Enfin l’été est arrivé avec la nouvelle floraison, les oiseaux qui chantent leur bonheur des jours plus chauds et les arbres qui se disent qu’enfin leur feuillage pourra exploser.
J’ai installé des mangeoires sur mon patio, j’ai toujours aimé les oiseaux. En prenant mon café matinal, je les observe, ils me fascinent.

Tour à tour ils font preuve de patience afin de bénéficier d’une abondance de grains. Ils se relaient sans chichi pour avoir accès à la nourriture. Le pique-bois est un peu timide, toutefois il avance tout de même, par bonds. La sécurité oblige… « Est-ce que je peux lui faire confiance d’aussi près? » Mais voilà qu’il se risque!
Il me vient alors une prise de conscience sur la comparaison et le jugement. Je me pose donc cette question existentielle soit, est-ce que les oiseaux se comparent entre eux? Est-ce qu’on entend des trucs comme « Ah oui, lui il a des plumes jaunes moi non…! » ou encore « Ben voyons donc qu’il fait son frais avec sa crête rouge! » ou encore « Ben oui, regarde donc le geai bleu qui fait du charme pour avoir plus d’arachides! »
La comparaison dans notre société

La comparaison et le jugement on toujours existé, cependant on dirait que c’est devenu presque naturel et « normal » dans nos sociétés et surtout à l’ère des réseaux sociaux. Autrefois, nous regardions par la fenêtre la nouvelle acquisition que le voisin venait de faire, maintenant à travers nos tous petits écrans, les limites n’existent plus. Nous devenons témoins de ce que notre amie de la France vient de s’acheter, à quel restaurant elle a mangé, quel voyage elle a fait avec le topo complet des villes visitées et des personnes rencontrées. C’est assez bluffant!
À force de s’immiscer dans la vie des autres bien malgré nous, la comparaison est imminente et même quasi normale. L’autre peut devenir une inspiration, une façon de nous permettre de nous projeter, de faire mieux, de se dépasser même. Toutefois, en regardant l’autre avec envie, jalousie et une touche de dévalorisation, dès lors la comparaison peut devenir nocive et affecter l’estime personnelle tout en minimisant nos qualités. On en vient même à avoir une perception déformée du succès de l’autre en rayant de notre jugement les épreuves, les difficultés, les efforts et les obstacles inhérents à tout succès.

Cette distorsion de la réalité peut faire naître cette illusion d’infériorité et engendrer des sentiments de découragement, de l’anxiété et affecter l’estime de soi. Cette comparaison constante crée un terrain fertile pour l’insatisfaction.
La prochaine fois que vous fermerez vos écrans, prenez deux minutes pour analyser vos pensées et vos émotions. Est-ce que je suis indifférente, jalouse, ambivalente, triste, stressée ou heureuse, joviale, contente? Quelle est la tendance de mon discours intérieur? Quelles pensées me trottent dans la tête?
La nature, cette influenceuse de prestige!
La forêt nous enseigne si clairement ce qui est plus difficile à conceptualiser dans nos sociétés, nos modes de vie, nos mode de pensées et nos perceptions.
On ne verra jamais ce pommier vouloir être un bouleau, être envieux de son écorce blanche et noire ou de son tronc élancé. On ne verra pas non plus le bouleau être jaloux des pommes que le pommier produira d’ici quelques semaines. Chaque spécimen de la nature se développe selon ce qu’il doit être, selon son unicité propre. Que se soit le pommier ou le bouleau, aucun des deux n’est supérieur à l’autre remplissant chacun son rôle dans cette nature verte.

En ce qui nous concerne l’habileté à se comparer arrive à un bien jeune âge. Je ne suis pas différente de vous, j’ai aussi eu ce malin défaut de me comparer et bien trop souvent je dois l’avouer. Nous comparons aisément notre carrière à celle d’une collègue, notre morphologie à celle d’une célébrité et nos réalisations à celles d’une amie. Pourtant nous avons tous et toutes des talents différents, des compétences différentes, des qualités différentes, des expériences de vie et des parcours totalement différents. Pourtant, on dirait que c’est inné chez les humains de se comparer malgré tant de distinctions.
Je reviens aux oiseaux. Certains passent l’hiver avec nous pendant que d’autres ont un GPS intégré et voyagent de longs mois pour revenir lorsque le printemps revient. Pour d’autres l’agilité du vol est un système intégré quand pour d’autres c’est peine perdu, est-ce que l’autruche en veut à l’agilité de l’aigle? Pas vraiment! Chaque oiseau possède ce dont il a besoin pour vivre pleinement son existence. Et pourquoi on demanderait à un poisson de voler??

Chaque différence doit être vu comme des atouts, des caractéristiques complémentaires à l’équilibre. La nature est en équilibre et la comparaison compromettrait cette forme d’harmonie. Dans la nature, la diversité, la différence, la variété n’est pas un problème en soit, c’est plutôt vu comme d’une richesse à conserver, à préserver et à glorifier.
Et si on se laissait convaincre par la nature!
Et si on commençait à voir nos différences comme des privilèges qui appuient notre unicité. C’est lorsque nous cesserons de nous comparer que nous serons à même d’apprécier nos qualités, nos forces, nos talents comme étant des parcelles d’identité. On ne pourra jamais devenir l’autre et ce n’est nullement souhaitable en fait. Ce qui peut en résulter n’est que paralysie et nous empêcher de réaliser de bien beaux défis.
En définitive…
Adoptons un mode de vie calqué sur ce que la nature nous offre dans une perspective plus réaliste et plus saine qui nous amène à progresser et à grandir selon notre propre potentiel, notre propre identité et personnalité.

Le pommier s’ambitionne à être le plus beau pommier du monde et ne tentera jamais de devenir un bouleau. Apprenons à nous dépasser sans avoir en tête cette échelle de valeur qu’on attribue aux autres. Se comparer à nous -même dans notre développement, nos apprentissages, notre détermination et notre attitude sera d’autant plus valorisant.
Apprenons à vivre avec confiance et fierté dans toutes nos différences, notre singularité et notre façon d’être au monde. C’est peut-être là un gage de paix intérieure.
Bon été à vous toutes!
Johanne xx





