Louise Labrecque: Une grande dame de la mode qui fait tout à sa façon.

Il n’y a pas à dire, 2018 sera une année marquante pour la styliste de 54 ans. En plus d’agrandir son Académie, ses trois filles sont à des étapes déterminantes: sa plus vieille se marie, sa 2e est enceinte et son bébé a quitté le nid familial.

 

Elle rigole: « Tu sais, je vis très bien avec ces grandes étapes, pour moi, ce ne sont pas de grands bouleversements parce que mes 3 filles sont heureuses. Elles s’accomplissent, se définissent. Je trouve ça extraordinaire. Tu sais, quand les enfants sont heureux, souvent, la mère est heureuse et c’est exactement comme ça que je me sens. Je suis très proche d’elles et ça, ça me rend très fière. Elles sont dans le domaine des communications et du marketing puis la dernière étudie à l’école supérieure de mode de Montréal. Elles ne suivent donc pas directement mes traces mais les pommes ne sont pas tombées loin de l’arbre, disons! »

Aborder la vie comme un escalier

Née la dernière d’une famille de 5, Louise a grandi entourée de 4 frères et de son père: « Ma mère est décédée quand j’avais 16 ans, ce qui a été très difficile à vivre. Après sa mort, je me suis dit: Est-ce que je me laisse couler ou bien si je me relève de cette épreuve là? J’ai décidé de me relever, de foncer. Je me suis dit que si je voulais quelque chose dans la vie, bien c’était à moi d’aller le chercher et de faire en sorte que ça arrive. Quand j’ai eu l’idée de devenir styliste, j’ai monté mon portfolio et j’ai cogné aux portes. Pour moi, la vie c’est comme gravir un escalier, tu dois monter chaque marche. Une après les autres. »

« J’ai toujours fait de la couture, depuis que je suis toute petite! Il y avait une machine à coudre à la maison et j’ai pris des cours très tôt dans ma vie. À 13 ans, je faisais mes propres vêtements puisque la mode pour adolescents à ce moment-là n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui, nous avions très peu de choix.  Je me suis donc lancée dans la confection! Pour moi, la couture et le vêtement sont devenus une réelle forme d’art et d’expression. J’ai commencé à jouer avec les tissus et c’est rapidement devenu une passion. Je suis allée travailler dans des boutiques et j’ai adoré. C’est ce qui a guidé mes études vers le Collège Lasalle, en commercialisation de la mode.

Le déclic

En boutique, je m’occupais du marchandising, d’agencer les vêtements, de faire les achats et je m’occupais aussi des stylistes qui venaient magasiner. Il y en avait très peu à l’époque, mais ce métier-là m’inspirait. Comme je l’ai dit plus tôt, je suis une fonceuse, je n’attends pas après les autres. À 22 ans, j’ai monté mon premier portfolio en utilisant différentes pièces de vêtements qui se trouvaient dans la boutique où je travaillais. Je les ai portées et mon amie m’a prise en photo. C’est avec ça que je me suis présentée au magazine Clin d’oeil! Ils ont tout de suite aimé mon style et mon approche: la semaine d’après, je commençais à travailler pour eux en faisant le stylisme pour leur couverture, rien de moins!  Ma carrière a décollée très rapidement » se rappelle-t-elle avec un sourire dans la voix.

Emballée par la pub!

« On le sait, l’univers du mannequinat est très dur. Je n’aimais pas la façon dont on traitait la femme, on jugeait énormément leur corps et ça me rentrait dedans. Un jour, en regardant la télé, j’ai eu un déclic : les gens dans les annonces publicitaires me paraissaient vraiment mal habillés. Encore une fois, j’ai foncé et je suis allée voir les maisons de production. C’est comme ça, en cognant aux portes, que j’ai obtenu mes premiers contrats à la télé! J’arrivais avec une nouvelle approche, j’étais différente car j’arrivais avec mon bagage fashion. J’avais aussi un côté très perfectionniste, je me souciais du moindre détail et ce, toujours en gardant l’élégance en tête.

En publicité, tu as 30 secondes pour établir le contact et camper le personnage. J’ai toujours eu de la facilité à cerner le style d’une personne et aussi, ce que les gens attendent d’un look, d’une personnalité. C’est une sorte de sixième sens!

J’ai fait environs 1500 publicités dans ma vie dont toutes les pubs de Bell avec Benoit Brière, de Loto-Québec, du Lait et j’en passe. Ces expériences m’ont amené à faire mon premier film à 25 ans. Et pas n’importe lequel puisque le film Cruising Bar a marqué l’imaginaire au Québec!»

Virage papier

«Lorsque j’attendais mon 3e enfant, j’ai eu envie d’explorer autre chose. J’ai approché La Presse pour écrire des chroniques puisque je trouvais qu’il manquait, à cette époque, de vrais conseils de stylisme. J’y suis restée 7 ans!

C’est aussi avec Les Éditions La Presse que j’ai publié le livre « Avec style, secret d’un garde-robe bien gardé ». Ce livre a vraiment eu un bon succès puisque 17 000 copies ont été vendues jusqu’à présent. C’est aussi le livre qu’a choisi le Cégep Marie-Victorin comme livre de base pour enseigner le stylisme! J’en suis très fière d’autant plus que je ne m’attendais pas à ça. » Un autre beau succès à sa feuille de route!

Êtes-vous V, I, A, X, H ou O?

