n’est pas banal d’être la soeur de Céline. On me demande souvent «C’est comment d’être la soeur de Céline?», «Elle est comment votre soeur dans la vie?», «Êtes-vous dans l’ombre de Céline?». Quelques fois, les gens s’excusent de me poser ces questions là. Pourtant, je n’y vois pas d’inconvénients. Les gens ne font pas ça pour être méchants, ils n’y pensent pas, c’est tout! Ils aiment Céline et veulent de ses nouvelles. Elle est une vitrine exceptionnelle pour le Québec, je comprends les gens de l’aimer autant et de s’en ennuyer!

Ça s’apprend, « être la soeur de », je ne mentirai pas! Je me plais à dire que depuis que je suis toute petite, j’apprends à être la soeur de quelqu’un car on est 14 dans la famille! Un rôle de soeur pour moi, c’est un beau rôle, et il va me suivre toute ma vie. Tu peux être mariée, divorcée, mais tu peux jamais te séparer de ta famille! Donc, je suis la soeur de Céline, c’est vrai, mais aussi de 8 soeurs et de 5 frères!

 

Les Fêtes approchent mais votre anniversaire arrive à grand pas, non?

Oui! J’aurai 69 ans dans quelques jours… Ma dernière avant de changer de dizaine. J’ai envie d’en profiter, de me payer ce que j’ai envie. Je suis en santé, je suis la Mamou de 8 petits-enfants merveilleux!

J’ai tellement un beau rapport avec eux! Ils ont envie de passer du temps avec moi. À leur fête, je leur demande ce qu’ils veulent et ils me répondent “Dormir chez toi!” C’est cool! Je capote! Chez nous, on range les tablettes et on joue, on s’amuse! Vieillir, pour moi, ce n’est pas un enjeu, tant que la santé est là et que les projets y sont aussi, je ne peux rien demander de plus!

 

Est-ce que vos enfants et petits-enfants ont le même sens de la famille que vous?

Bien sûr! À chaque anniversaire, on fête en famille. Les enfants veulent voir leurs cousins-es et on se rassemble! C’est incroyable. Le sens de la famille, c’est le plus beau cadeau qu’on puisse se faire et c’est ce que j’ai réussi à leur transmettre de plus précieux.

 

Votre temps des Fêtes ressemble à quoi?

À Noël, on se loue un gros chalet avec mes 4 enfants, leurs conjoints, mes 8 petits enfants, et on passe la semaine ensemble. Noël, chez nous, ce n’est pas une journée, on en serait pas capable, donc ça dure une semaine! Les enfants me disent à chaque année que leur plus beau cadeau c’est que je sois avec eux, et qu’on soit tous ensemble. On chante, on joue et on jase! On se fait ce cadeau là, de passer du temps en famille.

 

Il n’y a pas a dire, Claudette est une Radieuse très occupée. La sortie de son nouveau livre «Claudette Dion, la soeur de…», sa contribution pour la Maison de soins palliatifs Adhémar-Dion à titre de porte-parole et son nouveau poste de directrice générale de la Fondation Maman Dion font en sorte qu’elle a un horaire assez chargé! Elle nous a également confié que le spectacle «Des dames de coeur» devrait aussi reprendre du service! Nous sommes donc très privilégiées d’avoir eu la chance de la rencontrer afin qu’elle nous parle un peu plus d’elle, et bien sûr, de ce qui vous attend à travers son nouveau livre.

 

 

 

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