«Avec ce livre, j’avais envie d’aider la femme à mieux comprendre sa silhouette, ce qui m’a amené à développer la méthode VIAXHO. 6 lettres qui déterminent des silhouettes type. Chaque lettre correspond à des trucs pour nous aider à nous habiller plus facilement! L’idée de VIAXHO m’est venue car je cherchais à développer un outil pour que les femmes comprennent leur silhouette. Il existait déjà les fruits mais je n’aimais pas vraiment comparer les femmes à une pomme, une poire ou à un céleri. Aujourd’hui, VIAXHO est devenu une marque de commerce que j’enseigne aux futures stylistes.

Habille-moi!

«Suite au succès du livre, j’ai obtenu des contrats devant la caméra. J’ai eu 2 émissions à Canal Vie qui m’ont donné beaucoup de crédibilité aux yeux du public. Plus en plus de gens me demandaient si je pouvais les aider avec leur garde-robe personnel. J’ai donc délaissé tout l’aspect artistique et j’ai développé le stylisme personnalisé.

Mon bagage accumulé en télé, en cinéma et en publicité, me permet vraiment de comprendre la réalité de mes clients et d’être capable de transposer leur réalité aux vêtements.

Une styliste ne fait pas juste magasiner ou trouver des looks, son mandat est vraiment d’aider son client.  Moi, j’ai une approche très humaine, je me soucis du bien-être de la cliente. Ce que j’aime le plus de mon métier de styliste personnalisé, c’est de créer une image aux gens et pas juste pour un moment, mais pour leur vie entière!  En tant que styliste, tu touches vraiment à quelque chose de profond. Il y a des femmes qui me disent qu’elles ne s’étaient jamais trouvées belles. Le vêtement a un pouvoir incroyable… Des fois, je me dit que je suis une marchande de bonheur!

Une garde-robe ne se bâtit pas en une saison. Je dois poser des questions sur leur vie, leur passe-temps, mais j’en ai tellement fait que je sens où sont rendus mes clients face à leur style. Comme je suis neutre dans leur vie, je ne les connais pas, je peux me permettre d’arriver avec quelque chose de nouveau. Je ne connais pas leur bagage donc je peux les amener plus loin tout en respectant leurs goûts. Je vais amener mes clients à se transformer mais ça ne se fera pas du jour au lendemain. Petit à petit, la garde-robe se transforme en même temps que les clients. Je les amène à oser, un pas à la fois. »

L’Académie Avec Style en constante évolution

En parallèle, Louise a lancé l’Académie avec Style dans le but de former des stylistes personnalisés, mais aussi pour aider les gens à mieux comprendre les tendances et à devenir leur propre styliste: « Je donne une série d’ateliers depuis quelques années, mais en ce moment, je suis en train de développer l’Académie pour toucher aussi à la décoration, au maquillage, au parfum. Je suis à monter une belle équipe de personnes-ressources pour accompagner les gens à la recherche de perfectionnement, et ainsi s’épanouir au niveau de l’image et du bien être. »

La radieuse Radieuse

« À 54 ans, je sens que l’important est de ne pas stagner. Je reste à l’affût des tendances, je regarde ce qui se fait dans le monde. Comme je travaille seule,  je fais tout à mon rythme. Je mets tout mon bagage accumulé au service de mes clients. En tant que styliste, je veux maintenant que le vêtement ressemble à mes clients et qu’il ne soit pas qu’une image.

Je suis plus à l’écoute aussi. La cinquantaine m’a amené une profondeur, je suis moins dans le superficiel et j’ai beaucoup développé ma compassion. Je comprends plus, je m’arrête plus, je prends beaucoup de temps pour moi et ma famille. J’en fais un peu moins mais en même temps, j’ai remis mes priorités à la bonne place.

Je serai bientôt une Mamie-Lou et ça me comble. Comme j’ai perdu ma mère jeune, je veux être là pour ma fille et ce, tout en respectant son espace. Mais, une chose est certaine, c’est que je vais être là pour elle. C’est ça la vie non?  Donner naissance, aider les autres, partager tes expériences et en tant que grand-mère, être présente, c’est tout.»

Que 2018 t’apporte tout le bonheur que tu mérites belle Louise!

7 commentaires
  1. Très bel article et je suis particulièrement touchée par ce passage:
    “Je mets tout mon bagage accumulé au service de mes clients. En tant que styliste, je veux maintenant que le vêtement ressemble à mes clients et qu’il ne soit pas qu’une image.”
    Ça, ça me parle énormément! Bravo

  2. Bravo Louise!
    Ça ma touche ce bel article!!!
    Ton parcours est inspirant et positif,
    ton cheminement est un beau modèle,
    belle maturité, MERCI !
    Ça montre bien qu’avec l’âge, plein de belles choses peuvent arriver!
    BRAVI encore!

  3. Felicitation Mme Labreque pour votre parcours. Vous êtes une des rares stylistes qui respecte la morphologie des femmes sans les juger. Vous réussirez toujours à les mettre en valeurs peu importe la silouette et les faire briller. Jadorais vos émissions a canal vie. J’espère vous voir a nouveau a la télé!

  4. bravo très beau parcours vous êtes inspirantes , vous nous donnez le goût d être belle et surtout d être bien dans notre vêtement en faisant le bon choix
    merci en espérant vous revoir à la télé ou dans une de vos conférence

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